XV de France : 12 titulaires reconduits et un espoir de 20 ans sur le banc

Fabien Galthié aligne Flament-Meafou en deuxième ligne et offre une première cape à Kalvin Gourgues contre l'Australie samedi

XV de France : 12 titulaires reconduits et un espoir de 20 ans sur le banc
Entraînement du XV de France à Marcoussis avant le match contre l'Australie Guillaume Charpentier / INFO.FR

À 48 heures du coup d'envoi face aux Wallabies au Stade de France, Fabien Galthié a dévoilé jeudi 20 novembre sa composition pour clore une tournée d'automne jugée "moyennasse" par Thibaud Flament lui-même. Sur les 15 joueurs alignés contre les Fidji, 12 sont reconduits, avec trois modifications stratégiques : le retour de la charnière Flament-Meafou en deuxième ligne, la réintégration de Gaël Fickou au centre, et surtout la présence sur le banc du prodige toulousain Kalvin Gourgues, 20 ans, qui pourrait honorer sa première sélection après avoir frôlé l'amputation il y a 11 mois.

L'essentiel

  • Fabien Galthié reconduit 12 des 15 titulaires alignés contre les Fidji, avec trois modifications : Flament-Meafou en deuxième ligne, Fickou au centre et Ollivon en troisième ligne
  • Kalvin Gourgues, 20 ans, figure sur le banc et pourrait honorer sa première sélection après avoir passé 11 mois loin des terrains suite à un syndrome de l'artère poplitée piégée qui aurait pu mener à l'amputation
  • Thibaud Flament qualifie les performances françaises de "moyennasse" et reconnaît la frustration collective après la défaite contre l'Afrique du Sud (17-32) et la victoire laborieuse face aux Fidji (34-21)
  • L'Australie arrive au Stade de France diminuée par trois défaites consécutives contre l'Angleterre (25-7), l'Italie (26-19) et l'Irlande (46-19)
  • Le match de samedi 22 novembre à 21h10 représente l'opportunité pour le XV de France de retrouver son panache et sa dynamique avant le Tournoi des Six Nations de février 2026

Dans 72 heures exactement, le Stade de France jugera si le XV de France a su tirer les leçons d’une tournée d’automne décevante. Fabien Galthié a tranché jeudi matin : ce sera avec une ossature largement reconduite, trois ajustements ciblés, et un pari sur la jeunesse incarné par Kalvin Gourgues. Selon Franceinfo, le sélectionneur a officialisé la composition des 23 joueurs qui affronteront l’Australie samedi à 21h10, dans un match crucial pour redorer le blason tricolore.

Dans 48 heures : le test de vérité face à une Australie en perdition

L’équipe qui foulera la pelouse du Stade de France samedi soir devra impérativement effacer l’impression laissée lors des deux premiers matches. Comme le révèle Le Parisien, Thibaud Flament et Emmanuel Meafou, titulaires lors du premier match contre l’Afrique du Sud, retrouvent leur place en deuxième ligne. Cette association, qui avait fait ses preuves durant le Tournoi des Six Nations remporté en mars dernier, remplace le duo Taofifenua-Ollivon aligné à Bordeaux.

Charles Ollivon, auteur d’une prestation remarquée face aux Fidji selon l’entraîneur adjoint Laurent Sempéré, glisse en troisième ligne où il reformera un trio expérimenté aux côtés de Grégory Alldritt, reconduit comme capitaine, et Anthony Jelonch. Cette configuration n’avait plus été vue depuis le quart de finale du Mondial 2023 perdu d’un point contre l’Afrique du Sud (29-28). Dans la ligne des trois-quarts, Gaël Fickou fait son retour après avoir été mis au repos contre les Fidji, remplaçant Pierre-Louis Barassi, victime d’une commotion cérébrale.

Face aux Bleus, une équipe australienne en pleine déroute après trois défaites consécutives : contre l’Angleterre (25-7), l’Italie (26-19) et l’Irlande (46-19). Pourtant, Thibaud Flament refuse de sous-estimer les Wallabies. Interrogé mercredi à Marcoussis par Vibrez Rugby, le deuxième ligne toulousain décrit une formation « costaude » : « C’est une équipe qui adore jouer, qui tente beaucoup. Parfois ça ne passe pas, mais quand ça passe, c’est magnifique. »

Jeudi matin : l’aveu de lucidité qui change tout

Lors de sa prise de parole mercredi au Centre National de Rugby, Thibaud Flament a brisé l’omerta qui entourait les performances françaises. Contrairement à Anthony Jelonch qui s’était insurgé après la défaite contre l’Afrique du Sud contre les analyses « catastrophiques » de la presse, le joueur de 28 ans et 33 sélections a fait preuve d’une franchise désarmante. « C’est vrai que depuis le début c’est un peu moyennasse », a-t-il lâché selon RugbyPass, reconnaissant que l’équipe n’était « pas sur la même dynamique » que lors du Tournoi des Six Nations.

« On est bien conscients des prestations qu’on rend, même si tout n’est pas à jeter non plus. C’est sûr qu’il y a cette frustration que tout le monde a, que ce soit du côté du staff, du public, de la presse. On en veut plus », a confié Flament à L’Équipe.

Cette lucidité contraste avec la ligne de défense adoptée jusqu’ici par le groupe France. Fabien Galthié, lui, maintient sa confiance totale en Romain Ntamack, pourtant critiqué pour ses performances neutres à l’ouverture. En conférence de presse jeudi, le sélectionneur a balayé les doutes : « Il n’y a pas de sujet sur la performance de Romain, regardez sa performance défensive, sur les ballons aériens et le jeu au pied. C’est le problème d’un joueur au milieu du jeu : quand les ballons ne reviennent pas au milieu, c’est difficile. Je le répète, c’est la meilleure équipe du moment. »

Sur le banc, la composition révèle un choix audacieux : Kalvin Gourgues, 20 ans, a été préféré à Emilien Gailleton pour potentiellement entrer en jeu. Le jeune centre du Stade Toulousain, impressionnant depuis le début de saison en Top 14, pourrait ainsi lancer sa carrière internationale. Fabien Galthié a d’ailleurs précisé que son banc, composé de six avants et deux trois-quarts, était « en fait un 5-3 adaptatif », selon Franceinfo.

Il y a une semaine : les signaux positifs malgré la victoire laborieuse

Le match contre les Fidji à Bordeaux, remporté 34-21, avait laissé un goût amer. Pourtant, Thibaud Flament y décèle des raisons d’espérer. « La première semaine, on était un peu déstructurés. La semaine des Fidji, on a senti que c’était plus qualitatif au niveau des entraînements », a-t-il expliqué à L’Équipe. Cette montée en puissance à l’entraînement, même si elle ne s’est pas traduite sur le terrain, nourrit l’optimisme du deuxième ligne : « On sent qu’avec le temps et les entraînements, on se rode et le jeu se fluidifie. »

L’association Flament-Meafou, pierre angulaire du pack tricolore, retrouve ses marques. « Manny, c’est quelqu’un que j’adore. Jouer avec lui, c’est du kif parce qu’on est très complémentaires, on se connaît et on joue ensemble depuis longtemps, du coup on a des automatismes », s’est enthousiasmé Flament. Pour le colosse formé en Australie, ce match revêt une dimension particulière : affronter le pays qui l’a vu grandir avant de choisir le maillot bleu.

Le phénomène Gourgues : de l’amputation évitée à la première sélection

L’histoire de Kalvin Gourgues fascine autant qu’elle inspire. Mercredi matin à Marcoussis, sous une pluie fine, sa tignasse épaisse s’agitait avec cette énergie caractéristique lors de l’entraînement. Comme la veille, le Toulousain de 20 ans portait la chasuble blanche des titulaires, endossant le numéro 23. Thibaud Flament, qui partage sa chambre durant le rassemblement, ne tarit pas d’éloges sur son jeune coéquipier.

« C’est un super mec, hyper décisif depuis le début de la saison avec nous. Il avance à chaque prise de balle, casse des plaquages. Kalvin amène beaucoup de momentums, prend des initiatives aussi, il ose et peut faire la différence sur une ou deux actions. S’il joue, ce serait génial », a déclaré Flament à Actu.fr.

Cette première sélection représente une sacrée revanche sur le destin pour l’arrière polyvalent originaire de Grenade-sur-Garonne. Capable d’évoluer à l’ouverture, au centre et à l’arrière, Gourgues est considéré depuis l’adolescence comme l’un des plus grands talents de sa génération. À 17 ans seulement, il disputait déjà les International Serie U18 en Afrique du Sud. En 2022-2023, il marquait les esprits avec les Espoirs toulousains aux côtés des Costes, Castro Ferreira et Théo Ntamack.

Mais la poisse a failli briser net cette trajectoire prometteuse. Au printemps 2024, les médecins détectent un syndrome de l’artère poplitée piégée, un grave problème de circulation sanguine qui aurait pu mener à l’amputation. Trois opérations suivent, auxquelles s’ajoute une entorse. Au total, comme le rapporte Actu.fr, Gourgues passe près de 11 mois loin des terrains. « Au début de la tournée, il était peut-être un peu pressenti aussi pour jouer, mais il a été éloigné à cause d’un petit pépin musculaire. Là, il est revenu à 100 %, il s’est bien entraîné », précise Flament.

Celui qui confiait il y a quelques mois que « chaque minute sur le terrain » était « juste un moment de bonheur » s’apprête à vivre l’un des plus forts de sa jeune carrière. Sa présence sur le banc samedi soir symbolise la capacité du rugby français à faire émerger de nouveaux talents, même après les épreuves les plus dures.

Le pattern historique : quand les Bleus se réveillent face aux Wallabies

L’histoire récente des confrontations entre la France et l’Australie offre un motif rassurant pour les supporters tricolores. Comme le souligne Thibaud Flament, « si on regarde nos dernières confrontations contre eux, ça a toujours été des matches très compliqués, avec des scores serrés ». Les Bleus ont souvent trouvé face aux Wallabies l’étincelle qui leur manquait ailleurs. En juillet 2021, lors de la tournée estivale en Australie, les hommes de Fabien Galthié avaient remporté la série 2-1 dans des conditions difficiles, malgré une équipe décimée par les blessures.

Cette fois, l’enjeu dépasse le simple résultat. « On sait que si on fait un bon match samedi, on sera dans une meilleure dynamique pour démarrer le Tournoi des Six Nations en février », analyse Flament dans L’Équipe. Après une défaite nette contre l’Afrique du Sud (17-32) et une victoire poussive face aux Fidji (34-21), le XV de France a besoin de retrouver son panache. « Il faut qu’on tente, qu’on se lâche, qu’on fasse preuve de panache », martèle le deuxième ligne.

La composition dévoilée jeudi traduit cette volonté de retrouver l’équilibre parfait entre expérience et audace. La première ligne Jean-Baptiste Gros-Julien Marchand-Régis Montagne est reconduite, tout comme la charnière Maxime Lucu-Romain Ntamack malgré les critiques. Dans les tribunes du Stade de France samedi soir, 80 000 spectateurs attendront de voir si cette équipe, qualifiée de « meilleure du moment » par son sélectionneur, saura enfin transformer le potentiel en performance. L’Australie, diminuée par trois défaites consécutives, représente l’adversaire idéal pour renouer avec la victoire convaincante. Reste à savoir si les Bleus sauront saisir cette opportunité pour clore dignement une tournée d’automne jusqu’ici décevante et relancer leur dynamique avant les échéances majeures de 2026.

Sources

  • Franceinfo (20 novembre 2025)
  • Le Parisien (20 novembre 2025)
  • L'Équipe (19 novembre 2025)
  • Actu.fr (19 novembre 2025)
  • Vibrez Rugby (19 novembre 2025)
  • RugbyPass (19 novembre 2025)
Guillaume Charpentier

Guillaume Charpentier

Journaliste polyvalent culture et sport. Formation en communication et médias numériques. Passionné par l'actualité sportive et culturelle. Expérience en création de contenu digital et couverture événementielle. Intègre INFO.FR en novembre 2025.