Agen : FO Justice alerte sur 60 matelas au sol chaque nuit à la maison d’arrêt
Le syndicat dénonce une situation « indigne et dangereuse » et réclame un stop écrou immédiat à la maison d'arrêt d'Agen
FO Justice (section Lot-et-Garonne) a publié un communiqué le 21 mai 2026 pour dénoncer la surpopulation à la maison d'arrêt d'Agen. Plus de 60 détenus dorment chaque nuit sur des matelas au sol. Le syndicat estime que la sécurité des agents n'est plus garantie.
FO Justice (section Lot-et-Garonne) a publié un communiqué le 21 mai 2026 pour dénoncer la surpopulation à la maison d’arrêt d’Agen. Plus de 60 détenus dorment chaque nuit sur des matelas au sol. Le syndicat estime que la sécurité des agents n’est plus garantie.
L’essentiel
- 60 matelas au sol : plus de 60 détenus dorment chaque nuit à même le sol à la maison d’arrêt d’Agen, selon FO Justice (communiqué du 21 mai 2026).
- Capacité théorique : 146 places environ (dont ~118 au quartier hommes) pour un établissement ouvert en 1860, rue Montaigne à Agen.
- Taux en 2021 : le CGLPL avait relevé un taux d’occupation structurel de ~127 % au quartier hommes lors de sa visite de juillet 2021, avec jusqu’à 14 matelas au sol à l’époque.
- Contexte national : au 1er avril 2026, les prisons françaises comptaient 88 145 détenus pour ~63 500 places opérationnelles, soit un record national, selon Le Monde.
- Demande syndicale : FO Justice réclame un « stop écrou immédiat » et des transferts rapides pour les détenus condamnés.
« Ça suffit » : le cri d’alarme du syndicat
Le 21 mai 2026, FO Justice a publié un communiqué qualifiant la situation à la maison d’arrêt d’Agen d’« ingérable », « indigne et dangereuse ». Le syndicat décrit une « surcharge permanente », des violences et des tensions en hausse, ainsi qu’une « fatigue extrême » des agents. Selon FO Justice, repris par La Dépêche du Midi et Le Petit Bleu, « la sécurité n’est plus garantie pour les agents en détention ».
Le syndicat pointe également la présence de détenus souffrant de troubles psychiatriques qui « n’ont rien à faire dans l’établissement » et devraient être orientés vers des UHSA (unités hospitalières spécialement aménagées). FO Justice salue par ailleurs « le professionnalisme et le sens du devoir » des personnels, tout en réclamant des mesures immédiates.
Un établissement centenaire sous pression chronique
La maison d’arrêt d’Agen, ouverte en 1860, est implantée en centre-ville au 44 rue Montaigne. Sa capacité théorique est d’environ 146 places : quelque 118 au quartier hommes, 17 au quartier femmes, et 6 à 10 en semi-liberté, selon les données du ministère de la Justice et de Wikipédia. Elle dépend de la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) de Bordeaux.
La surpopulation n’est pas nouvelle. En janvier 2020, Le Petit Bleu recensait déjà 196 détenus pour 142 places. En mai 2025, selon La Dépêche, le taux d’occupation atteignait 126,71 %. La situation décrite le 21 mai 2026 - plus de 60 matelas au sol - représente un niveau nettement supérieur aux alertes précédentes.
Trois visites du CGLPL, des recommandations peu suivies
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a visité l’établissement à trois reprises : en 2011, en 2017 et du 5 au 8 juillet 2021. Lors de cette dernière visite, le rapport du CGLPL relevait une capacité théorique de 145 places, 176 lits installés, un taux d’occupation structurel d’environ 127 % au quartier hommes et jusqu’à 14 matelas au sol de façon conjoncturelle. Les contrôleurs pointaient déjà des cellules-dortoirs d’environ 20 m² occupées par six détenus, un sous-effectif persistant et la vétusté des locaux. Plusieurs recommandations formulées à l’issue des trois visites n’auraient pas été pleinement suivies d’effets, selon le rapport de 2024 publié par le CGLPL.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
La maison d’arrêt d’Agen est le seul établissement pénitentiaire du département du Lot-et-Garonne. Elle accueille prévenues et condamnés à de courtes peines relevant du tribunal judiciaire et de la cour d’appel d’Agen. La surpopulation carcérale y est documentée de façon continue depuis au moins 2011, ce qui fait de cet établissement un cas représentatif des maisons d’arrêt de taille moyenne en zone semi-rurale, soumises aux flux judiciaires locaux sans capacités d’extension faciles du fait de leur implantation en centre-ville.
Au niveau national, la pression est record : au 1er avril 2026, les prisons françaises accueillaient 88 145 détenus pour environ 63 500 places opérationnelles, soit un taux de surpopulation d’environ 139 %, selon Le Monde. Ce contexte pèse mécaniquement sur des établissements comme celui d’Agen, qui ne disposent d’aucune marge capacitaire.
Les demandes de FO Justice
Le syndicat formule deux exigences principales : un « stop écrou immédiat » - c’est-à-dire la suspension des nouvelles incarcérations à la maison d’arrêt d’Agen - et des transferts rapides pour les détenus condamnés vers d’autres établissements. FO Justice ne précise pas, dans son communiqué, si des démarches formelles ont été engagées auprès de la DISP de Bordeaux ou du ministère de la Justice. La direction de la maison d’arrêt n’a pas communiqué publiquement à ce stade.
La couverture de cette alerte locale par deux médias régionaux de référence, La Dépêche du Midi et Le Petit Bleu, dès le 21-22 mai, traduit l’écho que rencontre la dénonciation syndicale dans le département. FO Justice indique rester mobilisé auprès du ministère.
Sources
- La Dépêche du Midi : Maison d'arrêt d'Agen : FO Justice dénonce une prison "au bord de la rupture" avec plus de 60 matelas au sol chaque nuit
- Le Petit Bleu d'Agen : Maison d'arrêt d'Agen : FO Justice dénonce une prison "au bord de la rupture" avec plus de 60 matelas au sol chaque nuit
- Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) : Rapport de la troisième visite de la maison d'arrêt d'Agen (Lot-et-Garonne)
- Le Monde : Surpopulation carcérale : au 1er avril, les prisons françaises abritaient 88 145 détenus, un nouveau record