52 millions d’économies imposés : le Lot-et-Garonne serre les boulons

La ponction de l'État sur le budget départemental contraint les investissements publics dans les territoires ruraux comme Fumel.

52 millions d'économies imposés : le Lot-et-Garonne serre les boulons
Illustration Sandrine Pouget / info.fr

Le département de Lot-et-Garonne a dû absorber 52 millions d'euros d'économies imposées par l'État en 2025, soit 10 % de son budget. Pour 2026, l'enveloppe recule encore légèrement, à 476,6 millions d'euros. Les projets d'investissement, limités à 69 millions, sont les premiers touchés.

La présidente du Conseil départemental, Sophie Borderie, n’a pas mâché ses mots lors du vote du budget primitif 2025 : « Répondre à cette injonction nécessite une réduction de voilure du budget départemental de 52 millions d’euros. » Cette ponction, équivalant à 10 % du budget primitif 2025 fixé à 481,5 millions d’euros, a restructuré en profondeur les marges de manœuvre du département, selon les données publiées sur le site du Conseil départemental de Lot-et-Garonne.

Un budget 2026 en légère baisse, des investissements sous pression

Le budget primitif 2026, adopté lors de la session plénière du 23 janvier 2026, s’établit à 476,6 millions d’euros - soit 4,9 millions de moins qu’en 2025. La part dédiée aux investissements reste à 69 millions d’euros, un niveau comparable à 2025. Mais selon Sud Ouest, les opérations nouvelles en immobilier et infrastructures sont reportées au-delà de 2026. Pour des communes rurales comme Fumel, déjà fragilisées économiquement, ces gels de projets se font sentir concrètement.

Guillaume Baldy, vice-président en charge des finances, a résumé la situation lors du débat d’orientations budgétaires du 9 janvier : « Les incertitudes persistantes sur les dotations de l’État, les ponctions reconduites sur nos recettes, et les dépenses contraintes non compensées continuent de peser lourdement sur nos finances départementales. »

Solidarité préservée, fiscalité locale inchangée

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Malgré les contraintes, le département affiche une priorité : maintenir les missions de solidarité et les aides aux communes. Le Plan Collèges est également préservé. Sophie Borderie insiste : pas de hausse de la fiscalité locale pour compenser l’effort imposé par l’État.

Les recettes restent sous tension. Les dotations TVA de l’État, estimées à 65,1 millions d’euros, demeurent incertaines dans le cadre de la loi de finances en cours d’examen. Les droits de mutation (DMTO), estimés à 43 millions pour 2025 contre 40 millions en 2024 selon La Dépêche, constituent l’un des rares leviers positifs.

Déjà 16 millions de déficit en 2024

Ce contexte n’est pas nouveau. En 2024, le département avait dû combler un déficit de 16 millions d’euros, consécutif à une chute des recettes combinée au projet de loi de finances 2025, selon le site Quidam Hebdo. La trajectoire de restriction s’est donc accélérée sur deux exercices consécutifs.

Le suivi de la loi de finances nationale reste l’étape déterminante pour confirmer ou non l’activation d’un fonds de sauvegarde évoqué par l’exécutif départemental. Dans l’attente, les territoires comme Fumel voient leurs projets d’infrastructure publique mis en suspens.

Sources

Sandrine Pouget

Sandrine Pouget

Installée à Agen, elle couvre l'agriculture fruitière, les tensions sur les pesticides, le rugby et les débats sur les services publics. Formée à l'IUT info-com de Tours, elle a commencé en PQR aquitaine. Ligne de travail : interroger les arboriculteurs, les associations environnementales, les élus, croiser les données sanitaires avant de publier.

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