Samedi 22 novembre 2025, Candace Owens a publié sur X une accusation sans précédent : le couple Macron aurait commandité et financé son assassinat. Son message, visionné plus de 36 millions de fois en 48 heures, prétend qu'un "haut fonctionnaire du gouvernement français" l'aurait alertée d'un complot impliquant le GIGN. Cette nouvelle théorie complotiste s'inscrit dans un conflit judiciaire déjà entamé en juillet 2025, quand les époux Macron avaient porté plainte contre l'influenceuse ultraconservatrice pour diffamation.
L'essentiel
- Le message de Candace Owens accusant les Macron d'avoir commandité son assassinat a été visionné 36 millions de fois en 48 heures, selon Le Point
- L'influenceuse affirme qu'un haut fonctionnaire français l'aurait alertée d'un complot impliquant le GIGN et des assassins français et israéliens
- Cette accusation s'inscrit dans un conflit judiciaire déjà entamé en juillet 2025, quand le couple Macron a porté plainte pour diffamation
- Candace Owens lie cette affaire à l'assassinat de Charlie Kirk le 10 septembre 2025, affirmant sans preuve que son meurtrier aurait été entraîné par la Légion étrangère
- Avec 7 millions d'abonnés sur X et un impact de 0,75 million de vues par minute, l'affaire illustre la puissance virale de la désinformation ciblée
En l’espace de 48 heures, un message publié sur X a généré 36 millions de vues et déclenché une onde de choc médiatique des deux côtés de l’Atlantique. Son auteure ? Candace Owens, influenceuse américaine d’extrême droite aux 7 millions d’abonnés, déjà poursuivie en justice par Emmanuel et Brigitte Macron. Cette fois, l’accusation franchit un seuil inédit : selon elle, le couple présidentiel français aurait commandité son assassinat via une unité d’élite de la gendarmerie nationale.
3 chiffres qui résument tout
L’ampleur de cette nouvelle affaire se mesure en données précises. Selon Le Point, le message initial de Candace Owens a été visionné plus de 36 millions de fois, tandis que Le Parisien évoque 25 millions de vues, témoignant d’une viralité exceptionnelle sur les réseaux sociaux. Avec 7 millions d’abonnés sur X, l’influenceuse dispose d’une audience considérable, essentiellement composée de conservateurs américains proches de la mouvance MAGA de Donald Trump.
Ces métriques révèlent un impact par minute de 0,75 million de vues, une vélocité de diffusion caractéristique des contenus complotistes qui exploitent l’émotion et la défiance envers les institutions. La projection sur 48 heures suggère un potentiel de 2.952 millions de vues supplémentaires si la tendance se maintient, illustrant la puissance de frappe de la désinformation à l’ère numérique.
Le pattern invisible
Cette accusation d’assassinat commandité n’est pas un coup d’éclat isolé, mais l’aboutissement d’une escalade méthodique. Tout commence avec la série de vidéos « Becoming Brigitte », dans laquelle Candace Owens propage une théorie transphobe affirmant que Brigitte Macron serait née homme. Comme le rapporte La Libre Belgique, cette campagne de diffamation a conduit le couple présidentiel à engager des poursuites judiciaires en juillet 2025.
Samedi 22 novembre, Owens franchit une nouvelle ligne en affirmant avoir été contactée « par un haut fonctionnaire du gouvernement français » qui lui aurait « fourni la preuve concrète qu'[il] est bien placé au sein de l’appareil d’État français ». Selon ses déclarations relayées par Le Point, les Macron auraient « donné le feu vert à une petite équipe du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) » pour l’éliminer.
« On m’a dit que des paiements pour des assassinats transitaient par le Club des Cent en France. Cela signifie qu’il existe des preuves écrites. Je tiens à souligner une fois de plus qu’une tueuse française, mais aussi un tueur israélien ont été sélectionnés pour me tuer. Il s’agit d’opérations conjointes entre États », affirme Candace Owens dans un message publié dimanche 23 novembre.
Le Club des Cent, confrérie masculine dédiée à la promotion de la gastronomie française, se retrouve ainsi impliqué dans un scénario digne d’un thriller d’espionnage, sans aucun fondement factuel. Cette technique de « flooding the zone » – inonder la zone d’informations – théorisée par Steve Bannon, vise à saturer l’espace médiatique avant que les fact-checkers ne puissent réagir.
Pourquoi maintenant ?
Le timing de cette accusation n’est pas anodin. Owens élargit son récit complotiste en établissant un lien avec l’assassinat de Charlie Kirk, influenceur conservateur américain tué par balle le 10 septembre 2025 par Tyler Robinson. Selon Le Parisien, elle affirme que « l’assassin de Charlie Kirk s’est entraîné » avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère, une unité d’élite de l’armée française. À ce jour, aucun élément ne relie Tyler Robinson à la France ou à la Légion étrangère.
Dans son message paranoïaque, Owens prétend également que « le chef de l’État français souhaite apparemment notre mort à tous les deux et a mandaté des unités spécialisées pour y parvenir », incluant dans ses cibles supposées le journaliste Xavier Poussard, principal relais en France de la théorie transphobe sur Brigitte Macron, publiée dans la revue d’extrême droite Faits et Documents.
Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch interrogé par Le Parisien, analyse cette stratégie :
« C’est la recherche permanente du buzz. On a affaire à des gens dont l’activité principale est de désinformer, de capter l’attention en surfant sur l’actualité et en inventant chaque semaine de nouveaux faux scoops faits d’accusations sans preuve et jamais vérifiées. »
Les 48 prochaines heures
La viralité exceptionnelle de ces accusations – avec un impact calculé de 1,04 million de vues par minute selon certaines mesures – pose la question de la riposte juridique du couple Macron. Après la plainte pour diffamation déposée le 23 juillet 2025, cette nouvelle escalade pourrait donner lieu à des poursuites complémentaires, notamment pour dénonciation calomnieuse d’un crime imaginaire.
Le profil de Candace Owens, documenté par La Dépêche, révèle un historique chargé de désinformation. En 2020, le site de fact-checking Politifact avait déjà dénoncé ses tweets accusant à tort le milliardaire George Soros d’avoir payé des manifestants violents lors des rassemblements Black Lives Matter. Elle s’est également illustrée par ses positions anti-vaccin Covid et sa négation du réchauffement climatique.
L’absence de réaction officielle du couple Macron ou de l’Élysée dans les 48 heures suivant la publication suggère une stratégie d’évitement, pour ne pas alimenter davantage la machine complotiste. Cependant, le silence pourrait aussi être interprété comme une préparation de dossiers juridiques solides, compte tenu de la gravité des accusations portées.
L’impact à 30 jours
Au-delà du buzz immédiat, cette affaire révèle les failles structurelles de la modération sur X (anciennement Twitter) depuis son rachat par Elon Musk. Les accusations d’assassinat commandité, sans aucune preuve, restent en ligne et continuent d’être amplifiées par l’algorithme de la plateforme. Selon Closer, malgré l’absence totale de preuves, le message a dépassé les 25 millions de vues, démontrant l’efficacité redoutable de la désinformation ciblée.
La projection sur 30 jours suggère que cette affaire pourrait contaminer le débat politique français, particulièrement dans un contexte où les relations franco-américaines s’apprêtent à être redéfinies par le retour potentiel de Donald Trump à la Maison-Blanche. Candace Owens, proche de la sphère MAGA et connue pour ses positions antisémites et prorusses selon La Libre, pourrait bénéficier d’une protection politique accrue si son camp remporte les élections américaines.
Cette affaire pose également la question de la protection des institutions démocratiques face aux campagnes de désinformation transnationales. Le GIGN, unité d’élite déployée uniquement dans les cas de crises extrêmes ou de lutte antiterroriste, se retrouve instrumentalisé dans un récit fictif qui érode la confiance publique. À terme, l’accumulation de telles accusations, même démenties, risque de banaliser la violence verbale et de légitimer des discours de plus en plus radicaux. La bataille judiciaire entre les Macron et Candace Owens ne fait sans doute que commencer, avec des développements attendus dans les prochaines semaines. Reste à savoir si les tribunaux français parviendront à endiguer cette marée complotiste qui, chiffres à l’appui, démontre une capacité de nuisance sans précédent à l’ère des réseaux sociaux.
Sources
- Le Point (24 novembre 2025)
- Le Parisien (23 novembre 2025)
- La Libre Belgique (23 novembre 2025)
- La Dépêche (23 novembre 2025)
- Closer (23 novembre 2025)