Aime-la-Plagne : un mentorat entre pairs pour mieux s’installer en montagne

Un programme d'accompagnement entre habitants aide les nouveaux arrivants à trouver leurs marques à Aime-la-Plagne.

Aime-la-Plagne : un mentorat entre pairs pour mieux s'installer en montagne
Illustration Aurélie Blanc / info.fr

Vivre en altitude ne s'improvise pas. À Aime-la-Plagne, un dispositif de mentorat par les pairs cherche à faciliter l'intégration des nouveaux venus dans cette commune savoyarde. L'idée : mettre en lien des habitants installés de longue date avec ceux qui débarquent.

Trouver un médecin de montagne, comprendre le fonctionnement des routes en hiver, repérer les associations du coin : les premières semaines à Aime-la-Plagne peuvent dérouter. C’est pour répondre à ces difficultés concrètes qu’un programme de mentorat pair se structure localement, mettant en relation résidents expérimentés et nouveaux arrivants.

Un accompagnement ancré dans le tissu local

Le principe est simple : un habitant volontaire, dit « mentor », guide un nouvel arrivant durant ses premières semaines ou mois. Échanges pratiques, présentations aux commerçants, participation à la vie associative. Ce type de dispositif s’appuie sur un programme national évalué en décembre 2025, qui articule cinq phases dont la formation des mentors et le matching avec les arrivants, selon une étude recensée sur la plateforme Policy Commons.

À l’échelle départementale, l’initiative s’inscrit dans un contexte actif. La cinquième édition de la Semaine départementale de l’intégration des étrangers primo-arrivants en Savoie s’est tenue du 6 au 10 octobre 2025, selon la préfecture de Savoie. En 2021, 1 665 migrants avaient signé un Contrat d’intégration républicaine en Pays de Savoie, d’après le groupe Ecomedia. L’Association pour le Droit et le Devoir des Citoyens et des Anciens Étrangers en Savoie (ADDCAES) coordonne pour sa part des initiatives similaires depuis 2024.

Des précédents encourageants en Savoie

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La démarche n’est pas sans précédent dans le département. En 2017, l’ouverture d’un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile à Chignin avait conduit des riverains à s’organiser spontanément pour accompagner les résidents. Huit ans après, cet exemple est souvent cité comme un modèle de vivre-ensemble réussi, comme le documente une vidéo d’un média local disponible sur YouTube.

À Aime-la-Plagne, le contexte politique local pourrait favoriser ce type de projet. Le mouvement Montagne d’avenir 2026 a recueilli 961 contributions citoyennes pour construire un programme local, et la liste J’Aime la Plagne 2026, menée par Jean-Sylvain Costerg, affiche un focus sur la participation de tous les habitants. L’un et l’autre mentionnent des dimensions d’intégration communautaire, sans que les détails programmatiques n’aient été précisés à ce stade.

La station met également en avant depuis les années 1960 la démarche La Plagne, une montagne à transmettre, qui promeut l’accès aux loisirs de montagne pour tous les publics, selon le site officiel de La Plagne. Un cadre de valeurs dans lequel le mentorat trouve une cohérence.

Prochaine étape

Le Mois du mentorat 2026, animé notamment par la journaliste Yasmina Benbekaï sous l’angle du retissage des liens et de l’engagement citoyen, pourrait offrir une vitrine à ces initiatives locales. Les modalités concrètes du programme à Aime-la-Plagne - porteur officiel, financement, nombre de binômes ciblés - n’ont pas encore été communiquées.

Sources

Aurélie Blanc

Aurélie Blanc

Correspondante à Chambéry, elle suit les stations de ski, les tensions sur l'eau, l'industrie et les débats sur la ligne Lyon-Turin. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode : interroger les élus, les syndicalistes, les associations environnementales, croiser les rapports d'étude avant de conclure.

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