Wimbledon : Novak Djokovic appelle à un « reset » complet du tennis professionnel
Le Serbe, vainqueur au premier tour lundi, a dénoncé la surcharge du calendrier et l’accord financier de l’ATP, qu’il juge défavorable aux joueurs.
Au lendemain de sa victoire contre Wu Yibing (6-4, 5-7, 6-4, 6-4), Novak Djokovic a provoqué une onde de choc à Wimbledon en plaidant pour un « véritable reset » du tennis. Le Serbe de 38 ans critique le calendrier étendu des Masters 1000 et l’accord de partage des profits sur trente ans, qu’il estime « déséquilibré ».
L’essentiel
- Victoire au 1er tour : Novak Djokovic a battu le Chinois Wu Yibing en quatre sets le 29 juin 2026 (6-4, 5-7, 6-4, 6-4).
- Appel au reset : En conférence de presse, Djokovic a déclaré que le tennis avait besoin d’« un véritable reset à grande échelle ».
- Critique de l’ATP : Il a dénoncé l’accord de partage des profits sur 30 ans, favorable aux propriétaires de tournois selon lui, et l’extension des Masters 1000 sur deux semaines.
- Soutien à Alcaraz : Djokovic a appuyé les plaintes de Carlos Alcaraz sur l’éloignement familial et la hausse des blessures.
Wimbledon (Londres) - Novak Djokovic n’a pas seulement enchaîné un nouveau record de participations en Grand Chelem lundi 29 juin : il a aussi choisi le plus prestigieux des tournois pour lancer un pavé dans la mare du tennis professionnel. Vainqueur du Chinois Wu Yibing en quatre sets (6-4, 5-7, 6-4, 6-4), le Serbe de 39 ans a profité de sa conférence de presse pour délivrer un réquisitoire sans précédent contre l’ATP et le calendrier actuel.
« Un véritable reset »
« Je pense que le tennis a besoin d’un véritable reset », a-t-il lancé, des propos rapportés par The Mirror et relayés par le média français TennisActu. Le huitième joueur mondial a particulièrement ciblé l’extension des Masters 1000 sur deux semaines, une mesure qui, selon lui, « ne profite qu’aux propriétaires des stades » et allonge inutilement la saison. Il a également fustigé l’accord de partage des profits signé pour trente ans entre l’ATP et certains investisseurs, estimant que les joueurs en sortent perdants face aux organisateurs de tournois (source : The Daily Express).
Djokovic a lié cette course à la rentabilité à l’augmentation « claire » des blessures chez ses collègues. « Les exigences commerciales croissantes du circuit fragilisent la santé des athlètes », a-t-il souligné, cité par Puntodebreak. Il a également apporté son soutien aux récentes plaintes de Carlos Alcaraz sur le temps excessif passé loin de leurs familles.
Un contexte de tensions au sommet
Sans surprise, les déclarations de Djokovic interviennent alors que le tennis traverse une période de réflexion sur son modèle économique. Le Serbe a appelé « l’ensemble des acteurs - joueurs, tournois, fédérations - à se réunir pour repenser les formats, les règles et le calendrier général » (source : Puntodebreak).
Cette prise de position n’est pas isolée. Plusieurs cadors du circuit, dont Rafael Nadal et Carlos Alcaraz, ont déjà exprimé leur lassitude face à une saison jugée trop longue. Djokovic, qui n’a pas remporté de titre en 2026 après avoir été finaliste à l’Open d’Australie (battu par Alcaraz le 1er février), semble vouloir utiliser son aura pour peser sur les décisions à venir.
Son record de participations en Grand Chelem (78e) et son statut de légende vivante lui donnent une tribune unique. Mais son appel au reset pourrait aussi être perçu comme une pression supplémentaire sur l’ATP, qui prépare déjà des discussions sur le calendrier post-2027.
Contexte dans le tennis français
Si les propos de Djokovic visent d’abord le circuit mondial, ils résonnent particulièrement dans le tennis français, où plusieurs joueurs vivent des saisons compliquées. Corentin Moutet, éliminé d’entrée à Wimbledon, a lui aussi dénoncé par le passé la densité du calendrier. Le président de la Fédération Française de Tennis (FFT), Gilles Moretton, a multiplié les appels à une « réflexion collective » sur le développement des joueurs. Le nombre de Français dans le top 100 (12 en ce début juillet) reste stable, mais la question de la gestion des blessures est devenue centrale dans les centres d’entraînement de la FFT à Roland-Garros et à Poitiers.
L’extension des Masters 1000 - dont celui de Paris-Bercy - à deux semaines avait déjà suscité des réserves côté tricolore. Djokovic, en prenant la tête de cette contestation, renforce le camp des joueurs qui réclament une saison moins épuisante.
Prochaine étape : un choc contre Tsitsipas
Sur le plan sportif, Djokovic retrouvera au deuxième tour le Grec Stéfanos Tsitsipas mercredi 1er juillet, un duel très attendu programmé sur le court central. Ce match pourrait offrir au Serbe une nouvelle occasion de marteler son message, si la conférence de presse d’après-match est l’occasion d’un nouvel échange sur la gouvernance du tennis.
En attendant, son appel au reset a déjà été largement commenté dans les couloirs du All England Club, et les dirigeants de l’ATP savent qu’ils devront répondre à ces critiques dans les prochains mois.