Affaire Lyhanna : un ancien agent témoigne des comportements de Barella dans un lycée d’Auch dès 2019

Un ancien collègue de Jérôme Barella dans un lycée aucitain décrit des attitudes qualifiées de prédatrices envers des élèves, avec vérifications documentaires à l'appui.

Affaire Lyhanna : un ancien agent témoigne des comportements de Barella dans un lycée d'Auch dès 2019
Illustration Hélène Dubos / info.fr

Le journaliste Jules Laurans (100% Frontières) publie ce 8 juin 2026 le témoignage anonyme d'un ancien agent ayant travaillé avec Jérôme Barella dans un lycée d'Auch dès 2019. Le témoin décrit des comportements inappropriés envers les lycéennes et affirme avoir alerté sa hiérarchie sans effet. Des vérifications documentaires ont été effectuées par l'équipe.

L’essentiel

  • Témoignage publié le 8 juin 2026 : un ancien agent de lycée à Auch, ayant côtoyé Barella dès 2019, décrit des comportements qu’il qualifie de prédateurs envers des élèves (compliments, proximité, propos sur sa vie intime devant les jeunes filles).
  • Licenciement en février 2021 : Barella a été renvoyé après une procédure disciplinaire pour comportement inapproprié envers une lycéenne, selon la Région Occitanie.
  • Trois procédures antérieures : la procureure d’Auch Clémence Meyer a évoqué le 3 juin 2026 des signalements ou plaintes datant de 2017, 2022 et 2025, dont deux classées sans suite.
  • Casier vierge : malgré ces précédents, Jérôme Barella ne présentait aucune condamnation judiciaire au moment des faits reprochés.
  • Alerte hiérarchique ignorée : le témoin affirme avoir signalé oralement les comportements de Barella à sa direction, sans suite connue.

Ce que dit le témoin

Le témoignage a été recueilli et publié le 8 juin 2026 par Jules Laurans, journaliste pour 100% Frontières (Frontières Média). La personne interrogée, dont l’identité n’est pas divulguée, affirme avoir travaillé aux côtés de Jérôme Barella dans un lycée d’Auch à partir de 2019. Elle décrit un homme qui multipliait les compliments adressés aux lycéennes, cherchait à se rapprocher physiquement d’elles et tenait devant elles des propos sur sa vie intime, notamment - selon le témoignage - des remarques du type : « Ma femme est enceinte, je n’ai plus de relations sexuelles. »

L’ancien agent qualifie lui-même ces attitudes de comportements « de prédateur ». Il affirme avoir alerté sa hiérarchie de façon orale. Selon lui, cette alerte n’a pas été suivie d’effet.

L’équipe de 100% Frontières précise avoir réalisé des vérifications documentaires - attestations d’emploi et prise de contact avec l’établissement - pour authentifier le témoignage avant publication. Le nom du lycée concerné n’a pas été communiqué publiquement à ce stade.

Un licenciement en 2021, une alerte tardive à la gendarmerie

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Jérôme Barella a travaillé comme agent d’entretien dans des lycées du Gers, dont celui de Lectoure, entre 2018 et février 2021. C’est à cette date qu’il a été licencié à l’issue d’une procédure disciplinaire, pour « comportement inapproprié envers une lycéenne » - messages envoyés, relation jugée inappropriée. La Région Occitanie a confirmé ces éléments.

Selon Franceinfo, un responsable de lycée dans le Gers a contacté spontanément la gendarmerie les 31 mai ou 1er juin 2026 - quelques heures après la diffusion de l’avis de recherche de Lyhanna - pour signaler sa connaissance de Barella et rappeler la procédure de licenciement de 2021. Ce contact spontané illustre le décalage entre ce que savaient certains acteurs locaux et ce qui avait été transmis à la justice.

Cette affaire soulève des questions sur la protection des mineurs dans les établissements scolaires. Une condamnation pour agression sexuelle sur mineures impliquant un professionnel en contact avec des jeunes avait déjà mis en lumière, dans un autre département, les failles des procédures de signalement interne.

Trois procédures antérieures, un casier vierge

Lors d’une conférence de presse tenue le 3 juin 2026, la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a détaillé au moins trois procédures antérieures visant Barella pour des faits sexuels sur mineures.

La première remonte à décembre 2017 : un renseignement judiciaire avait été établi par la gendarmerie après le signalement d’une mère dont la fille de 17 ans entretenait une relation avec Barella, alors âgé de 32 ans. L’affaire avait été classée sans suite, la relation étant qualifiée de « consentie » au regard de l’âge légal. Deux autres procédures, datant de 2022 et 2025 (plaintes pour viols sur mineures), ont également été classées, selon la procureure.

Résultat : malgré ces signalements successifs, Jérôme Barella présentait un casier judiciaire vierge au moment de la disparition de Lyhanna, le 29 mai 2026 à Fleurance. C’est ce que confirment Le Dauphiné Libéré et plusieurs médias nationaux.

Le frère mis en garde à vue le même jour

Ce 8 juin 2026, le frère de Jérôme Barella a été placé en garde à vue à Auch. Selon Jules Laurans (100% Frontières) et Franceinfo, il est soupçonné de viols sur mineur de plus de 15 ans, viols par conjoint, séquestration et menaces de mort, pour des faits qui se seraient déroulés entre 2007 et 2017. Ce placement intervient dans un contexte judiciaire déjà dense autour de la famille Barella.

Contexte dans le Gers

Fleurance est une commune d’environ 7 000 habitants, chef-lieu de canton du Gers (32). La disparition de Lyhanna, collégienne de 11 ans, le 29 mai 2026, a provoqué une mobilisation immédiate dans le département et une couverture nationale intense. Jérôme Barella, 41 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Son implication présumée dans la mort de la jeune fille fait l’objet d’une instruction en cours.

Le Gers est un département rural de 193 000 habitants environ, où les lycées publics relèvent de la Région Occitanie. La question du suivi des personnels en contact avec des mineurs - et des procédures de signalement entre établissements scolaires et autorités judiciaires - est désormais au cœur du débat local et national suscité par cette affaire.

Plusieurs élus et associations de protection de l’enfance ont réclamé, depuis le 3 juin, une révision des circuits de transmission des signalements. Aucune mesure formelle n’a été annoncée à ce stade par les autorités régionales ou nationales.

Une procédure disciplinaire qui n’a pas déclenché de signalement judiciaire

Le point central que soulève ce témoignage - comme celui des procédures détaillées par la procureure Meyer - est l’absence de lien entre les alertes internes (licenciement disciplinaire de 2021, signalements oraux) et la transmission vers la justice pénale. Selon Sud Ouest, Barella avait également été scolarisé au lycée professionnel Pardailhan à Auch, établissement qu’il a fréquenté à la fin des années 1990 ou au début des années 2000.

La question de savoir si le licenciement de 2021 aurait dû faire l’objet d’un signalement au procureur - en application de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui oblige tout fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou délit à en informer le parquet - n’a pas été tranchée publiquement par les autorités à ce jour.

Les réponses de l’établissement concerné par le témoignage de 2019, ainsi que d’éventuelles suites judiciaires liées aux nouvelles déclarations recueillies par 100% Frontières, n’ont pas été communiquées au moment de la publication de cet article.

La suite de l’instruction

L’instruction judiciaire se poursuit au tribunal d’Auch. Jérôme Barella reste mis en examen pour enlèvement et séquestration. La question d’une mise en examen pour meurtre reste ouverte selon les éléments disponibles à ce stade. La garde à vue du frère, déclenchée le 8 juin, ouvre un volet distinct de l’enquête.

Les auditions liées aux signalements antérieurs - dont celui du responsable de lycée ayant contacté la gendarmerie fin mai - devraient alimenter la réflexion des magistrats sur l’ensemble du parcours de Barella depuis 2017.

Sources

Hélène Dubos

Hélène Dubos

Hélène est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gers (32), avec Auch pour chef-lieu. Spécialité du département : festival Jazz in Marciac et AOC armagnac. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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