Ajaccio : feu vert pour le projet de stockage d’énergie par pompage de 12 MW
La Commission de régulation de l'énergie valide la micro-STEP de Saint-Antoine, première nouvelle installation hydraulique de ce type en France depuis quarante ans.
La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a officiellement validé le 26 mai 2026 le projet de micro-STEP hydraulique à Ajaccio. Développé par Enerlisa (Next Step Energy et la Ville d'Ajaccio), ce site de 12 MW doit entrer en service à l'horizon 2029.
L’essentiel
- 12 MW : la puissance de stockage et de restitution de la future micro-STEP de Saint-Antoine à Ajaccio.
- 26 mai 2026 : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) délibère favorablement sur l’intégration et la compensation du projet.
- 9,75 % : le taux de rémunération nominal garanti par l’État sur les capitaux investis, fixé par un arrêté ministériel du 7 mai 2026.
- 2029 : la mise en service opérationnelle de l’installation est prévue à cet horizon.
Le feu vert de la CRE
Le projet de micro-STEP (station de transfert d’énergie par pompage) du vallon de Saint-Antoine, à Ajaccio, franchit une étape décisive. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a délibéré favorablement le 26 mai 2026, avec une publication de la décision le 5 juin. Cette validation officielle permet d’engager les procédures administratives et financières nécessaires à la réalisation de l’ouvrage.
Selon la CRE, ce projet s’inscrit dans un plan plus large de cinq installations de stockage retenues en Corse pour stabiliser le réseau électrique insulaire. L’île, fortement dépendante des énergies fossiles pour sa production d’électricité, doit renforcer sa capacité à intégrer les énergies renouvelables.
Un projet porté par Enerlisa
La micro-STEP est co-développée par Enerlisa, une coentreprise associant la Ville d’Ajaccio, via sa foncière communale, et Next Step Energy, filiale du groupe Tenergie associée à Envinergy. Le site d’implantation se situe sur le domaine foncier privé de la commune, dans le vallon de Saint-Antoine, en amont de la ville.
L’infrastructure disposera d’une puissance de 12 MW, avec une capacité de stockage et de restitution électrique. Le principe est simple : l’eau est pompée d’un bassin inférieur vers un bassin supérieur lors des excédents de production, puis turbinée pour restituer l’électricité en période de pointe. Ce système, éprouvé, constitue la première nouvelle STEP autorisée en France depuis plus de quarante ans, selon le Journal des Énergies Renouvelables.
Un financement public garanti
L’État a accordé un mécanisme de soutien public par un arrêté ministériel daté du 7 mai 2026 (publié au Journal officiel). Le texte fixe un taux de rémunération nominal de 9,75 % sur les capitaux investis. Ce dispositif, comparable à celui des appels d’offres pour les énergies renouvelables, vise à sécuriser le porteur de projet face aux risques de long terme.
Le montant total de l’investissement n’a pas été communiqué officiellement. Toutefois, les coûts d’une micro-STEP de cette puissance sont estimés entre 15 et 25 millions d’euros, selon les références du secteur.
Contexte dans la Corse-du-Sud
La Corse-du-Sud (2A) compte 168 306 habitants au 1er janvier 2023. Le réseau électrique insulaire est géré par EDF en tant que « zone non interconnectée », avec une forte dépendance aux centrales thermiques (fioul et gaz). Le développement du stockage est une priorité régionale pour atteindre l’autonomie énergétique à l’horizon 2030, comme le prévoit le schéma régional de l’énergie.
Plusieurs projets éoliens et photovoltaïques sont en cours, mais leur intermittence impose des solutions de stockage. La micro-STEP de Saint-Antoine est le premier ouvrage de cette envergure validé en Corse-du-Sud. Elle s’ajoutera aux cinq sites déjà identifiés par la CRE sur l’ensemble de l’île.
Le calendrier prévoit les études détaillées et les procédures d’autorisation en 2026-2027, le début des travaux en 2028, et la mise en service opérationnelle en 2029. La prochaine échéance est le dépôt du permis de construire, attendu d’ici la fin de l’année 2026.