Adam Silver : « Le tanking ne reviendra pas » avant la draft 2026
Le commissaire NBA affirme que la richesse exceptionnelle de la cuvée 2026 dissuadera les franchises de perdre volontairement, alors que le Board of Governors vient d'approuver une loterie réformée.
Confronté à un tanking « sans précédent » lors de la saison 2025-2026, Adam Silver mise sur le talent annoncé de la draft 2026 pour dissuader les équipes de perdre délibérément. Le commissaire NBA a défendu la nouvelle loterie « 3-2-1 » adoptée fin mai.
L’essentiel
- Fait 1 : Adam Silver a qualifié le tanking de la saison 2025-2026 de « sans précédent » et a promis de le régler.
- Fait 2 : Le Board of Governors a approuvé le 28 mai 2026 une nouvelle loterie « 3-2-1 » pour réduire les incitations à perdre.
- Fait 3 : Silver estime que la qualité exceptionnelle de la draft 2026 suffit à dissuader le tanking, citant des fans poussant leurs équipes à être mauvaises « particulièrement cette année ».
- Fait 4 : Trois propositions anti-tanking avaient été présentées le 27 mars 2026 par la NBA.
- Fait 5 : Draymond Green (Warriors) s’est dit choqué par le « autant de talent » de la prochaine classe de draft.
Le constat d’une saison « sans précédent »
Jamais, depuis l’instauration de la loterie en 1985, la NBA n’avait connu un tel phénomène de tanking. « Ce que nous avons vu cette saison était, sans question, du jamais vu », a déclaré le commissaire Adam Silver, cité par Zagsblog en mai 2026. Devant la fronde croissante des fans et des partenaires, la ligue a accéléré ses réflexions entamées dès l’automne 2025. Silver s’est montré catégorique : « We are going to fix it. Full stop », rapportait Yahoo Sports en mars 2026.
Le point d’orgue de cette crise a été atteint lors de la dernière ligne droite de la saison régulière, où plusieurs franchises, déjà éliminées de la course aux playoffs, alignaient des compositions volontairement affaiblies pour maximiser leurs chances d’obtenir un haut choix de draft. La perspective de la cuvée 2026, décrite comme l’une des plus riches de l’histoire, a exacerbé le phénomène. « On en était arrivé à un point où les fans poussaient pour que leurs équipes soient mauvaises. Cette année, c’était particulièrement mauvais, vu la richesse de la Draft à venir », a expliqué Silver, cité par Basket USA.
La réforme « 3-2-1 » adoptée le 28 mai
Face à cette situation, le Board of Governors de la NBA a approuvé à une majorité écrasante une nouvelle proposition de loterie le 28 mai 2026, selon ESPN et NBC Sports. Le système dit « 3-2-1 » remplace la formule précédente, qui attribuait des probabilités croissantes aux pires bilans. Désormais, seules les trois équipes les moins bien classées se partagent les trois premières positions de la draft, avec des chances réduites et mieux réparties. « L’objectif est de donner aux équipes aucune incitation particulière à être mauvaises », a précisé Silver, relayé par NBC Sports.
Ce nouveau mécanisme fait suite à trois propositions complètes présentées par la ligue le 27 mars 2026 (ESPN). Il s’agit de la réforme la plus profonde depuis 2017, année où la NBA avait déjà modifié la loterie pour dissuader le tanking - sans succès durable, comme l’a montré la saison 2025-2026. Silver a reconnu que les précédentes mesures n’avaient pas suffi face aux enjeux d’une draft exceptionnelle.
Contexte dans la NBA
Le tanking n’est pas un phénomène nouveau en NBA, mais il avait rarement atteint une telle ampleur. La saison 2023-2024 avait déjà vu des franchises comme les Detroit Pistons ou les Portland Trail Blazers afficher des bilans catastrophiques, mais la perspective de la draft 2026, pressentie comme celle des Cooper Flagg, Dylan Harper ou Ace Bailey, a provoqué une surenchère. La ligue, dont le modèle économique repose sur l’incertitude sportive, ne pouvait tolérer que des équipes délibèrent de perdre aux yeux de leurs spectateurs. « La NBA, c’est le sport-spectacle. Quand les fans payent leur billet pour voir une équipe qui essaie de perdre, c’est intenable pour la ligue », analyse un observateur cité par Sports Business Journal en février 2026.
Le commissaire a également évoqué des sanctions plus sévères, allant jusqu’à la suppression de picks de draft pour les récidivistes, selon Sports Business Journal. La palme du tanking cette saison revient aux Washington Wizards (15-67) et aux Utah Jazz (17-65), mais une demi-douzaine d’autres franchises ont été pointées du doigt. Silver, qui occupe le poste de commissioner depuis le 1er février 2014 (succédant à David Stern), entend bien refermer cette parenthèse.
Un talent générationnel qui suffirait à résoudre la crise
Au-delà de la réforme, Adam Silver a insisté sur un argument qualitatif : la draft 2026 est tellement riche que même une équipe gagnante pourrait y trouver un joueur impactant. « Si vous regardez la profondeur de cette classe, vous comprenez que le tanking n’a pas de sens. Les équipes peuvent reconstruire tout en restant compétitives », a-t-il déclaré. Une opinion partagée par Draymond Green, qui s’est dit « choqué » par le talent annoncé, selon Parlons-Basket en janvier 2026.
Les scouts comparent cette cuvée à celle de 2003 (LeBron James, Carmelo Anthony, Dwyane Wade) ou de 2018 (Luka Dončić, Trae Young). Plusieurs franchises, comme les Charlotte Hornets ou les Brooklyn Nets, ont délibérément accumulé des défaites pour espérer décrocher la première place. Mais selon Silver, ce calcul stratégique est désormais caduc : la réforme « 3-2-1 » rend l’avantage marginal, et la qualité intrinsèque de la draft offre des talents jusqu’au milieu du premier tour.
Et maintenant ?
La prochaine étape pour la NBA sera la mise en œuvre du système « 3-2-1 » pour la draft du 24 juin 2026 (à Brooklyn, si les dates n’ont pas changé). Le tirage au sort de la loterie, prévu le 10 mai, sera le premier test grandeur nature du nouveau mécanisme. Adam Silver a prévenu que la ligue resterait vigilante et n’hésiterait pas à durcir les sanctions si le tanking persistait sous d’autres formes, comme le « resting » de joueurs sains. « Le message est clair : perdre exprès n’est plus une option. »