Agriculture dans l’Yonne : viticulture et coopératives, piliers d’une économie rurale

Le secteur agricole icaunais occupe 72% du territoire et s'appuie sur Chablis, l'élevage et les coopératives céréalières.

Agriculture dans l'Yonne : viticulture et coopératives, piliers d'une économie rurale
Illustration Nathalie Vincent / info.fr

L'agriculture représente une part structurante de l'économie de l'Yonne. Entre vignoble de Chablis, élevage bovin et coopératives céréalières, le département affiche un tissu productif diversifié. Portrait chiffré d'un secteur en mutation.

422 000 hectares, 2 847 exploitations, 72% du territoire couvert : l’agriculture reste l’activité dominante de l’Yonne. Les grandes cultures occupent 60% des surfaces, selon les données publiées sur le site benoitpupier.fr. Mais c’est la viticulture qui concentre l’essentiel de la valeur ajoutée.

Chablis, locomotive viticole du département

Le vignoble icaunais s’étend sur 8 300 hectares en 2026, soit 26,2% des vins de Bourgogne et 38,3% des vins blancs de la région, d’après la Chambre d’agriculture de l’Yonne. Le seul vignoble de Chablis couvrait 5 866 hectares en 2023, faisant de l’Yonne le deuxième département viticole bourguignon en surface, derrière la Saône-et-Loire.

La viticulture ne représente que 15% des surfaces agricoles départementales, mais elle réalise un tiers de la production, selon un document de Rungis International de février 2023. Environ 200 emplois seraient à pourvoir chaque année dans les vignobles de Chablis et du Grand Auxerrois. Le CFA Agricole de l’Yonne, qui renforce son pôle viticulture depuis 2023, organisait des portes ouvertes les 24 janvier, 14 mars et 6 mai 2026, selon le site Terres de l’Yonne.

Cette dynamique contraste avec une histoire marquée par le déclin. Les vignobles icaunais couvraient 38 000 hectares en 1850. Le phylloxéra et les guerres ont réduit cette surface à 550 hectares en 1955. La renaissance n’a débuté qu’après 1960, d’après les données publiées sur benoitpupier.fr.

Coopératives et Lactalis dynamisent l’agroalimentaire

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Côté grandes cultures, le secteur coopératif a profondément évolué. À la fin des années 1980, l’Yonne comptait une quinzaine de coopératives agricoles. Depuis 1990, des fusions ont ramené ce nombre à quatre acteurs dominants, selon la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté. Parmi eux, 110 Bourgogne, né en 1990 du regroupement de neuf coopératives et deux unions dans l’Yonne et la Côte-d’Or, collecte aujourd’hui 902 000 tonnes de céréales via 19 silos embranchés.

L’élevage complète ce tableau. Le département compte 45 000 bovins, avec une tendance aux exploitations mixtes combinant élevage et grandes cultures. La race Prim’Holstein est dominante, d’après les données de l’Observatoire de la Production Agricole de Bourgogne-Franche-Comté. Lactalis figure parmi les piliers de la filière agroalimentaire locale.

Transition écologique : un chantier en cours

En 2026, 409 exploitations de l’Yonne sont certifiées bio et 150 expérimentent l’agroforesterie. Le contexte climatique pèse : le département a enregistré une hausse de +1,5°C depuis 1960, selon les données relayées par benoitpupier.fr. Les pratiques évoluent, mais les chiffres restent modestes à l’échelle des 2 847 exploitations recensées.

Sources

Nathalie Vincent

Nathalie Vincent

Installée à Auxerre, elle couvre la viticulture chablisienne, les tensions sur les classements, l'agriculture et les débats sur les services publics ruraux. Issue de l'IJBA Bordeaux, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les vignerons, les agriculteurs, les élus, croiser les chiffres de production avant de publier.

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