Paris : l’animateur mis en examen pour agressions sur trois enfants avait déjà été signalé en 2024
Placé en garde à vue en 2024 après une plainte classée sans suite, il avait été réembauché sans que ses supérieurs soient informés
Un animateur périscolaire de 22 ans a été mis en examen en février 2026 pour agressions sexuelles sur trois enfants d'une école maternelle du 11e arrondissement de Paris. Deux ans plus tôt, une plainte similaire avait été déposée contre lui, classée sans suite. Il avait ensuite été réembauché dans un arrondissement voisin.
Un animateur périscolaire de 22 ans a été mis en examen en février 2026 pour agression sexuelle, exhibition sexuelle et corruption de mineur sur trois enfants de l’école maternelle Bullourde, passage Bullourde dans le 11e arrondissement de Paris. Le parquet de Paris a confirmé les faits. Ce que révèlent Le Parisien et Mediapart ce 18 mai 2026 aggrave le tableau : cet animateur, identifié sous le prénom Amadou C., avait déjà été visé par une plainte en mars 2024.
L’essentiel
- Mise en examen : février 2026, pour agression sexuelle, exhibition sexuelle et corruption de mineur sur trois enfants de l’école maternelle Bullourde (11e arr.), confirmée par le parquet de Paris.
- Antécédent : mars 2024, plainte pour faits similaires à l’école Belzunce (10e arr.), garde à vue, classement sans suite, puis réembauche dans un arrondissement voisin.
- Défaillance signalée : les supérieurs directs de l’animateur n’ont jamais été informés de la mise en cause de 2024, selon Mediapart.
- Ampleur systémique : 78 agents suspendus à Paris depuis début 2026, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles.
- Plan d’action : 20 millions d’euros votés par le Conseil de Paris le 14 avril 2026 ; convention citoyenne de 80 parents lancée le 18 mai 2026.
Une plainte en 2024, classée sans suite
En mars 2024, l’animateur travaillait à l’école Belzunce, dans le 10e arrondissement. Une plainte avait été déposée contre lui pour violences sexuelles sur un mineur. Il avait été placé en garde à vue. La justice avait finalement classé l’affaire sans suite.
La suite est au cœur du scandale actuel. L’animateur a été réembauché dans un arrondissement voisin - le 11e - sans que ses supérieurs directs soient au courant de cette mise en cause antérieure. Mediapart, qui a révélé ce point, parle d’une défaillance dans le partage d’informations lors du recrutement. Le Parisien corrobore ces éléments.
C’est dans ce contexte qu’il a officié à l’école maternelle Bullourde jusqu’à sa mise en examen en février 2026 pour des faits commis sur trois enfants scolarisés dans cet établissement.
Grégoire parle de situation « systémique »
Le 18 mai 2026, Emmanuel Grégoire, maire de Paris, a lancé une convention citoyenne intitulée « Protection et temps de l’enfant à l’école ». Quatre-vingts parents parisiens, tirés au sort parmi plus de 1 500 volontaires, y participeront sur plusieurs semaines, avec auditions d’experts. L’objectif : réformer l’organisation du périscolaire pour éviter qu’un animateur se retrouve seul avec un enfant.
Grégoire a qualifié la situation de « systémique » devant Le Monde. Depuis le début de l’année 2026, 78 agents de la Ville de Paris ont été suspendus dans des établissements scolaires. Trente et un d’entre eux sont visés pour suspicions de violences sexuelles. Le parquet de Paris, de son côté, enquête sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches.
Sur ce dossier parisien aux ramifications multiples, la protection des mineurs en Île-de-France s’impose comme une préoccupation transversale pour plusieurs municipalités de la région.
Un plan de 20 millions d’euros, des syndicats en grève
Le Conseil de Paris avait déjà voté, le 14 avril 2026, un plan d’action de 20 millions d’euros. Ce plan prévoit la simplification des procédures de signalement et une transparence accrue envers les familles. La convention citoyenne s’inscrit dans ce cadre.
La réaction de la mairie intervient dans un contexte social tendu : des syndicats d’animateurs périscolaires sont en grève, selon Le Monde, contestant notamment les conditions de travail et les modalités de contrôle renforcé.
Contexte dans Paris (75)
Paris emploie plusieurs milliers d’animateurs périscolaires pour encadrer les quelque 100 000 enfants scolarisés dans les écoles publiques de la capitale aux heures d’accueil, de cantine et d’activités extrascolaires. L’ampleur des chiffres révélés en 2026 - 78 suspensions, des enquêtes sur plus d’une centaine d’établissements - est sans précédent pour la Ville de Paris dans ce secteur.
La question du casier judiciaire et des antécédents lors du recrutement d’animateurs avait déjà été soulevée à l’échelle nationale après plusieurs affaires similaires dans d’autres villes. Le cas parisien de 2026 illustre une faille spécifique : le classement sans suite d’une plainte ne déclenche pas automatiquement une alerte dans les dossiers de recrutement de la collectivité. La mairie n’a pas encore précisé les modifications envisagées sur ce point précis du processus RH.
À Paris, ce type d’affaire met également sous pression les directions d’arrondissement, qui recrutent parfois de façon décentralisée. Le fait que l’animateur ait pu passer d’un arrondissement à un autre sans transmission d’information pointe vers un défaut de coordination entre entités d’une même collectivité. La gestion des ressources humaines dans les municipalités franciliennes est régulièrement questionnée après ce type d’affaire.
Ce que la convention citoyenne doit produire
La convention réunit ses 80 membres tirés au sort pour plusieurs semaines de travaux. Elle doit rendre des recommandations sur l’organisation du temps périscolaire. La mairie a indiqué vouloir s’appuyer sur ces conclusions pour modifier les règles d’encadrement - notamment l’interdiction pour un animateur de se retrouver seul avec un enfant. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la mise en œuvre de ces recommandations.
L’instruction judiciaire concernant Amadou C. suit son cours. La prochaine étape procédurale n’a pas été rendue publique par le parquet de Paris à ce stade.
Sources
- Le Parisien : Paris : un animateur soupçonné d'agression sexuelle sur trois enfants avait déjà fait l'objet d'une plainte en 2024
- Le Monde : Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : Emmanuel Grégoire lance une convention citoyenne
- Mediapart : À Paris, un animateur du périscolaire mis en examen pour agressions sexuelles avait déjà été signalé
- Le Figaro : Paris : un animateur périscolaire mis en examen pour agression sexuelle avait déjà été visé par une plainte en 2024