600 manifestants aux Martres-sur-Morges contre le projet éolien Neoen en Limagne
Dimanche 14 juin, environ 600 personnes ont défilé dans quatre communes du Puy-de-Dôme pour dire non au parc de 7 à 10 éoliennes porté par le promoteur Neoen.
Environ 600 personnes se sont rassemblées dimanche 14 juin aux Martres-sur-Morges (Puy-de-Dôme) pour protester contre le projet de parc éolien porté par Neoen. Élus locaux et association ALER dénoncent un "non-sens écologique et économique".
L’essentiel
- 600 manifestants se sont rassemblés le 14 juin 2026 aux Martres-sur-Morges contre le projet éolien de Neoen.
- 7 à 10 éoliennes de 200 mètres seraient installées sur les communes de Surat, Thuret, Les Martres-sur-Morges et Sardon.
- Aucune demande d’autorisation n’a été déposée en préfecture ; seul un mât de mesure de 100 mètres est en place à Surat.
- Plus de 1 000 signatures recueillies par une pétition en ligne contre le projet.
Dimanche 14 juin, environ 600 personnes se sont réunies aux Martres-sur-Morges (Puy-de-Dôme) pour manifester contre le projet de parc éolien porté par Neoen dans la plaine de Limagne. La mobilisation, organisée par l’association ALER (Limagne Environnement Ruralité) et un collectif citoyen, a pris la forme de marches solidaires parties des quatre communes concernées : Surat, Thuret, Les Martres-sur-Morges et Sardon.
Ce qui s’est passé
Les manifestants se sont retrouvés en milieu de journée aux Martres-sur-Morges, point de convergence des quatre cortèges. Selon les organisateurs, la participation a dépassé leurs attentes. « C’est une mobilisation record pour un projet qui n’en est encore qu’à ses balbutiements », a indiqué un porte-parole d’ALER.
Le projet prévoit l’installation de 7 à 10 éoliennes d’environ 200 mètres de haut (pales de 60 mètres) sur les communes de Surat, Thuret, Les Martres-sur-Morges et Sardon, en pleine zone agricole de la Limagne. À ce stade, aucun dossier d’autorisation n’a été déposé auprès de la préfecture du Puy-de-Dôme. Un seul mât de mesure d’une centaine de mètres a été installé sur la commune de Surat, a confirmé l’association auprès de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Les arguments des opposants
L’association ALER avance plusieurs motifs de contestation. Le premier est économique : le taux de productivité des éoliennes serait d’environ 20 % en raison d’un vent insuffisant dans la plaine de Limagne, selon les études préliminaires qu’elle a consultées. « C’est une aberration économique : on va subventionner des machines qui tourneront à peine », a déclaré un responsable d’ALER sur France Bleu Pays d’Auvergne.
Les opposants dénoncent également l’actionnariat de Neoen, détenue majoritairement par le fonds d’investissement canadien Brookfield. « Ce sont des subventions publiques françaises qui partent au Canada », estiment-ils. Sur le plan paysager, le projet serait en covisibilité avec la Chaîne des Puys et la faille de Limagne, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi qu’avec l’église Saint-Martin de Thuret, Monument historique, selon des informations rapportées par RCF. Les opposants invoquent aussi l’impact sur la biodiversité, notamment sur un axe migratoire d’oiseaux, ainsi que les nuisances sonores et l’effet stroboscopique pour les riverains.
À Clermont-Ferrand, d’autres actualités ont marqué la semaine : Enguerran Robas a présidé la cérémonie du 18 Juin et le barreau 63 a adopté une motion après la convocation d’avocats.
Un projet contesté par les élus locaux
Les maires des quatre communes concernées sont unanimes dans leur opposition. Christian Chavaroux, maire de Sardon, a pris la parole lors de la manifestation pour réaffirmer son refus. « Nous ne laisserons pas défigurer nos terres agricoles pour un projet dont la rentabilité est douteuse », a-t-il déclaré. Une pétition en ligne contre le projet a déjà recueilli plus de 1 000 signatures, selon ALER.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le Puy-de-Dôme compte déjà plusieurs parcs éoliens en exploitation, principalement sur les hauteurs du Livradois-Forez et au nord du département. La plaine de Limagne, zone agricole à forte productivité (céréales, betteraves), était jusqu’à présent peu sollicitée pour l’éolien. Selon les données de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, la capacité éolienne installée dans le département s’élève à environ 180 MW fin 2025, soit l’une des plus faibles de la région. Le projet Neoen viendrait ajouter jusqu’à 50 MW, mais soulève des questions d’acceptabilité locale et de compatibilité avec le patrimoine classé.
Un précédent jurisprudentiel pourrait jouer en faveur des opposants : le Conseil d’État a déjà annulé des permis de construire pour des éoliennes en raison d’une covisibilité avec un Monument historique. L’association ALER compte s’appuyer sur cette jurisprudence si le dossier aboutit.
Prochaine étape : Le promoteur Neoen n’a pas encore déposé de demande d’autorisation environnementale. La préfecture du Puy-de-Dôme indique qu’aucun calendrier n’est connu à ce stade. L’ association ALER prévoit de nouvelles actions de mobilisation si le projet avance.
Sources
- France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : 600 manifestants mobilisés contre un projet d'éoliennes
- France Bleu Pays d'Auvergne : Habitants et élus mobilisés contre un projet d'éoliennes en Limagne
- RCF : Aberration économique, impact visuel majeur, axe migratoire : les opposants aux éoliennes en Limagne affûtent leurs arguments