Albi : le gérant du bar Le Verdusse et sa compagne condamnés pour violences en réunion
Le tribunal correctionnel d’Albi a prononcé des peines de prison avec sursis pour l’agression d’une commerçante, sur fond de conflit de voisinage de longue date.
Le 11 juin 2026, Ahmed Guerziz et sa compagne Isabelle ont été condamnés pour violences en réunion et en état d’ivresse. Ils avaient agressé une commerçante devant sa boutique rue de Verdusse en juillet 2025. Le bar du couple avait déjà été fermé administrativement.
L’essentiel
- 28 juillet 2025 : une commerçante est agressée devant son coffee shop rue de Verdusse à Albi par le gérant du bar voisin et sa compagne, tous deux ivres.
- 11 juin 2026 : le tribunal correctionnel d’Albi condamne Ahmed Guerziz à 18 mois de prison avec sursis probatoire et Isabelle à 12 mois de prison avec sursis probatoire pour violences en réunion.
- Fermeture administrative : le bar Le Verdusse avait été fermé un mois à partir du 9 janvier 2026 par arrêté préfectoral pour troubles à l’ordre public.
- Conséquence : la commerçante a fermé définitivement son établissement en décembre 2025, invoquant l’impact psychologique de l’agression et un conflit de voisinage qui durait depuis près de dix ans.
Une agression en état d’ivresse
Les faits remontent au 28 juillet 2025. Ce jour-là, vers la mi-journée, la gérante du Capulus Bagel & Coffee Shop, situé rue de Verdusse à Albi, est violemment agressée devant sa boutique. Ses agresseurs sont le gérant du bar-restaurant voisin Le Verdusse, Ahmed Guerziz, et sa compagne Isabelle, tous deux en état d’ivresse, selon le récit de La Dépêche du Midi. La commerçante subit une perforation du tympan gauche.
Le conflit entre les deux commerces ne date pas de ce jour. Les parties s’accusaient mutuellement de harcèlement depuis environ 2015, sans que la médiation n’ait permis d’apaiser les tensions. L’agression de juillet 2025 a marqué un point de rupture.
Les condamnations prononcées le 11 juin 2026
Le 11 juin 2026, Ahmed Guerziz et sa compagne ont comparu devant le tribunal correctionnel d’Albi. Après avoir nié les faits en garde à vue, ils les ont reconnus à l’audience, rapporte le quotidien régional.
Le tribunal a condamné :
- Ahmed Guerziz à 18 mois de prison avec sursis probatoire ;
- Isabelle à 12 mois de prison avec sursis probatoire avec un stage de citoyenneté.
Les deux prévenus ont également l’interdiction d’entrer en contact avec la victime. La qualification de violences en réunion et en état d’ivresse a été retenue.
Une fermeture administrative dès janvier 2026
Avant même la décision judiciaire, la préfecture du Tarn avait pris des mesures. Par un arrêté du préfet Simon Bertoux, le bar-restaurant Le Verdusse a fait l’objet d’une fermeture administrative d’un mois à compter du 9 janvier 2026, pour « troubles à l’ordre public » liés à l’incident de violences de juillet 2025 impliquant le personnel et la consommation d’alcool.
Cette décision, consultable sur le site de la préfecture, a temporairement suspendu l’activité de l’établissement. Le bar a depuis rouvert, mais le climat de voisinage reste dégradé.
Contexte dans le Tarn
Albi, préfecture du Tarn (81), compte environ 50 000 habitants. Les conflits de voisinage entre commerçants sont rares à atteindre le stade judiciaire avec des condamnations pénales. Cette affaire a marqué le centre-ville albigeois, où la rue de Verdusse est une artère commerçante fréquentée. Le tribunal correctionnel d’Albi traite chaque année plusieurs dizaines d’affaires de violences, mais les violences en réunion commises par des professionnels au cœur d’un quartier commerçant restent exceptionnelles.
À titre de comparaison, le préfet du Tarn a également coordonné d’autres actions de maintien de l’ordre, et le rôle de coordinateur de crise a été rappelé dans le département voisin de Tarn-et-Garonne.
Une commerçante contrainte de baisser le rideau
L’impact de l’agression a été lourd pour la victime. En décembre 2025, soit cinq mois après les faits, elle a fermé définitivement son coffee shop après douze ans d’activité. Dans un témoignage recueilli par La Dépêche du Midi, elle explique avoir « tout perdu » à cause du conflit de voisinage et de l’agression. Elle a souhaité tourner la page, sans perspective de réouverture. Son commerce est aujourd’hui vide.
L’affaire judiciaire est close, mais ses conséquences économiques et psychologiques persistent. Aucun appel n’a été signalé à ce stade.

