AESH en Creuse : une cinquantaine de manifestants réclament un statut de fonctionnaire à Guéret
L'intersyndicale, emmenée par la FSU-SNUipp 23, s'est mobilisée le 9 juin devant la préfecture de Guéret pour exiger un statut catégorie B et une revalorisation salariale.
Une cinquantaine d'AESH et de représentants syndicaux se sont rassemblés mardi 9 juin 2026 à 17h30 devant la préfecture de Guéret. L'intersyndicale réclame la création d'un statut de fonctionnaire catégorie B et une revalorisation salariale, dans un contexte de déficit national d'accompagnants.
L’essentiel
- Mobilisation : environ cinquante personnes rassemblées le 9 juin 2026 à 17h30 devant la préfecture de Guéret
- Revendication centrale : statut de fonctionnaire catégorie B pour les AESH, avec revalorisation salariale
- Syndicats mobilisateurs : intersyndicale incluant la FSU-SNUipp 23
- Contexte national : 48 726 élèves sans AESH à la rentrée 2025, soit +35 % par rapport à 2024
- Négociations en cours : premier groupe de travail ministériel tenu le 20 mai 2026, suivant prévu mi-juin
Une cinquantaine de personnes devant la préfecture
Mardi 9 juin 2026, à 17h30, environ cinquante accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et représentants syndicaux se sont réunis place Bonnyaud, devant la préfecture de Guéret. Le rassemblement, organisé par une intersyndicale comprenant notamment la FSU-SNUipp 23, s’est tenu dans le calme, selon La Montagne.
L’appel à la mobilisation avait été lancé plusieurs jours avant l’événement par l’intersyndicale, relayé par des comptes syndicaux locaux et la section SNUipp-FSU 23, qui réclamait « un vrai métier, un statut de fonctionnaire ».
Statut catégorie B et revalorisation salariale : les deux exigences
Les manifestants portent deux revendications principales. La première : la reconnaissance d’un statut officiel de fonctionnaire, classé en catégorie B de la fonction publique. La seconde : une revalorisation salariale alignée sur ce nouveau statut.
Aujourd’hui, les AESH sont recrutés sous contrats à durée déterminée ou indéterminée, sans cadre statutaire propre. Ce mode d’emploi est dénoncé par les syndicats comme générateur de précarité, malgré des missions jugées « incontournables » dans l’école inclusive, selon la FSU-SNUipp 23.
Les syndicats soulignent également le manque de reconnaissance institutionnelle des missions exercées : suivi individualisé des élèves, coordination avec les équipes pédagogiques, accompagnement sur les temps périscolaires. Ces dimensions ne sont pas, selon eux, reflétées dans la grille de rémunération actuelle.
Contexte dans la Creuse
La Creuse est l’un des départements les plus ruraux de France, avec une population de moins de 115 000 habitants. L’école inclusive y repose sur un réseau dispersé d’établissements, ce qui rend la question de l’affectation des AESH particulièrement sensible. Les trajets peuvent être longs, les remplacements difficiles à organiser.
La section FSU-SNUipp 23 est active sur ce dossier depuis plusieurs années. Une audience avec le DASEN (directeur académique des services de l’Éducation nationale) avait notamment eu lieu en juin 2025, selon les archives syndicales du 23. Aucun chiffre précis sur les effectifs d’AESH ou le nombre d’élèves accompagnés en Creuse n’a été communiqué dans les sources disponibles à ce stade.
Le rassemblement du 9 juin s’inscrit dans une journée nationale de mobilisation organisée simultanément dans plusieurs académies, à l’initiative des mêmes fédérations syndicales.
Un déficit national qui pèse sur les territoires
Au niveau national, la situation est documentée. À la rentrée 2025, 48 726 élèves en situation de handicap notifiés par la MDPH étaient sans accompagnant, selon France Inter et la Banque des territoires. C’est 35 % de plus qu’en 2024, où ce chiffre s’établissait à 36 186.
En vingt ans, le nombre d’élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire a été multiplié par trois : d’environ 155 000 en 2006 à plus de 500 000 en 2024-2025, selon un rapport sénatorial cité par Sud Ouest. Les AESH sont aujourd’hui environ 140 000, ce qui en fait le deuxième métier de l’Éducation nationale. Le budget consacré à l’école inclusive atteint 4,7 milliards d’euros en 2026, en hausse de 23 % depuis 2023.
Ces chiffres alimentent directement les revendications syndicales : plus les besoins augmentent sans cadre statutaire stable, plus les difficultés de recrutement et de fidélisation s’accentuent, selon les organisations présentes à Guéret. La question du statut des AESH fait l’objet d’un suivi similaire dans d’autres territoires, comme l’illustre la prise en charge des élèves vulnérables, régulièrement au cœur de débats judiciaires et institutionnels.
Des négociations ouvertes au ministère
Le ministère de l’Éducation nationale a ouvert des groupes de travail sur le statut des AESH. Le premier s’est tenu le 20 mai 2026, selon le SNES-FSU et le SNALC. Un second est prévu mi-juin - les dates du 15, 16 ou 17 juin sont évoquées selon les sources syndicales, sans confirmation officielle à ce stade.
Aucune réaction du préfet de la Creuse ni de la DSDEN n’a été rapportée à la suite du rassemblement du 9 juin. Les syndicats attendent désormais les conclusions de ces groupes de travail pour évaluer si des avancées concrètes sur le statut sont envisagées. La mobilisation locale de Guéret s’inscrit dans cette pression nationale exercée en amont des prochaines réunions.
Sources
- La Montagne : Nouveau statut, revalorisation salariale... Les accompagnants d'élèves en situation de handicap mobilisés en Creuse
- La Montagne : AESH en Creuse : l'intersyndicale réclame un vrai statut
- FSU-SNUipp 23 : Toutes et tous mobilisé·es le 9 juin pour un vrai métier, un statut de fonctionnaire
- France Inter : Près de 50 000 élèves en situation de handicap n'avaient pas d'accompagnant à la rentrée 2025
