À Rennes, des milliers défilent le 1er mai pour les hôpitaux et contre la guerre
Deux cortèges ont traversé la ville ce 1er mai, portant le slogan « Des milliards pour les hôpitaux, pas pour Dassault ».
Entre 1 700 et 4 000 personnes ont manifesté à Rennes ce 1er mai 2026, selon les sources. Deux cortèges distincts ont sillonné la ville, l'un intersyndical depuis le Blosne, l'autre anti-guerre depuis le centre. Le refus des priorités budgétaires militaires face aux besoins sociaux a dominé les prises de parole.
Entre 1 700 et 4 000 personnes ont manifesté à Rennes ce 1er mai 2026, selon les sources. Deux cortèges distincts ont sillonné la ville, l’un intersyndical depuis le Blosne, l’autre anti-guerre depuis le centre. Le refus des priorités budgétaires militaires face aux besoins sociaux a dominé les prises de parole.
L’essentiel
- Chiffres : entre 2 000 et 4 000 manifestants selon les organisateurs, environ 1 700 selon la préfecture (chiffres rapportés par Ouest-France et Le Télégramme).
- Deux cortèges : un départ à 11h place Jean-Normand (Blosne), un second à 14h30 depuis l’esplanade Charles-de-Gaulle.
- Syndicats mobilisateurs : FO, CGT, FSU, Solidaires, Confédération paysanne pour le cortège intersyndical ; Solidaires 35, CNT Rennes et collectifs pour le second.
- Slogan dominant : « Des milliards pour les hôpitaux, pas pour Dassault », selon France 3 Bretagne et le compte X @RennesOnline.
- Comparaison 2025 : mobilisation similaire à l’an passé, entre 3 000 et 4 000 participants, malgré le week-end prolongé.
Deux cortèges, deux départs
Le premier cortège a quitté la place Jean-Normand dans le quartier du Blosne à 11h, boulevard de Yougoslavie, à hauteur du centre de santé Ambroise-Croizat, selon Actu.fr et Unidivers. Ce départ hors centre-ville constituait un changement d’itinéraire par rapport aux éditions précédentes.
À 14h30, un second rassemblement s’est formé esplanade Charles-de-Gaulle, à l’appel de Solidaires 35, de la CNT Rennes et de plusieurs collectifs. Ce cortège portait des mots d’ordre anti-impérialistes et anti-militaristes, sous l’étiquette « Guerre à la guerre ».
« Pas un euro pour Dassault »
Le slogan « Des milliards pour les hôpitaux, pas pour Dassault » a dominé la journée, rapporte France 3 Bretagne. Il traduit un arbitrage budgétaire contesté : les manifestants réclament que les dépenses militaires soient réorientées vers les services publics, notamment hospitaliers. La fermeture prévue de l’hôpital Sud du CHU de Rennes en 2028 a été citée en toile de fond, selon Le Télégramme.
Le cortège intersyndical s’est inscrit sous la bannière « pain, paix, liberté », à l’appel de FO, CGT, FSU, Solidaires et Confédération paysanne. Un thème s’est également imposé : la défense du 1er mai comme jour férié et chômé. Des projets gouvernementaux autorisant le travail dans certains secteurs dès 2027 ont cristallisé les craintes syndicales, selon Le Télégramme.
Les voix syndicales
Fabrice Lerestif, secrétaire général de FO 35, a salué « un 1er-Mai unitaire, qui a permis de rassembler largement alors qu’on est en plein week-end prolongé », selon Le Télégramme et Ouest-France.
Mathieu Cocq, secrétaire général de CGT 35, a adopté un ton plus offensif. « C’est la stratégie du pied dans la porte. Le gouvernement dit que cela concerne d’abord quelques secteurs, mais étendra le dispositif ensuite. Si on perd le 1er-Mai, ça sera la porte ouverte à tout le reste », a-t-il déclaré, selon Le Télégramme.
Contexte dans l’Ille-et-Vilaine
Rennes concentre les grandes mobilisations syndicales du département. La ville est le premier bassin d’emploi d’Ille-et-Vilaine et abrite le CHU de référence pour toute la Bretagne orientale. La question des fermetures de services hospitaliers y est politiquement sensible.
En 2025, la manifestation du 1er mai à Rennes avait réuni entre 3 000 et 4 000 participants, avec un départ depuis la place de Bretagne. La mobilisation de 2026 s’inscrit dans une continuité, malgré un itinéraire modifié et un week-end prolongé qui aurait pu peser sur la participation, selon Ouest-France.
À l’échelle nationale, la CGT a recensé 300 000 manifestants ce 1er mai, contre 158 000 selon le ministère de l’Intérieur, rapporte Ouest-France. La mobilisation rennaise, avec ses deux cortèges cumulés, figure parmi les plus importantes des villes de taille comparable. À Lille, 3 000 manifestants ont également défilé ce 1er mai, et à Cherbourg, environ 1 200 personnes ont battu le pavé pour les droits sociaux.
Un double agenda revendicatif
La journée du 1er mai 2026 à Rennes a superposé deux registres. D’un côté, les revendications syndicales classiques sur les salaires, les services publics et la défense du jour férié. De l’autre, un refus explicite de la militarisation des budgets publics, dans un contexte de conflit au Moyen-Orient et de hausse des prix du carburant liée à ce conflit, selon Le Télégramme.
Ce double agenda - social et pacifiste - a permis à des organisations habituellement séparées de défiler dans des cortèges distincts mais complémentaires. La jonction entre syndicats de salariés, organisations paysannes et collectifs anti-guerre constitue un fait notable de cette édition 2026.
La prochaine étape sera la réponse gouvernementale aux propositions syndicales sur le travail dominical et les budgets hospitaliers, attendue dans les prochaines semaines selon les représentants interrogés.
Sources
- Ouest-France : Près de 4 000 personnes ont défilé à Rennes pour que le 1er-Mai ne devienne pas un lundi de Pentecôte
- Le Télégramme : Si on perd le 1er-Mai, ce sera la porte ouverte à tout le reste
- France 3 Bretagne : 1er mai. 'Des milliards pour les hôpitaux, pas pour Dassault' : à Rennes, le refus de la guerre au cœur des manifestations
- Actu.fr : 1er mai à Rennes : découvrez le parcours de la manifestation intersyndicale