Engrais trop chers : des agricultrices du Comminges alertent sur leurs cultures de printemps

À Saint-Gaudens et dans tout le département, la flambée des coûts des intrants menace directement les semis de maïs et les exploitations céréalières.

Engrais trop chers : des agricultrices du Comminges alertent sur leurs cultures de printemps
Illustration Baptiste Castel / info.fr

La tonne d'engrais azotés a bondi de 39 % en moins de deux ans en Haute-Garonne. Des agricultrices du Comminges tirent la sonnette d'alarme. Deux journées de mobilisation ont eu lieu le 14 avril 2026, entre Toulouse et Saint-Gaudens.

La facture d’intrants ne passe plus. À l’approche des semis de printemps, les exploitantes du secteur de Saint-Gaudens font les comptes : la tonne d’engrais azotés s’établissait à 367 euros en mai 2024. Elle atteint aujourd’hui 510 euros, soit une hausse de 39 %, selon les données de France 3 Régions. Pour les céréaliers du Comminges, la marge d’absorption est nulle.

Deux fronts ouverts le 14 avril

Le 14 avril 2026, la mobilisation a pris deux formes simultanées en Haute-Garonne. La Coordination Rurale (CR) des départements 31 et 09 a bloqué le dépôt de carburant de Lespinasse, au nord de Toulouse, avec une soixantaine d’agriculteurs et huit tracteurs, selon La Dépêche. Objectif : obtenir le GNR à 1 €/litre.

Dans le même temps, les Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne manifestaient devant la Cité administrative de Toulouse, réclamant une année blanche de cotisations MSA, selon France Bleu. La pression des charges, carburant et engrais réunis, rend la situation intenable pour nombre d’exploitations, notamment celles dirigées par des femmes, souvent moins capitalisées.

Des livraisons en chute, des achats impossibles

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La réduction d’usage commence à se voir dans les chiffres. Les livraisons d’engrais azotés sur la campagne 2025-2026 ont reculé de 11,4 % sur les quatre premiers mois, par rapport à la campagne précédente, selon La France Agricole. Ce recul n’est pas un choix agronomique : c’est une contrainte économique. Et pour la récolte 2027, les prix cotent déjà entre 550 et 600 euros la tonne, un niveau jugé non rentable au regard des cours actuels du blé, selon La Coopération Agricole citée par le même média.

Au niveau national, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a fixé ses conditions lors du congrès de Caen fin mars : « Il nous faut une remise de 30 centimes du litre de GNR en pied de facture, tout de suite », a-t-il déclaré le 1er avril, selon La Nouvelle République, menaçant d’une remobilisation rapide sans réponse du gouvernement.

Un précédent à Saint-Gaudens

Ce n’est pas la première alerte venue du Comminges. En décembre 2025, la Coordination Rurale 31 avait déversé du fumier devant la sous-préfecture de Saint-Gaudens pour dénoncer la même spirale de coûts, selon Actu.fr. L’action avait alors été accompagnée d’un avertissement : « Ça va mal finir ».

Le gouvernement a annoncé le 10 avril 2026 un accompagnement renforcé, incluant des aides d’État ajustées après un assouplissement décidé par la Commission européenne le 13 avril, selon La Dépêche. Les détails concrets de ces mesures n’ont pas encore été communiqués aux exploitants du terrain.

Prochaine étape : la FNSEA a conditionné l’arrêt des mobilisations à des mesures fortes du gouvernement. Sans réponse rapide, une nouvelle action nationale est possible dans les prochaines semaines, selon La Nouvelle République.

Sources

Baptiste Castel

Baptiste Castel

Correspondant à Toulouse, suit l'aéronautique, les tensions sur le logement, les débats sur la ligne à grande vitesse et la politique municipale. Formé au CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer en Haute-Garonne. Conviction : ne jamais dépendre des communiqués d'Airbus, interroger les syndicats, les sous-traitants, les riverains, vérifier les carnets de commandes avant de publier.

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