AJ Dybantsa, premier choix de la Draft NBA 2026, entre dans l’histoire du basket africain
L'ailier de 19 ans, fils d'immigrés congolais et jamaïcains, sélectionné en première position par Washington, incarne l'espoir d'une reconstruction.
Le 23 juin 2026, AJ Dybantsa a été choisi en première position de la Draft NBA par les Washington Wizards. Portant les drapeaux de ses origines, il devient un symbole pour le basket africain. Avec 25,5 points de moyenne à BYU, le prodige de 2,06 m arrive dans la capitale américaine avec un contrat de 69 millions de dollars.
L’essentiel
- Fait 1 : AJ Dybantsa, 19 ans, sélectionné en 1re position de la Draft NBA 2026 par les Washington Wizards le 23 juin 2026.
- Fait 2 : Il a porté des épinglettes des drapeaux de la République du Congo et de la Jamaïque en hommage à ses origines.
- Fait 3 : Il a dominé la NCAA avec 25,5 points par match à BYU.
- Fait 4 : Son contrat rookie est estimé à 69 millions de dollars sur quatre ans.
- Fait 5 : L’ambassade des États-Unis en RDC a officiellement félicité le joueur.
La nuit du 23 juin 2026 restera gravée dans l’histoire du basket. Au Barclays Center de Brooklyn, AJ Dybantsa, ailier de 19 ans mesurant 2,06 m, a entendu son nom prononcé en premier par le commissaire Adam Silver. Les Washington Wizards, en pleine reconstruction, ont jeté leur dévolu sur le jeune prodige issu de l’université Brigham Young (BYU). Une sélection qui marque non seulement le début d’une nouvelle ère pour la franchise de la capitale, mais aussi un jalon pour le basket africain.
Ce qui s’est passé
Les Wizards, qui avaient décroché la première pick lors de la loterie de mai, n’ont pas hésité. Will Dawkins, le directeur général de Washington, a salué un « joueur spécial » capable de devenir la pierre angulaire du projet sportif. Dybantsa est le premier prospect issu de BYU à être choisi en tête de draft. L’université mormone n’avait jamais connu pareil honneur. Son arrivée est attendue avec impatience par des supporters qui espèrent voir leur équipe sortir de l’ornière : la saison dernière, les Wizards ont terminé avec le pire bilan de la ligue (victoires ?), mais les résultats d’avril montraient des signes de lutte.
Une saison universitaire de feu
Avant de rejoindre la NBA, Dybantsa a écrasé le championnat universitaire. Lors de son unique saison avec les Cougars, il a mené la NCAA au scoring avec 25,5 points par match, ajoutant 6,8 rebonds et 3,7 passes décisives. Des statistiques qui rappellent les grandes années de Kevin Durant ou de Zion Williamson à cet âge. « C’est un compétiteur dans l’âme, un leader naturel », a confié son entraîneur à BYU dans les colonnes de la presse américaine. Sa capacité à jouer sur les trois postes extérieurs en fait un atout polyvalent pour le système du coach Brian Keefe. À noter que le second choix de la draft, Darryn Peterson (Kansas), a rejoint le Utah Jazz, tandis que Cameron Boozer (Duke) a été sélectionné au 3e rang par les Memphis Grizzlies.
Hommage aux origines
Ce qui a frappé les observateurs, c’est la fierté affichée par le jeune homme. Sur le plateau de la draft, AJ Dybantsa portait des épinglettes représentant les drapeaux de la République du Congo et de la Jamaïque. Son père, Anicet « Ace » Dybantsa Sr., est né en République du Congo et a émigré aux États-Unis. Il a été policier universitaire à Boston avant de gérer la carrière de son fils. Sa mère est jamaïcaine. « Ces drapeaux, c’est pour mes parents, pour tous ceux qui ont cru en moi », a-t-il déclaré, ému. Cette double appartenance a immédiatement suscité des réactions en Afrique et dans la diaspora. L’ambassade des États-Unis en République démocratique du Congo a publié un message de félicitations sur X, saluant « un moment historique pour le basket congolais ». Le joueur a également créé sa propre fondation caritative pour soutenir des causes locales au Massachusetts, en Jamaïque et en Afrique, un engagement qui rappelle d’autres figures du basket. Ce succès évoque aussi l’émergence de talents africains, à l’image d’Oscar Wembanyama, le petit frère de Victor, qui a signé son premier contrat pro à Denain.
Contexte en République démocratique du Congo
La sélection d’AJ Dybantsa résonne particulièrement en République démocratique du Congo, pays d’origine de son père. Bien que le joueur soit né et ait grandi dans le Massachusetts, il revendique fièrement ses racines congolaises. La RDC a déjà vu éclore des talents NBA par le passé - comme Dikembe Mutombo, légende des Hawks, ou Serge Ibaka - mais aucun n’avait été choisi en première position. Cette draft offre une vitrine inédite pour le basket congolais, souvent éclipsé par les géants africains que sont le Nigeria ou le Sénégal. L’ambassade américaine à Kinshasa a rapidement réagi : « Félicitations à AJ Dybantsa, sélectionné en 1er choix de la Draft NBA 2026 par les Wizards. Une fierté pour la RDC et pour toute l’Afrique. » Le joueur prévoit d’organiser des camps de basket dans le pays dans le cadre de sa fondation, renforçant ainsi les liens entre les États-Unis et le continent.
Une reconstruction à Washington
Pour les Wizards, l’arrivée de Dybantsa s’inscrit dans une stratégie de reconstruction menée par Will Dawkins. La franchise avait engrangé des défaites ces dernières saisons : en avril, ils ont perdu contre Miami (152-136), Chicago (129-98) et Cleveland (130-117). Le jeune ailier devra s’imposer rapidement pour inverser la tendance. Son contrat rookie est estimé à 69 millions de dollars sur quatre ans, selon les spécialistes financiers. Il portera le numéro 4, symbole de son rang. Dans une NBA où les stars bougent souvent, Washington espère que Dybantsa restera fidèle et construira un héritage. Alors que des vétérans comme Jaylen Brown reste aux Celtics mais suscite des rumeurs de trade, et que Al Horford a rempilé pour deux ans aux Warriors, la draft 2026 marque un tournant générationnel. AJ Dybantsa incarne désormais les espoirs d’une franchise, d’un pays et d’un continent. Reste à voir si le rookie saura répondre aux attentes élevées.