Ain : l’héritière Schlumberger attaque sa chamane en justice à Bourg-en-Bresse
Margaux Primat, 37 ans, accuse une énergéticienne de Divonne-les-Bains d'escroquerie, chantage et extorsion sur sept ans.
Une héritière de l'empire parapétrolier Schlumberger a délivré une citation à comparaître le 22 avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. En face d'elle : Sarah M., résidant à Divonne-les-Bains, accusée de l'avoir soutiré plusieurs centaines de milliers d'euros via des pratiques ésotériques. L'audience est fixée au 5 mai 2027.
Margaux Primat, 37 ans, est l’arrière-petite-fille de Marcel Schlumberger, cofondateur en 1926 de l’empire parapétrolier français rebaptisé SLB. Sa famille gère une fortune estimée entre 4 et 5 milliards d’euros via des family offices à Genève, selon le magazine suisse Bilan. C’est dans cette ville qu’elle rencontre Sarah M. en 2018, alors qu’elle traverse une dépression liée au deuil de son père Didier Primat et à des problèmes de santé.
Des séances à 300 euros jusqu’au chantage au million
Sarah M., énergéticienne résidant à Divonne-les-Bains (Ain), proposait des séances hebdomadaires facturées 300 euros, incluant des rituels comme le « nettoyage par le plomb » censé chasser les énergies négatives, selon Le Progrès. Sur sept ans, Margaux Primat lui aurait versé plusieurs centaines de milliers d’euros au total.
Les accusations vont bien au-delà des simples séances. Selon Le Parisien, Sarah M. aurait réclamé 7 000 euros pour financer un voyage à Fatima, 1 % de la valeur d’une propriété à Monaco, et jusqu’à 1 million d’euros pour ne pas divulguer des secrets familiaux. Des exigences qualifiées de chantage et d’extorsion de fonds dans la plainte.
Margaux Primat, désormais installée en Californie, réclame 100 000 euros de dommages et intérêts. Elle affirme, selon Nice-Matin qui avait révélé l’affaire en décembre 2025 sous anonymat, que les agissements de Sarah M. l’ont rendue paranoïaque et incapable de se rendre à Monaco. Elle a choisi la voie de la citation directe, sans passer par le parquet.
Une affaire qui arrive devant le correctionnel de Bourg-en-Bresse
Le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse examinera les charges - escroquerie, abus de confiance, chantage, extorsion - lors d’une audience fixée au 5 mai 2027, selon Le Progrès. Sarah M. n’a pas fait connaître publiquement sa version des faits à ce stade.
Ce type d’affaire n’est pas sans précédent dans le département. En 2021, une voyante de Bourg-en-Bresse soupçonnée d’avoir escroqué 10 000 euros à une personne vulnérable avait finalement été relaxée par le tribunal, rappelle Radio Scoop. L’issue du dossier Primat, d’une tout autre ampleur financière, reste donc incertaine. Les affaires d’emprise et d’escroquerie impliquant des victimes en situation de vulnérabilité psychologique posent régulièrement la question de la preuve devant les juridictions pénales.
L’affaire illustre aussi les dérives que peuvent subir des personnes en détresse, ciblées par des praticiens du secteur ésotérique. Des situations qui, comme le montrent d’autres dossiers judiciaires récents, finissent de plus en plus souvent devant les tribunaux correctionnels.
Prochaine étape
L’audience contradictoire est programmée le 5 mai 2027 au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. La position de la défense de Sarah M. n’a pas été communiquée à ce stade.
Sources
- Le Progrès : La riche héritière poursuit sa « chamane » à Bourg-en-Bresse
- Le Parisien : Magie noire, chantage et remèdes miracles... Une jeune héritière poursuit sa « chaman » au tribunal
- Nice-Matin : Une riche héritière accuse une voyante de manipulation, d'escroquerie et de diffamation
- Radio Scoop : Ain : une voyante, soupçonnée d'escroquerie, finalement relaxée