Affaire H2O : le dossier de faillite évacué de Paris pour conflit d’intérêts

La cour d'appel de Paris transfère l'affaire vers Bobigny après la découverte de cinq juges consulaires plaignants dans le dossier

Affaire H2O : le dossier de faillite évacué de Paris pour conflit d'intérêts
Illustration Julie Renault / info.fr

L'affaire H2O, qui a causé des pertes de 2 à 3 milliards d'euros à 10 000 épargnants, est transférée en urgence du tribunal de commerce de Paris vers Bobigny. La raison cinq juges consulaires parisiens sont aussi plaignants dans ce scandale financier.

Le dossier de faillite du fonds H2O a été transféré en urgence du tribunal de commerce de Paris vers celui de Bobigny. La cour d’appel de Paris a pris cette décision le 23 avril 2026 après avoir identifié un conflit d’intérêts impliquant cinq juges consulaires parisiens. Ces derniers sont également plaignants dans l’affaire, selon L’Informé.

Des pertes estimées entre 2 et 3 milliards d’euros

La faillite de H2O, filiale de Natixis (groupe BPCE), a entraîné des pertes financières majeures pour environ 10 000 épargnants français. Les montants évoqués varient entre 2 et 3 milliards d’euros. Les actifs illiquides des fonds, initialement évalués à 2,8 milliards d’euros, ont été cantonnés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) en 2020. Leur valeur résiduelle serait tombée à environ 70 millions d’euros, d’après Capital.

En janvier 2023, l’AMF avait infligé une amende record de 75 millions d’euros à H2O AM pour des violations graves des règles de gestion. Son fondateur, Bruno Crastes, s’est vu interdire de gérer des fonds pendant dix ans. Le Collectif Porteurs H2O, qui représente plus de 6 200 investisseurs, a assigné H2O, Natixis, BPCE, Caceis et KPMG en décembre 2023 pour obtenir des dommages et intérêts.

Un transfert qui rappelle le précédent Orpea

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Ce dépaysement vers Bobigny n’est pas une première. En 2024, le dossier Orpea avait déjà été transféré à Créteil pour des raisons similaires de conflits d’intérêts. Le tribunal des activités économiques de Paris avait rejeté en octobre 2025 les demandes de nullité de procédure déposées par H2O et ses co-défendeurs, validant ainsi la poursuite du litige au fond.

En mars 2025, une audience avait été reportée pour inclure Natixis et BPCE comme nouveaux défendeurs. La prochaine étape judiciaire est fixée au 27 octobre 2026, date à laquelle le tribunal de Bobigny examinera la responsabilité des parties dans cette affaire.

Contexte

L’affaire H2O a éclaté en 2019 après des problèmes de liquidité dans les fonds gérés par H2O AM. L’AMF avait suspendu les rachats en juin 2020, marquant le début d’une crise financière qui a touché des milliers d’épargnants. Les débats portent notamment sur la connaissance qu’avaient Natixis et BPCE des risques encourus par les produits commercialisés.

Et maintenant ?

La prochaine audience sur le fond de l’affaire est prévue le 27 octobre 2026 au tribunal de commerce de Bobigny. Les plaignants espèrent y voir établie la responsabilité des différents acteurs impliqués dans la gestion des fonds H2O.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Basée à Paris, elle traite la mairie, les tensions sur le logement, les transports et les débats sur la piétonnisation. Diplômée du CFJ, elle a travaillé en agence avant de s'ancrer à Paris. Ligne de travail : interroger les élus, les associations de riverains, les syndicats de transports, vérifier les budgets municipaux avant de publier.

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