Affaire Epstein : une actrice française des Tuches 3 citée dans les archives
Clémence Biau apparaît dans les 3 millions de pages publiées par la justice américaine, son passeport transmis au financier
Parmi les trois millions de pages de documents relatifs à Jeffrey Epstein publiées le 30 janvier 2026 par le département américain de la Justice, le nom de l'actrice et mannequin française Clémence Biau, connue pour son rôle dans Les Tuches 3, apparaît dans des échanges avec Daniel Said, présenté comme un « recruteur » pour le prédateur sexuel. Des courriels révèlent que des photos et le passeport de la comédienne ont été transmis à Epstein, sans qu'aucune poursuite ne soit engagée à ce stade contre les personnes citées.
- L'actrice française Clémence Biau (Les Tuches 3) est citée dans les 3 millions de pages publiées le 30 janvier 2026 par la justice américaine sur l'affaire Epstein
- Des courriels révèlent que Daniel Said, présenté comme un recruteur pour Epstein, a transmis le passeport et des photos de l'actrice au financier
- Au total 3,5 millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 photos ont été publiées depuis décembre 2025 suite à une loi votée par le Congrès
- De nombreuses personnalités françaises sont éclaboussées : Jack Lang, Louis Aliot, ainsi que des figures internationales comme la future reine de Norvège Mette-Marit
- Aucune poursuite judiciaire n'est engagée à ce stade contre les personnes simplement citées dans les documents, soulevant des questions sur l'utilité de cette publication massive
L’avalanche documentaire se poursuit. Depuis la publication par le département de la Justice américaine de plus de trois millions de pages d’archives concernant Jeffrey Epstein le 30 janvier dernier, les révélations se succèdent à un rythme soutenu. Selon Le Monde, ces documents comprennent également « 2 000 vidéos et 180 000 photos », formant une « immense toile relationnelle entre puissants, à la croisée de la politique, de la diplomatie, du spectacle et des affaires ». Parmi les noms qui émergent de cette masse d’informations figure celui de Clémence Biau, actrice et mannequin française ayant notamment tourné dans Les Tuches 3.
Un intermédiaire français au cœur du réseau
Les documents mettent en lumière le rôle de Daniel Said, présenté dans les échanges comme un « éclaireur » ou « recruteur » de jeunes femmes pour le compte de Jeffrey Epstein. Dans un courriel daté de plusieurs années, Said aurait transmis directement au financier américain le passeport et des photographies de Clémence Biau. La nature exacte de ces échanges et leur contexte restent à éclaircir, aucune charge n’ayant été retenue contre l’actrice française qui n’a pas encore réagi publiquement à ces révélations.
Cette mention s’inscrit dans un contexte plus large où de nombreuses personnalités voient leur nom associé à l’affaire Epstein sans qu’il soit toujours possible de déterminer le degré de leur implication. Comme le souligne France Culture, les « Epstein Files » fonctionnent désormais comme « une machine symbolique, une cartographie de la suspicion généralisée » où « on est cité, parfois pour un détail, parfois pour une interaction périphérique, parfois pour presque rien ».
Une publication massive sous contrainte légale
La divulgation de ces archives résulte d’une loi votée par le Congrès américain en décembre 2025 et signée « avec un fort déplaisir » par le président Donald Trump, selon Le Monde. Todd Blanche, numéro deux du département de la Justice et ancien avocat personnel de Trump, a présenté ces chiffres lors d’une conférence de presse le 30 janvier : « Aujourd’hui, nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2 000 vidéos et plus de 180 000 images. »
Selon TF1 Info, au total près de 3,5 millions de pages ont été publiées par le gouvernement depuis décembre. De nombreux documents demeurent cependant caviardés « selon des critères peu évidents », et le département de la Justice conserve encore une partie des archives, notamment « tout ce qui relève de la pornographie, d’abus physiques et de morts ».
Un catalogue international de personnalités éclaboussées
Le cas de Clémence Biau s’ajoute à une longue liste de personnalités françaises et internationales mentionnées dans les documents. L’ancien ministre français de la Culture Jack Lang figure parmi les noms les plus en vue. Contacté par l’AFP, il a déclaré assumer « pleinement les liens » qu’il avait pu créer avec Jeffrey Epstein « à une époque où rien ne laissait supposer [qu’il] pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité », affirmant avoir fait sa connaissance « voici une quinzaine d’années » par l’intermédiaire du réalisateur Woody Allen.
La princesse Mette-Marit de Norvège, future reine du pays, apparaît également « au moins un millier de fois » selon le journal norvégien Verdens Gang. Des échanges entre 2011 et 2014 révèlent une certaine proximité avec Epstein. Dans un message de 2012, alors qu’Epstein évoquait être à Paris « en quête d’une épouse », elle lui aurait répondu que la capitale française était « bien pour l’adultère » mais que « les Scandinaves [font] de meilleures femmes ». La princesse a depuis exprimé ses regrets :
« Je regrette profondément avoir eu le moindre contact avec Epstein. C’est tout simplement embarrassant », a-t-elle déclaré selon Le Devoir.
Parmi les autres noms cités figurent Donald Trump, avec « au moins 4 500 documents » le mentionnant selon le New York Times, Bill Gates, l’ex-prince Andrew, ou encore de manière plus anecdotique Louis Aliot et le Rassemblement National, mentionnés dans un échange relatant une rencontre avec Steve Bannon en juillet 2018.
Les limites d’une transparence controversée
Si la publication massive de ces documents répond à une exigence de transparence, elle soulève également des questions sur la protection des victimes et la présomption d’innocence. Des victimes présumées de Jeffrey Epstein ont affirmé dans un communiqué que les derniers documents publiés « exposaient » les femmes exploitées « tandis que les hommes qui nous ont abusées restent cachés et protégés », rapporte TF1 Info.
Todd Blanche a tenté de rassurer lors de sa conférence de presse : « Comme nous l’avons dit en juillet, si nous, au ministère de la Justice, avions des informations sur des hommes qui ont exploité sexuellement des femmes, nous les inculperions. Mais je ne pense pas que la population, ou vous, en découvrirez dans les documents Epstein, hélas. » Une déclaration qui laisse présager que malgré l’ampleur des révélations, peu de poursuites judiciaires devraient émerger de cette publication.
Un puits empoisonné sans fond apparent
L’affaire Epstein continue de déverser son flot de révélations sans qu’une image claire n’émerge vraiment. Comme l’analyse Le Monde, « lorsqu’il n’est plus possible de distinguer les faits incontestables, les éléments incomplets et les allégations sans fondements, lorsque la simple mention d’une personnalité dans un document alimente l’idée d’une complicité, on ne peut que se noyer dans ce puits ».
Le cas de Clémence Biau illustre parfaitement cette zone grise : citée dans des documents sans qu’aucun élément ne permette d’établir sa connaissance des agissements criminels d’Epstein, ni même la nature exacte de son éventuelle relation avec le réseau du financier. Dans un univers où la frontière entre victime potentielle, témoin involontaire et complice présumé s’estompe, chaque nouvelle révélation alimente autant la quête de vérité que la machine à suspicion. Reste à savoir si cette transparence massive permettra réellement de faire la lumière sur les crimes d’Epstein, ou si elle ne fera qu’épaissir le brouillard qui entoure désormais cette affaire tentaculaire.
Sources
- Le Monde (2 février 2026)
- France Culture (2 février 2026)
- Le Devoir (2 février 2026)
- Franceinfo (31 janvier 2026)
- TF1 Info (31 janvier 2026)
- L'Humanité (2 février 2026)