Lyon 7e : 2 600 teufeurs dans la rue contre la loi Ripost
Le collectif Tekno Anti Répression a réuni environ 2 600 participants place Jean-Macé ce samedi, dans le cadre d'une mobilisation nationale contre le projet de loi Ripost.
Environ 2 600 personnes se sont rassemblées ce samedi 6 juin 2026 dans le 7e arrondissement de Lyon pour une « manifestive » contre le projet de loi Ripost. Organisée par le collectif Tekno Anti Répression, la mobilisation s'inscrit dans une coordination nationale dans une trentaine de villes.
L’essentiel
- 2 600 participants : rassemblés dans le 7e arrondissement de Lyon selon Le Progrès, vers 13h37 ce 6 juin 2026.
- Loi Ripost : adoptée en première lecture au Sénat le 26 mai 2026 par 243 voix contre 33, le texte prévoit jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende pour les organisateurs de free parties.
- Mobilisation nationale : une trentaine de villes concernées les 6 et 13 juin 2026 (Paris, Nantes, Rennes, Marseille, Montpellier…).
- Dispositif policier : rues quadrillées autour de Jean-Macé, Saxe-Gambetta, Guillotière, quai Claude-Bernard et avenue Berthelot.
Place Jean-Macé, dès 13h37
Le rendez-vous était fixé à 14h, mais le rassemblement avait déjà pris de l’ampleur avant l’heure. Selon Le Progrès, environ 2 600 teufeurs étaient présents dans le 7e arrondissement de Lyon vers 13h37. Le collectif Tekno Anti Répression (TAR) avait organisé le départ depuis la place Jean-Macé, point de ralliement habituel de ces mobilisations lyonnaises.
Le parcours prévu longeait ensuite la Guillotière, le quai Claude-Bernard et l’avenue Berthelot. Des perturbations routières étaient à prévoir sur l’ensemble du trajet, selon les informations communiquées par Le Progrès Lyon.
Un dispositif policier important
Les rues autour de Jean-Macé ont été quadrillées par les forces de l’ordre dès le début de l’après-midi. Les axes Jean-Macé, Saxe-Gambetta, Guillotière, quai Claude-Bernard et avenue Berthelot étaient concernés par des restrictions de circulation. La préfecture du Rhône n’avait pas communiqué de chiffres sur l’effectif mobilisé à l’heure de publication de cet article.
Ce que prévoit la loi Ripost
Le projet de loi Ripost - pour « Réponse aux infractions portant atteinte à la sécurité, à la tranquillité et à l’ordre public » - a été présenté en Conseil des ministres le 25 mars 2026 par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Il a été adopté en première lecture au Sénat le 26 mai 2026 par 243 voix contre 33, selon vie-publique.fr et Le Monde.
Le texte prévoit des peines alourdies pour les free parties : jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende pour les organisateurs, 6 mois et 7 500 € pour les simples participants. Le seuil de déclaration préfectorale obligatoire serait abaissé à 250 personnes.
Pour les manifestants, le texte menace directement une pratique culturelle existant depuis plus de trente ans en France. Rue89 Lyon et Le Progrès rapportent que le collectif TAR estime que ces sanctions créeraient une criminalisation de fait du mouvement free-party.
Tekno Anti Répression, un collectif créé en 2022
Le collectif Tekno Anti Répression a été fondé en 2022, en réaction à un décret anti-rave adopté en Italie, selon Ground Control Paris. Sa branche lyonnaise s’est imposée comme l’un des relais les plus actifs des mobilisations nationales. Les « manifestives » - contraction de manifestation et festive - mêlent cortège revendicatif et sono mobile.
À Lyon, les transports étaient déjà perturbés ce week-end en raison de travaux à Perrache, ce qui a pu compliquer l’accès au rassemblement pour certains participants venant de l’agglomération.
Contexte dans le Rhône
Lyon n’en est pas à sa première mobilisation sur ce sujet. Le 12 avril 2025, une manifestive avait réuni 4 000 participants à Lyon, déjà place Jean-Macé, selon Le Progrès. C’était alors dans le cadre d’une mobilisation dans une vingtaine de villes contre une proposition de loi antérieure.
La ville de Lyon concentre une scène free-party active, notamment dans le 7e arrondissement et les communes périphériques du Rhône. Le 7e est aussi un secteur en tension sur le logement : une famille sans abri y était hébergée à l’école Crestin cette semaine après une expulsion.
À l’échelle nationale, la mobilisation du 6 juin concerne une trentaine de villes selon Rue89 Lyon et actu.fr, avec une seconde date prévue le 13 juin 2026. Des villes comme Rennes ou Nantes participent également au mouvement.
Prochaine étape : l’Assemblée nationale
Le projet de loi Ripost doit être examiné à l’Assemblée nationale cet été 2026. Une session extraordinaire début juillet a été évoquée, selon Tsugi et un tweet du ministre Sébastien Lecornu. Le vote des députés constituera la prochaine échéance pour les opposants au texte.
Sources
- Le Progrès : La free party dans le viseur du gouvernement : les teufeurs manifestent ce samedi
- Rue89 Lyon : À Lyon, Tekno Anti Répression organise une manifestive ce samedi
- Le Monde : Le Sénat vote les premières mesures du projet de loi Ripost
- Le Progrès Lyon (X) : Tweet live – 2 600 teufeurs dans le 7e arrondissement de Lyon