Aboncourt-Gesincourt : du maïs bio dans les champs de Haute-Saône

Des exploitants de cette commune rurale s'engagent dans une transition biologique soutenue par des fonds européens.

Aboncourt-Gesincourt : du maïs bio dans les champs de Haute-Saône
Illustration Laurent Clerc / info.fr

Dans ce village de Haute-Saône, des agriculteurs amorcent une conversion au bio pour leurs cultures de maïs. Une démarche portée par des subventions européennes, dans un territoire où la transition agroécologique avance lentement.

Aboncourt-Gesincourt, commune rurale du département de la Haute-Saône (70), voit plusieurs exploitants agricoles engager leur production de maïs vers des pratiques biologiques. La transition s’appuie sur des aides européennes via la PAC, ainsi que sur des dispositifs régionaux en Bourgogne-Franche-Comté.

Un cadre régional établi

La Région Bourgogne-Franche-Comté a accompagné 2 438 exploitations en conversion ou maintien en bio entre 2014 et 2022, selon le dossier de presse du Salon de l’Agriculture 2026. La surface agricole utile (SAU) consacrée au bio atteignait 10 % en 2023 dans la région, pour un objectif national fixé à 21 % d’ici 2030.

En Haute-Saône, le groupe Fermes DEPHY Entre 2 Eaux promeut des pratiques agroécologiques en polyculture-élevage, avec le maïs parmi les cultures principales, selon la plateforme Ecophyto PIC. Ce réseau vise une gestion plus économe des intrants.

Des aides, mais des fragilités persistantes

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Le gouvernement a validé en 2024 un fonds d’aide de 90 millions d’euros pour les exploitations bio ayant subi des pertes économiques, selon le ministère de l’Agriculture. Un fonds d’urgence départemental a également été mis en place la même année en Haute-Saône pour couvrir une partie des baisses d’excédent brut d’exploitation, d’après la préfecture.

La transition n’est pas sans tensions. La FDSEA Haute-Saône a exprimé en 2026 des doléances sur les déconversions de fermes bio, dénonçant un soutien politique jugé insuffisant. Un signal d’alerte dans un contexte où la reprise de la consommation bio en France reste fragile, malgré des signes positifs en 2025 selon l’Agence Bio.

Sources

Laurent Clerc

Laurent Clerc

Correspondant à Vesoul, suit la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et les fermetures de maternités. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR franc-comtoise. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les agriculteurs, les élus, vérifier les bilans sociaux avant de conclure.

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