Albi : le gouvernement dissout officiellement Patria Albiges par décret
Le groupement identitaire albigeois, créé en 2021, dissous en Conseil des ministres le 3 juin 2026 sur proposition du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Le gouvernement a prononcé le 3 juin 2026 la dissolution de Patria Albiges, groupement de fait identitaire basé à Albi (Tarn). Le décret, publié au Journal officiel, s'appuie sur des années de condamnations pénales de membres pour violences et provocation à la haine.
L’essentiel
- 3 juin 2026 : dissolution de Patria Albiges prononcée en Conseil des ministres, sur proposition du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
- Fondement légal : article L.212-1 du code de la sécurité intérieure (troubles à l’ordre public, haine, discrimination, violence).
- 11 membres condamnés en avril 2026 après une expédition punitive contre un militant antifasciste à Albi en 2025.
- Groupe créé en 2021 après la dissolution de Génération Identitaire, avec une vingtaine de membres actifs selon les sources médias.
- 25 groupes dissous depuis 2017 en France, dont 20 issus de la mouvance ultra-droite, selon le gouvernement.
Un décret acté en Conseil des ministres
C’est officiel depuis le 3 juin 2026. Le gouvernement a dissous Patria Albiges par décret en Conseil des ministres, sur proposition du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le texte est publié au Journal officiel sous la référence JORFTEXT000054189917. La même séance a également acté la dissolution de Front de Rue, un groupement d’ultra-gauche.
Le même jour, le Préfet du Tarn a relayé officiellement l’information sur X et Facebook, citant le fondement légal et les motifs retenus : troubles à l’ordre public, discrimination, haine et violence.
Cinq ans d’activité sous surveillance
Patria Albiges a été fondé à Albi en août-septembre 2021, dans les semaines suivant la dissolution de Génération Identitaire le 3 mars 2021. Le groupe compte une vingtaine de membres, selon les sources médias, dont Clément Cabrolier parmi ses cofondateurs, et Lorenzo Bodino comme porte-parole.
Depuis sa création, plusieurs membres ont été condamnés devant les juridictions pénales. En avril 2023, le tribunal correctionnel d’Albi a condamné Lorenzo Bodino à huit mois de prison avec sursis pour l’agression de deux étudiants antifascistes, selon ICI Occitanie et Le Tarn Libre. En juin 2023, des membres ont placardé à Albi des affiches anti-immigration sur des parcs de la ville - dont l’une portait la mention « PARC FERMÉ - risque élevé de se faire poignarder » - conduisant à des condamnations définitives confirmées en 2026 pour provocation à la haine, selon Actu.fr et la LDH.
En avril 2025, une expédition punitive contre un militant antifasciste à Albi impliquant des membres ou proches du groupe a débouché sur la condamnation de 11 personnes en avril 2026, à des peines de quatre à huit mois avec sursis ou aménageables, selon Mediacités et Le Parisien.
Une procédure engagée depuis février 2026
La dissolution n’est pas une surprise. Le ministère de l’Intérieur avait officiellement engagé la procédure en février 2026, aux côtés du Bloc Montpelliérain. Des élus réclamaient cette dissolution depuis plusieurs années : la député LFI Karen Erodi l’avait demandée dès 2022, selon les médias locaux.
Le décret retient notamment la propagande haineuse, les amalgames entre immigration et criminalité, les appels à la remigration et les violences physiques documentées, selon Legifrance. Ces agissements sont imputés au groupe depuis sa création en 2021.
Le groupe a réagi sur X, revendiquant son bilan depuis cinq ans.
Contexte dans le Tarn
Albi, préfecture du Tarn (environ 50 000 habitants), constitue la ville centre d’un département de 400 000 habitants en Occitanie. La présence d’un groupuscule identitaire structuré dans cette ville de taille moyenne est documentée depuis 2021 et a alimenté des tensions récurrentes avec des mouvements antifascistes locaux, selon les médias régionaux.
La dissolution s’inscrit dans un mouvement national. Depuis 2017, 25 groupes de la mouvance ultra ont été dissous en France, dont 20 d’ultra-droite et 5 d’ultra-gauche, selon le gouvernement cité par le Huffington Post et Sud Ouest. Patria Albiges et Front de Rue portent ce total à 27.
Au niveau local, la ville d’Albi suit cette affaire depuis plusieurs années. Aucune déclaration supplémentaire de la préfecture sur d’éventuelles suites judiciaires ou mesures de maintien de l’ordre n’avait été communiquée dans les 72 heures suivant l’annonce.
Quelles suites concrètes ?
La dissolution d’un groupement de fait interdit toute poursuite d’activité sous quelque forme que ce soit. Toute reconstitution expose ses membres à des poursuites pénales. Les conséquences locales immédiates - saisies, surveillance renforcée, suites judiciaires - n’ont pas été détaillées par la préfecture du Tarn à ce stade.
Un recours devant le Conseil d’État reste possible pour les membres du groupe dans les délais légaux.