43 membres de la DZ Mafia interpellés dans le plus vaste coup de filet marseillais
Une opération coordonnée par le GIGN démantèle les trois chefs présumés de l'organisation narcocriminelle
Entre lundi 9 et mardi 10 mars 2026, les gendarmes de la section de recherches de Marseille ont mené l'une des plus vastes opérations jamais conduites contre le crime organisé marseillais. Au total, 43 membres présumés de la DZ Mafia, dont ses trois dirigeants déjà incarcérés et un avocat lyonnais, ont été interpellés simultanément dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Cette organisation, apparue durant le confinement de 2020, est soupçonnée d'avoir orchestré une partie des 49 règlements de comptes meurtriers recensés en 2023.
- 43 membres présumés de la DZ Mafia interpellés entre le 9 et le 10 mars 2026 dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse lors d'une opération coordonnée par le GIGN
- Trois dirigeants déjà incarcérés visés : Amine O. dit "Mamine", Gabriel O. alias "Gaby" et Madhi Z. surnommé "la Brute", décrits comme "immensément dangereux" par les enquêteurs
- Un avocat lyonnais interpellé, soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire corrompu entre l'organisation et ses cadres emprisonnés
- L'organisation, née durant le confinement Covid-19 en 2020, est impliquée dans 49 homicides en 2023 lors de sa guerre contre le clan Yoda
- La DZ Mafia a étendu ses activités de Marseille vers Montpellier, Arles et Avignon, diversifiant ses pratiques du trafic de drogue vers l'extorsion et le racket
Quarante-trois interpellations simultanées. C’est le bilan spectaculaire de l’opération judiciaire menée entre lundi soir et mardi matin par les gendarmes de la section de recherches de Marseille, appuyés par le GIGN. Selon L’Indépendant, cette frappe coordonnée vise directement le cœur de la DZ Mafia, une nébuleuse criminelle qui s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs du trafic de stupéfiants dans le sud de la France. Les arrestations ont frappé plusieurs départements, révélant l’emprise territoriale considérable de cette organisation née dans les quartiers nord de Marseille il y a six ans.
Trois dirigeants déjà incarcérés dans le viseur des enquêteurs
Parmi les interpellés figurent trois personnalités centrales de l’organisation, déjà détenues mais soupçonnées de continuer à diriger le réseau depuis leur cellule. Amine O., surnommé « Mamine », Gabriel O., alias « Gaby », et Madhi Z., dit « la Brute », forment ce que les enquêteurs considèrent comme le triumvirat dirigeant de la DZ Mafia. D’après les informations du Parisien, ces trois hommes sont décrits par les forces de l’ordre comme « immensément dangereux ».
Les chefs d’accusation retenus contre l’ensemble des suspects témoignent de la gravité des faits reprochés. Tous ont été placés en garde à vue pour des infractions incluant la « direction d’un groupement criminel ayant pour activité principale le trafic de stupéfiants », la « participation à une association de malfaiteurs » et le « blanchiment aggravé ». Ces figures centrales, déjà incarcérées, sont soupçonnées d’avoir commandité plusieurs exactions violentes liées aux règlements de comptes sanglants qui ont secoué Marseille ces dernières années.
Un avocat lyonnais soupçonné de complicité
L’un des éléments les plus surprenants de cette opération concerne l’arrestation d’un avocat lyonnais, interpellé parmi les 43 suspects. Selon L’Indépendant, cet homme de loi est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire corrompu entre la DZ Mafia et certains de ses cadres emprisonnés, facilitant la communication ou des avantages illégaux depuis les établissements pénitentiaires.
Cette arrestation illustre jusqu’où s’étend l’influence du réseau criminel, capable d’infiltrer les professions réglementées et de maintenir une chaîne de commandement opérationnelle malgré l’incarcération de ses principaux dirigeants. L’implication présumée d’un auxiliaire de justice dans ce système révèle la sophistication de l’organisation et sa capacité à contourner les dispositifs de surveillance carcérale.
Une ascension fulgurante née du chaos sanitaire
La DZ Mafia a émergé au début du confinement lié au Covid-19, profitant du vide territorial et des bouleversements créés par la crise sanitaire dans les quartiers nord de Marseille. Longtemps dirigée par Mehdi Laribi, aujourd’hui en fuite à l’étranger, cette organisation s’est rapidement imposée comme un acteur incontournable du narcotrafic régional. En 2023, elle a sombré dans une guerre ouverte contre le clan « Yoda », une autre organisation marseillaise, provoquant une vague de violence sans précédent.
Cette année-là, selon les données rapportées, 49 personnes ont été tuées dans des règlements de comptes liés à ce conflit meurtrier. La violence de ces affrontements a marqué durablement la cité phocéenne et contraint les autorités à intensifier leur lutte contre le crime organisé.
Une expansion territoriale au-delà de Marseille
Loin de se cantonner à son territoire d’origine, la DZ Mafia a progressivement étendu ses activités à d’autres villes du sud de la France. Montpellier, Arles, Avignon : l’organisation s’est enracinée dans plusieurs départements, diversifiant ses pratiques criminelles au-delà du seul trafic de stupéfiants. L’extorsion et le racket figurent désormais parmi les activités du réseau, comme l’illustre le cas de Gabriel O., « Gaby », mis en examen pour une tentative de racket ayant coûté la vie à une victime.
L’opération de ce mardi 10 mars 2026 s’inscrit dans une stratégie de démantèlement systématique des structures du crime organisé marseillais. La mobilisation coordonnée de plusieurs unités de gendarmerie, avec l’appui du GIGN, témoigne de la détermination des autorités à frapper simultanément l’ensemble des points névralgiques du réseau. Les arrestations ont principalement eu lieu dans les Bouches-du-Rhône, mais également dans le Var et le Vaucluse, révélant la dispersion géographique des membres de l’organisation.
Un coup d’arrêt majeur mais provisoire
Si cette opération constitue indéniablement un coup dur pour la DZ Mafia, elle soulève également la question de la résilience de ces organisations criminelles. L’histoire récente du banditisme marseillais montre que le démantèlement d’un réseau crée souvent un vide rapidement comblé par d’autres structures, alimentant un cycle de violence renouvelé. Les 43 interpellations de ce mardi permettront-elles de briser durablement la chaîne de commandement de la DZ Mafia, ou assisterons-nous à une recomposition du paysage criminel marseillais dans les mois à venir ?
Les enquêteurs disposent désormais d’un délai de garde à vue pour interroger les suspects et rassembler les éléments nécessaires à d’éventuelles mises en examen. L’ampleur de l’opération et la qualité des personnes interpellées, incluant les trois dirigeants présumés et un avocat, laissent présager des révélations importantes sur le fonctionnement interne de cette organisation et ses ramifications dans le tissu économique et social régional.
Sources
- L'Indépendant (10 mars 2026)
- Le Parisien (10 mars 2026)