Tennis : la FFT et la WTA lancent un programme pour former des coachs femmes
Huit entraîneures françaises ont obtenu leur diplôme à Roland-Garros en juin 2026
Huit entraîneures françaises ont obtenu leur diplôme WTA à Roland-Garros en juin 2026. Un programme inédit pour faire grimper la part des femmes coachs, aujourd'hui entre 14 et 16 % en France.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Briser le plafond de verre du coaching
14 à 16% de coachs femmes en France : le programme FFT-WTA veut porter ce chiffre à 20% d'ici 2028 en formant des entraîneures de haut niveau.
Légitimer les femmes sur les bancs
Les coachs femmes doivent prouver leur légitimité là où les hommes la présument. Le programme vise à renforcer leur crédibilité auprès des joueuses et des fédérations.
Un circuit WTA encore masculin
En 2021, moins de 4% des coachs accrédités sur les tournois WTA étaient des femmes. En 2026 : 19%. Progression nette, mais loin de la parité.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2017
6% de femmes coachs sur le circuit WTA
Point de départ de la mesure WTA : les femmes représentent seulement 6% des coachs enregistrés sur le circuit professionnel.
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2021
Lancement du Coach Inclusion Program
La WTA crée son programme mondial pour former et accompagner les coachs femmes face à un taux de 2 à 4% selon les périmètres.
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Déc. 2025
Première formation FFT-WTA en France
Huit cadres techniques françaises suivent quatre jours intensifs à Roland-Garros avec Nicole Pratt.
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Juin 2026
Remise des diplômes à Roland-Garros
Les huit premières coachs françaises reçoivent leur certification WTA. Objectif FFT : 20% d'enseignantes d'ici 2028.
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2026
19% de femmes coachs sur le circuit
Triple en cinq ans : la WTA enregistre 19% de coachs femmes accrédités, mais le chemin vers la parité reste long.
Le Centre National d’Entraînement, porte d’Auteuil, début décembre 2025. Huit femmes cadres techniques entrent dans la salle. Pas de joueurs ce jour-là. Pas de balles non plus. Juste un tableau blanc, des vidéos de matchs et Nicole Pratt - ancienne professionnelle australienne, qui va diriger quatre jours de formation intensive. Dehors, à quelques mètres, les courts de Roland-Garros sont vides.
Ces huit femmes sont la première promotion du programme Coach Inclusion FFT x WTA - lancé en décembre 2025. Un dispositif inédit pour faire grimper la part des coachs femmes en France: 14 à 16 % aujourd’hui - un chiffre qui stagne depuis des années. La Fédération Française de Tennis veut augmenter le nombre de coachs femmes.
Quatre jours intensifs, puis vingt heures en ligne
La formation se découpe en trois phases. D’abord, ces quatre jours au CNE: biomécanique, tactique, analyse de matchs avec Nicole Pratt. Ensuite, vingt heures de cours en ligne - gérés par la WTA, sur les exigences du circuit professionnel et la santé mentale des joueuses. Enfin, une immersion sur les tournois WTA, où les huit stagiaires réparties en deux groupes observent en temps réel la préparation tactique et le suivi des joueuses.
Roland-Garros, en 2026 - cette fois en plein tournoi. Les huit femmes reçoivent leur diplôme WTA. Marine Piriou - responsable de la féminisation à la FFT, résume l’ambition: « Ce que l’on souhaite, c’est de faire en sorte qu’une évolution de carrière soit possible pour une entraîneur femme. Il s’agit d’une certaine manière de faire exploser le plafond de verre qui existe aussi dans ce secteur d’activité » .
Un écart qui persiste au niveau mondial
Le tennis féminin est entraîné par des hommes. Massivement. En 2021, moins de 4 % des coachs accrédités sur les tournois WTA étaient des femmes. Un autre décompte de la même année parlait de 2 % parmi les joueuses du top 200. Les périmètres de mesure diffèrent, coachs accrédités d’un côté, coachs des meilleures joueuses de l’autre, mais le constat reste identique: les femmes sont quasi absentes des bancs.
En 2023, à Wimbledon, 5 % seulement des joueuses étaient coachées par une femme. La WTA a lancé son programme Coach Inclusion en 2021 pour inverser la tendance. Résultat: en 2026, 19 % des coachs enregistrés sur le circuit sont des femmes - contre 6 % en 2017. Triple en cinq ans. Mais toujours loin de la parité.
Nathalie Dechy, la cheville ouvrière du partenariat
Nathalie Dechy - chargée des relations internationales à la FFT, a porté le dossier. Ancienne joueuse professionnelle, elle connaît le circuit et ses biais. C’est elle qui a négocié le partenariat avec la WTA. Le modèle français s’inspire du programme mondial lancé en 2020 par l’instance, déjà déployé aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie.
Mike Anders - directeur du programme d’entraîneurs de la WTA, justifie l’urgence: « Le succès que nous observons chez les entraîneurs femmes sur le circuit WTA démontre précisément pourquoi des programmes comme celui-ci sont importants. Il est important d’aider les entraîneurs femmes à approfondir leur formation et à atteindre leurs objectifs dans le tennis professionnel » .
Ce que personne ne dit: le précédent Mauresmo
La France a pourtant produit des coachs femmes de haut niveau. Amélie Mauresmo et Conchita Martinez sont citées dans tous les communiqués de la FFT et de la WTA comme preuves que c’est possible. Mais justement: ce sont les SEULES à être citées. Mauresmo a entraîné Andy Murray pendant deux ans, avec un bilan mitigé. Martinez a coaché Garbiñe Muguruza jusqu’au titre à Wimbledon en 2017. Deux exemples en vingt ans. Deux.
Le programme FFT-WTA veut créer un vivier, pas des exceptions. Marine Piriou insiste sur le mot « légitimes » dans sa déclaration. Parce que c’est là que le bât blesse: les femmes coachs doivent prouver leur légitimité là où les hommes la présument. Billie Jean King - figure du tennis féminin, a qualifié ce manque d’entraîneures de « terrible » et « extrêmement décevant » , soulignant l’importance de la représentation pour inspirer les jeunes filles.
Un programme qui s’exporte
Le modèle français sera dupliqué. D’autres fédérations rejoignent le dispositif: Royaume-Uni, Italie, États-Unis, Australie. Le programme se renouvelle chaque saison avec une nouvelle promotion.
Les candidatures pour la prochaine promotion française ouvriront mi-2026. Même format: quatre jours à Roland-Garros, vingt heures en ligne, immersion sur tournois, diplôme en juin. La FFT vise 20 % d’enseignantes en 2028. Un objectif chiffré. Reste à voir si le terrain suivra.
En attendant, les huit premières diplômées sont reparties dans leurs ligues et comités. Avec un certificat WTA en poche. Et l’idée, peut-être, qu’une carrière au plus haut niveau n’est plus réservée aux hommes.
