Longvic : des affiches divulguent les données personnelles de salariés du chantier CRA

En marge d'une manifestation anti-CRA à Dijon, des affiches ont ciblé des entreprises du chantier en publiant noms, adresses et photos de travailleurs.

Longvic : des affiches divulguent les données personnelles de salariés du chantier CRA
Illustration Simon Perrot / info.fr

Le 18 avril 2026, des affiches ont été collées dans Dijon visant des entreprises impliquées dans la construction du futur centre de rétention administrative de Longvic. Noms, adresses et photos de salariés y figuraient. La préfecture de Côte-d'Or a saisi le parquet de Dijon.

La manifestation contre le projet de centre de rétention administrative (CRA) de Longvic, organisée à Dijon le samedi 18 avril 2026, a pris un tournant judiciaire. En marge du cortège, qui a réuni environ 400 personnes selon Le Bien Public, des affiches ont été placardées dans la ville, ciblant des entreprises du chantier. Ces documents divulguaient noms, adresses, coordonnées et parfois photos de salariés, selon France Bleu Bourgogne.

Les affiches qualifiaient certaines de ces entreprises de « racistes » ou de « tortionnaires ». L’une des sociétés visées, Pennequin, est une entreprise de la région impliquée dans les travaux après avoir répondu à un appel d’offres public du ministère de la Justice.

La préfecture saisit le parquet

La préfecture de Côte-d’Or a réagi rapidement. Le 21 avril, elle a confirmé qu’elle effectuerait un signalement auprès du parquet de Dijon, selon France Bleu Bourgogne. Une procédure judiciaire pourrait donc s’ouvrir pour violation de données personnelles.

Francis Pennequin, dirigeant de l’entreprise éponyme, dénonce des méthodes « inadmissibles » et illégales. Il envisage de déposer plainte. « On a répondu à un marché public, c’est tout », a-t-il déclaré, selon France Bleu. Du côté de la société civile, Paul Garrigues, co-porte-parole de la Ligue des droits de l’Homme à Dijon, a pris ses distances avec ces méthodes, les qualifiant de « contreproductives », tout en exprimant sa tristesse.

Un chantier contesté depuis 2025

Publicité

Le CRA de Longvic est prévu sur l’ancienne base aérienne BA 102. Sa capacité sera de 140 places, pour un coût estimé à 30,3 millions d’euros. L’ouverture est annoncée pour l’automne 2027, selon Actu.fr. Ce projet s’inscrit dans un plan national visant à créer dix nouveaux centres, portant la capacité totale à 3 000 places.

L’opposition locale s’est structurée dès octobre 2025 autour d’un collectif Anti-CRA dijonnais, qui organise réunions et manifestations. La mobilisation du 18 avril représentait le double de celle d’avril 2025, où 200 personnes avaient symboliquement brûlé une réplique en carton du bâtiment. En mars 2026, des locaux d’entreprises liées au chantier avaient déjà été tagués à Nantes, selon Dijoncter.info - un précédent qui prenait, en creux, un relief particulier après les événements dijonnais.

Ces actions posent une question distincte de celle du CRA lui-même : celle des limites légales de l’activisme lorsqu’il cible des individus privés. La divulgation d’informations personnelles - noms, adresses, photos - tombe sous le coup de la législation sur la protection des données et peut constituer une infraction pénale.

Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Basé à Dijon, traite la viticulture bourguignonne, les tensions sur les classements UNESCO, l'université et les restructurations hospitalières. Diplômé du CFJ, il a fait ses classes en agence avant de s'ancrer en Côte-d'Or. Conviction éditoriale : vérifier les chiffres des ventes aux enchères, interroger vignerons et négociants, ne jamais se contenter des communiqués des syndicats viticoles.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie