Le verdict est tombé mercredi 3 décembre 2025 à Los Angeles. Le docteur Salvador Plasencia, médecin qui a alimenté l'addiction à la kétamine de Matthew Perry dans les semaines précédant sa mort, a écopé de 30 mois d'emprisonnement. L'acteur de Friends, retrouvé inconscient dans son jacuzzi le 28 octobre 2023 à l'âge de 54 ans, avait succombé à une overdose de cet anesthésiant détourné. Le praticien, qui risquait jusqu'à 40 ans de prison, est le premier des cinq accusés à être condamné dans cette affaire qui a révélé un réseau d'exploitation d'une star vulnérable.
L'essentiel
- Le Dr Salvador Plasencia a été condamné le 3 décembre 2025 à 30 mois de prison pour avoir vendu 20 flacons de kétamine à Matthew Perry entre le 30 septembre et le 12 octobre 2023
- Les flacons coûtaient 12 dollars au médecin mais étaient revendus 2.000 dollars à l'acteur, soit une marge de plus de 16.000%, révélant une exploitation financière cynique
- Matthew Perry a reçu 27 injections de kétamine dans les trois jours précédant sa mort le 28 octobre 2023, administrées par son assistant Kenneth Iwamasa sans supervision médicale
- Cinq personnes sont poursuivies dans cette affaire, dont Jasveen Sangha, surnommée la "reine de la kétamine", accusée d'avoir vendu la dose fatale et seule à ne pas avoir plaidé coupable
- La famille de Matthew Perry a témoigné que le rétablissement de l'acteur dépendait de professionnels capables de lui dire non, soulignant la trahison du serment médical
Dans la salle d’audience du tribunal fédéral de Los Angeles, le 3 décembre 2025 à 11 heures du matin, le juge a prononcé une peine de 30 mois de prison à l’encontre du Dr Salvador Plasencia. Selon Le HuffPost, ce médecin propriétaire d’une clinique à Malibu a reconnu avoir vendu une vingtaine de flacons de kétamine à Matthew Perry entre le 30 septembre et le 12 octobre 2023, quelques jours avant la mort tragique de l’acteur. Le praticien avait plaidé coupable en juillet 2025 de quatre chefs d’accusation de distribution illégale de kétamine, évitant ainsi un procès prévu pour le mois suivant.
L’exploitation méthodique d’une star en détresse
L’enquête a mis au jour un système d’exploitation financière particulièrement cynique. D’après L’Essentiel, les flacons de kétamine coûtaient environ 12 dollars aux médecins impliqués dans ce réseau, mais étaient revendus 2.000 dollars à l’acteur, soit une marge de plus de 16.000%. Un message texto exhumé par les enquêteurs révèle le mépris du Dr Plasencia envers sa victime. Dans un échange avec un confrère qui lui fournissait la substance, il écrivait sans ambages :
« Je me demande combien ce crétin va payer »
Selon l’accusation citée par Voici, Salvador Plasencia a organisé l’exploitation systématique de Matthew Perry après la rechute de la star dans ses problèmes d’addiction à l’automne 2023. Le médecin n’a pas fourni la dose fatale qui a tué l’acteur, mais a créé les conditions de sa dépendance mortelle en lui vendant massivement cet anesthésiant hautement réglementé sans aucun but médical légitime.
Des injections à domicile aux conséquences dramatiques
Le Dr Plasencia ne se contentait pas de fournir la substance. Comme le rapporte Le HuffPost, il injectait parfois lui-même la kétamine à l’acteur, directement à son domicile. Lors d’un de ces rendez-vous clandestins, la pression artérielle de Matthew Perry a brutalement augmenté, provoquant une paralysie temporaire du comédien. Cet épisode alarmant n’a pourtant pas dissuadé le médecin de laisser plusieurs flacons supplémentaires à Kenneth Iwamasa, l’assistant personnel de la star.
L’un des incidents les plus révélateurs s’est déroulé dans un parking près d’un aquarium à Long Beach, où Plasencia a administré de la kétamine à Perry dans des conditions totalement inappropriées pour un acte médical. Le 12 octobre 2023, soit seize jours avant la mort de l’acteur, Matthew Perry a connu une réaction sévère avec une augmentation soudaine de tension artérielle et une raideur corporelle inquiétante. Malgré ces signaux d’alarme, le praticien a continué à approvisionner son patient en substance mortelle.
Le témoignage accablant de la famille Perry
Dans une déclaration écrite déposée auprès du tribunal, Suzanne Perry, la mère de l’acteur, et son beau-père Keith Morrison ont exprimé leur sentiment de trahison face au comportement du médecin. Leur message, sobre mais poignant, résume toute la responsabilité du praticien :
« Le rétablissement de Matthew dépendait du fait que vous disiez ‘non' »
Selon Mix Vale, John et Debbie Perry, le père et la belle-mère de l’acteur, ont également témoigné, soulignant que leur fils faisait confiance aux professionnels de la santé pour protéger son rétablissement. Ils ont demandé au tribunal une peine supérieure au minimum afin que l’accusé puisse réellement réfléchir à ses actes. La famille a classé Plasencia parmi les principaux responsables de la tragédie qui a emporté Matthew Perry à 54 ans.
Une défense qui plaide les erreurs médicales
Les avocates du Dr Plasencia, Karen Goldstein et Debra White, ont tenté d’atténuer la responsabilité de leur client dans un communiqué diffusé après le verdict. Elles ont déclaré, comme le rapporte L’Essentiel :
« Ce n’est pas un méchant. C’est quelqu’un qui a commis de grosses erreurs dans ses décisions médicales concernant l’utilisation non autorisée de la kétamine. Les erreurs qu’il a commises au cours des treize jours pendant lesquels il a soigné M. Perry le hanteront à jamais »
La défense avait initialement demandé une peine minimale d’un seul jour de prison déjà purgé, assortie de trois ans de probation sous surveillance. Les avocates ont souligné que leur client avait déjà payé un lourd tribut : perte de sa licence médicale, fermeture de sa clinique, et menaces ayant contraint sa famille à quitter l’État de Californie. Le médecin s’était engagé à renoncer volontairement à exercer la médecine, reconnaissant qu’il n’avait pas su protéger un patient particulièrement vulnérable en raison de sa dépendance.
Un réseau criminel aux multiples ramifications
Salvador Plasencia n’est que le premier maillon d’une chaîne de responsabilités à être condamné. D’après CNews, cinq personnes au total sont poursuivies dans cette affaire. Trois autres accusés ont déjà plaidé coupable et attendent leur condamnation dans les deux prochains mois. Kenneth Iwamasa, l’assistant personnel de Matthew Perry qui lui administrait les injections sans supervision médicale, sera fixé sur son sort le 14 janvier 2026. Il encourt jusqu’à 15 ans de prison pour avoir administré 27 injections de kétamine à l’acteur dans les trois jours précédant sa mort.
Le Dr Mark Chavez, qui vendait de la kétamine à Plasencia et avait qualifié Matthew Perry de « crétin » dans leurs échanges, sera condamné le 17 décembre 2025 et risque jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Erik Fleming, un intermédiaire dans ce réseau, a également accepté de plaider coupable en échange de sa coopération avec la justice. Mais c’est la cinquième accusée qui cristallise toutes les attentions : Jasveen Sangha, surnommée la « reine de la kétamine » dans les coulisses d’Hollywood.
La « reine de la kétamine » bientôt jugée
Cette jet-setteuse américano-britannique est la seule des cinq accusés à ne pas avoir plaidé coupable. Selon Le HuffPost, les procureurs l’accusent d’être une trafiquante de drogue et d’avoir vendu à Matthew Perry la dose fatale qui a directement provoqué sa mort. Son procès, initialement prévu en mars 2025 mais reporté, devrait débuter dans les prochaines semaines. La peine qui lui sera réservée sera particulièrement scrutée par l’industrie du divertissement et les autorités sanitaires.
Le 28 octobre 2023, Matthew Perry a été retrouvé inconscient dans le jacuzzi de sa résidence de Los Angeles. Les analyses toxicologiques ont confirmé que l’acteur est décédé d’une overdose de kétamine. Les facteurs contributifs comprenaient également la noyade, une maladie coronarienne et les effets de la buprénorphine. L’acteur prenait initialement de la kétamine de manière supervisée dans le cadre de sessions de thérapie contre la dépression, un usage médical légal de cet anesthésiant. Mais cette substance, détournée par de nombreuses personnes pour ses propriétés stimulantes ou euphorisantes, l’a progressivement rendu dépendant.
Cette affaire pose des questions cruciales sur la responsabilité des professionnels de santé face aux patients vulnérables et sur les dérives du détournement de substances médicales dans le milieu hollywoodien. Les condamnations à venir des autres membres du réseau permettront-elles de dissuader de futures exploitations similaires, ou ne sont-elles que la partie visible d’un système plus profond d’abus dans l’industrie du divertissement ?
Sources
- Le HuffPost (4 décembre 2025)
- L'Essentiel (4 décembre 2025)
- Voici (3 décembre 2025)
- Mix Vale (3 décembre 2025)
- CNews (24 juillet 2025)