Alençon : au conseil du 18 mai, le RN réclame l’arrêt des subventions aux associations militantes

La maire Sophie Douvry réaffirme que la ville « ne financera pas d'événement politique », en réponse aux interpellations du RN et de l'opposition.

Alençon : au conseil du 18 mai, le RN réclame l'arrêt des subventions aux associations militantes
Illustration Céline Leclerc / info.fr

Le conseil municipal d'Alençon du 18 mai 2026 a été le théâtre d'un débat sur les subventions aux associations, non inscrit à l'ordre du jour. Oscar Piloquet (RN) a exigé la fin des financements aux associations jugées militantes. Sophie Douvry, maire depuis mars, a posé une ligne claire pas de financement d'actions politiques.

Le troisième conseil municipal d’Alençon depuis les élections de mars 2026 s’est tenu le 18 mai à l’Hôtel de Ville. Le sujet des subventions aux associations et l’annulation de la Fête d’ici et d’ailleurs n’étaient pas inscrits à l’ordre du jour, selon les documents publiés par la ville. C’est l’opposition - RN, mais aussi l’ancien maire Alain Gallerand et Johnny Lafresnaye - qui a soulevé la question en séance.

L’essentiel

  • Conseil du 18 mai 2026 : débat sur les subventions associatives soulevé hors ordre du jour par le RN et l’opposition.
  • Fête d’ici et d’ailleurs annulée : la 43e édition, prévue le 14 juin, a été annulée par les organisateurs le 13 mai 2026 après une assemblée générale extraordinaire du 12 mai.
  • Quatre associations écartées : France Palestine Solidarité, Mouvement de la Paix, Cimade et Solidarité Durable avec les Réfugiés étaient au cœur du désaccord.
  • 182 010 € : montant des subventions aux associations pérennisées pour 2025 (dernier chiffre public disponible, selon Ouest-France, décembre 2024).
  • Résultat des municipales 2026 : Sophie Douvry (divers droite) élue avec 46,58 % des voix, 27 sièges ; RN (Piloquet) 20,01 %, 3 sièges.

Ce qui s’est passé en séance

Le débat est né directement de l’annulation de la Fête d’ici et d’ailleurs, manifestation culturelle et interculturelle organisée à Alençon. Le 12 mai, une assemblée générale extraordinaire a statué. Le 13 mai, les organisateurs ont diffusé un communiqué annonçant l’annulation de la 43e édition, prévue le 14 juin, dénonçant une « ingérence municipale » dans la sélection des associations participantes, selon actu.fr et Ouest-France.

La ville avait souhaité exclure quatre associations du périmètre de la fête : France Palestine Solidarité (AFPS), Mouvement de la Paix, Cimade et Solidarité Durable avec les Réfugiés. Les organisateurs ont refusé cet écartement et préféré annuler l’événement. La mairie a dit « regretter » cette décision et s’est déclarée disponible pour des échanges afin de « maintenir un cadre culturel et convivial conforme à l’usage des fonds publics », selon actu.fr.

La position du RN : conditionner les subventions

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Oscar Piloquet, conseiller municipal RN, a saisi le conseil pour porter la ligne du groupe. Il a qualifié l’annulation de la FIA de symptôme d’une dérive plus large, imputée selon lui au militantisme de ces quatre associations - cause palestinienne, réduction des budgets militaires, ouverture des frontières. Sur X, il a résumé sa position :

Selon actu.fr, Piloquet a déclaré en séance que « la Ville et nos impôts locaux n’ont pas à financer l’agenda politique de l’extrême gauche ». Il a appelé à conditionner les subventions municipales à des « principes clairs » de neutralité, et dit attendre une décision ferme de la maire.

La réponse de Sophie Douvry : une ligne posée, sans ambiguïté

La maire a répondu directement. Selon actu.fr et Ouest-France, elle a déclaré : « On ne financera pas d’événement politique » et a précisé que « la collectivité n’a pas vocation à financer des actions politiques ». Elle a ajouté que la ville maintiendra cette ligne et sera vigilante sur les événements à caractère trop politique.

Sophie Douvry a aussi indiqué, selon actu.fr, que la mairie est traitée de « nazis » dans ce dossier - formulation qu’elle a rejetée - tout en maintenant sa position. Le ton était ferme, sans annonce de mesure concrète chiffrée ou calendrier précis pour une révision des critères de subventions.

Contexte dans l’Orne

Alençon est la préfecture de l’Orne, premier pôle urbain du département. Les municipales de mars 2026 ont redessiné le paysage politique local : Sophie Douvry (divers droite) a remporté 46,58 % des suffrages et 27 sièges sur 43, selon les résultats publiés par le ministère de l’Intérieur. Le RN, avec Oscar Piloquet en tête, a obtenu 20,01 % et 3 sièges - un groupe minority mais actif, qui s’impose comme principal contradicteur sur la question associative.

Le débat sur les subventions aux associations n’est pas nouveau à Alençon. En décembre 2024, sous la précédente municipalité, les subventions aux associations avaient été pérennisées à 182 010 € pour 2025, selon Ouest-France - un montant qui n’a pas encore été revu publiquement depuis l’élection de Douvry. Aucun nouveau budget 2026 pour les associations n’a été communiqué à ce stade. Par ailleurs, la ville d’Alençon a été récemment touchée par un accident grave sur la RN12, qui avait mobilisé les services de secours ornais.

Un débat qui dépasse la seule Fête d’ici et d’ailleurs

La question posée en séance dépasse le cas de la FIA. Elle touche au principe général du conditionnement des aides publiques aux associations : faut-il une clause de neutralité politique explicite ? Sous quelle forme ? Qui tranche en cas de litige ?

La maire a posé une doctrine - pas d’argent public pour du politique - mais n’a pas détaillé les modalités pratiques. L’opposition RN réclame des actes concrets. Les associations concernées n’ont pas réagi publiquement après le conseil du 18 mai, selon les sources disponibles.

Le prochain conseil municipal d’Alençon est prévu le 22 juin 2026. La question des critères d’attribution des subventions aux associations pourrait y être formellement mise à l’ordre du jour.

Sources

Céline Leclerc

Céline Leclerc

Céline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Orne (61), avec Alençon pour chef-lieu. Spécialité du département : AOP camembert (haut-de-gamme) et dentelle UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Normandie.

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