Wimbledon : Dimitrov et Fery, deux miraculés des wild cards en huitièmes
Le Bulgare, 146e mondial après une grave blessure, affronte le Français d’origine Arthur Fery, dernier Britannique en lice, pour une place en quarts.
Pour la première fois depuis 2002, deux bénéficiaires d’une invitation (wild card) s’affrontent en huitièmes de finale d’un Grand Chelem masculin. Grigor Dimitrov, en pleine renaissance, défie le prometteur Arthur Fery ce lundi sur le Centre Court.
L’essentiel
- Fait 1 : Grigor Dimitrov (146e mondial) et Arthur Fery (114e) s’affrontent en huitièmes de Wimbledon 2026, un duel inédit entre deux wild cards.
- Fait 2 : C’est la première fois depuis 2002 que deux invités se retrouvent à ce stade d’un Grand Chelem masculin.
- Fait 3 : Fery, 23 ans, est le dernier représentant britannique en simple messieurs après un match marathon de 4h38 face à Zizou Bergs.
- Fait 4 : Dimitrov revient d’une déchirure pectorale subie à Wimbledon en 2025, qui l’a fait chuter au-delà du top 100.
- Fait 5 : Fery est né à Sèvres (Hauts-de-Seine) et habite à cinq minutes du All England Club.
Un duel inédit sur le Centre Court
Ce lundi 6 juillet, le Centre Court de Wimbledon accueille une affiche qui fleure bon le conte de fées. Grigor Dimitrov, ancien numéro 3 mondial aujourd’hui 146e, défie Arthur Fery, 114e mondial et dernier espoir britannique dans le tableau masculin. Tous deux sont arrivés dans le tableau principal grâce à une invitation (wild card), et ils sont les premiers à se retrouver en huitièmes de finale d’un Grand Chelem masculin depuis 2002, selon The Independent.
Le chemin de Fery vers ce stade a été éprouvant. Au troisième tour, il a éliminé le Belge Zizou Bergs au terme de 4 heures et 38 minutes d’un combat inoubliable (2-6, 7-5, 2-6, 7-63, 7-65). Le jeune Britannique a même dû faire appel au médecin à trois reprises en raison de saignements de nez persistants, rapporte The Guardian. « C’était une vraie guerre d’usure », a-t-il confié après la rencontre.
Le comeback de Dimitrov
Pour Grigor Dimitrov, ce huitième de finale a un goût particulier. Il y a tout juste un an, le 7 juillet 2025, il était contraint à l’abandon contre Jannik Sinner après s’être déchiré le muscle pectoral droit en plein match. Cette blessure l’a éloigné des courts pendant de longs mois et l’a fait dégringoler au classement ATP. « Il a ensuite connu beaucoup de galères et aurait pu quitter le top 200, mais il réalise au final un superbe tournoi », analyse le compte spécialisé GameSetAndTalk.
Son parcours 2026 est une renaissance : après avoir éliminé Dane Sweeny et Jakub Mensik, il a sorti l’Italien Matteo Berrettini en cinq sets (6-3, 6-4, 3-6, 5-7, 6-3). Un signe de combativité qui rappelle le Dimitrov d’antan, demi-finaliste ici même en 2014.
La météo pourrait jouer un rôle. Le toit du Centre Court a été déployé ce week-end, et l’expert ValTieBreak rappelle que « Dimitrov doit forcément repenser à l’année dernière, car à froid après une longue pause, c’est comme ça qu’il s’était blessé. »
Arthur Fery, le dernier espoir britannique
Arthur Fery, né le 12 juillet 2002 à Sèvres (Hauts-de-Seine), dispose également de la nationalité française. Il a grandi à seulement cinq minutes du All England Club, selon l’Associated Press, et a choisi de représenter la Grande-Bretagne sur le circuit. Après avoir remporté son premier Challenger à Barranquilla en août 2025, il a gravi les échelons pour atteindre son meilleur classement (114e) fin juin 2026.
Il est désormais le seul Britannique encore en lice en simple messieurs, une pression que le jeune homme semble gérer avec sang-froid. Son jeu offensif et sa faculté à retourner les situations difficiles - comme son match contre Bergs - en font un adversaire dangereux pour Dimitrov, même sur le papier.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Si le duel se joue à Londres, il résonne particulièrement dans les Hauts-de-Seine, département d’origine d’Arthur Fery. Né à Sèvres, il a fait ses premiers pas sur les courts de la région parisienne avant de rejoindre le système britannique. Le club de tennis local, le TC Sèvres, suit avec attention son parcours. « C’est une fierté pour le club de voir un de ses anciens élèves briller à Wimbledon », confie un responsable. Fery incarne ainsi un lien franco-britannique rare dans le tennis de haut niveau.
Un précédent historique
Pour trouver trace de deux wild cards s’affrontant en huitièmes de finale d’un Grand Chelem masculin, il faut remonter à 2002. Cette année-là, à Wimbledon justement, le Suisse George Bastl (invité) avait battu le Sud-Coréen Hyung-Taik Lee (lui aussi invité) au troisième tour. Depuis, plus jamais un tel scénario ne s’était produit. Dimitrov et Fery entrent donc dans l’histoire, quel que soit le résultat.
Prochaine étape : le match se jouera ce lundi 6 juillet sur le Centre Court, à partir de 13h30 heure locale (14h30 à Paris). Le vainqueur affrontera soit Jannik Sinner, soit Ben Shelton en quarts de finale.