Aisne : à la ferme de Moyembrie, 20 détenus se réinsèrent par le travail agricole

Depuis 1990, cette structure de Coucy-le-Château accueille des détenus en fin de peine avec un taux de non-récidive de 90 %.

Aisne : à la ferme de Moyembrie, 20 détenus se réinsèrent par le travail agricole
Illustration Camille Lefebvre / info.fr

À Coucy-le-Château, dans l'Aisne, la ferme de Moyembrie accueille une vingtaine de détenus issus de la prison de Laon. Le programme, géré par Emmaüs, combine travail agricole et préparation à la sortie. Il affiche un taux de non-récidive de 90 %.

Chaque matin, une vingtaine de détenus en fin de peine quittent leur chambre pour aller travailler dans les champs. La ferme de Moyembrie, à Coucy-le-Château, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Laon, propose ce cadre depuis 1990. Créée par Jacques et Geneviève Pluvinage, un couple d’ingénieurs agronomes à la retraite, sur 24 hectares, la structure est aujourd’hui gérée par une association membre du Mouvement Emmaüs, selon le site d’Emmaüs International.

Un rythme entre champs et accompagnement

Les résidents - des hommes en placement extérieur aménagement de peine - travaillent 20 heures par semaine : maraîchage, élevage de chèvres. Le contrat d’insertion est rémunéré environ 680 euros brut, dont 280 euros reversés pour le logement et la nourriture, selon L’Ardennais. Les après-midi sont consacrées à la préparation de la sortie : recherche d’emploi, de logement, démarches administratives. La durée du séjour varie de 6 mois à 2 ans, d’après BFMTV.

La présidente de la structure a déclaré en avril 2026 à BFMTV : « 90 % de non-récidive, c’est le résultat de ce sas entre prison et société qui permet de reconstruire une vie. » Ce chiffre contraste avec le taux national de récidive, évalué à près de 66 % au bout de six ans pour les sortants de prison, selon la même source.

Un modèle pionnier, un projet d’extension

Publicité

La ferme de Moyembrie se présente comme la première structure en France dédiée à l’aménagement de peine en milieu agricole, selon la Fondation de France, qui la soutient dans le cadre de son programme Prisons. En janvier 2026, dans un département qui fait face à diverses tensions sociales, la structure a annoncé un projet d’extension pour accueillir davantage de résidents, selon L’Aisne Nouvelle.

Le dispositif bénéficie de financements publics et privés. En 2019, la secrétaire d’État Marlène Schiappa avait visité les lieux. Malgré ces résultats, une limite persiste : trouver un emploi après la sortie reste difficile dans l’Aisne, comme le soulignait un département également confronté à des problématiques d’insertion plus larges. L’Aisne Nouvelle rappelait en 2025 que les anciens détenus se heurtent encore au marché local du travail.

En trente-cinq ans, la ferme de Moyembrie a accueilli des centaines de détenus. Le projet d’extension annoncé en janvier 2026 vise à renforcer encore ce bilan.

Prochaine étape : La concrétisation du projet d’extension de la ferme, annoncé en janvier 2026, dont le calendrier précis n’a pas encore été communiqué.

Sources

Camille Lefebvre

Camille Lefebvre

Installée à Laon, elle documente les fermetures d'usines textiles, le redéploiement logistique sur l'axe A26 et les débats sur la santé dans les zones rurales. Formée au CFJ, elle a d'abord travaillé en agence avant de rejoindre la rédaction locale. Sa ligne éditoriale : donner la parole aux acteurs de terrain, ne jamais se contenter des communiqués de préfecture.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie