Alençon : la fermeture du CFA UIMM sur le campus de Damigny jugée « incompréhensible »
Christophe de Balorre et Sophie Douvry ont réagi conjointement le 28 mai 2026 contre la décision de l'UIMM Normandie sud de fermer son antenne alençonnaise à la rentrée.
L'antenne du CFA UIMM implantée sur le pôle universitaire de Damigny fermera à la rentrée 2026. Une cinquantaine d'élèves et neuf salariés sont concernés. Les élus locaux ont réagi avec vigueur, qualifiant la décision d'« incompréhensible ».
L’essentiel
- ~50 élèves concernés : 38 alternants et 10 élèves en filière classique perdront leur formation à la rentrée 2026.
- 9 salariés touchés : 7 formateurs et 2 administratifs informés de leur licenciement économique fin mai 2026.
- 40 ans de présence : le CFA UIMM est établi à Alençon depuis 40 ans, sur le campus de Damigny depuis 2018.
- Communiqué conjoint du 28 mai 2026 : Christophe de Balorre (CD Orne) et Sophie Douvry (maire d’Alençon) qualifient la fermeture d’« incompréhensible ».
- Baisse d’effectifs invoquée : une cinquantaine de jeunes aujourd’hui contre 70 en 2020, selon la direction UIMM Normandie sud basée à Caen.
Une annonce en plein période d’examens
La direction de l’UIMM Normandie sud, basée à Caen, a informé en interne ses équipes alençonnaises fin mai 2026 de la fermeture prochaine de l’antenne. Le calendrier surprend : l’annonce est tombée en pleine période d’examens, selon Actu.fr et Ouest-France, qui ont tous deux couvert l’information. Les salariés ont appris simultanément leur licenciement économique.
La direction UIMM Normandie sud n’a pas répondu aux sollicitations des médias régionaux au moment de la publication des articles. Les motifs officiellement avancés sont la baisse des effectifs et des raisons économiques.
Les équipes locales estiment, selon Actu.fr, que cette baisse n’a pas été accompagnée d’efforts de recrutement suffisants de la part de la direction. La question reste sans réponse publique à ce stade.
Un site vieux de 40 ans, réorganisé en 2020
Le CFA UIMM Alençon existe depuis quarante ans. En 2020, il a été intégré à une entité élargie, le Pôle formation UIMM Grand Ouest Normandie, regroupant les sites de Caen, Cherbourg et Alençon. Depuis 2018, l’antenne alençonnaise est implantée sur le pôle universitaire de Damigny, à la périphérie de la ville.
Le site proposait des formations allant du CAP au bachelor dans les métiers industriels : chaudronnerie, ingénierie, maintenance, électrotechnique. Des filières en alternance et en voie classique y coexistaient. Les élèves venaient non seulement de l’Orne mais aussi de départements voisins, selon le communiqué du Conseil départemental publié sur orne.fr.
Les effectifs ont reculé : une cinquantaine de jeunes inscrits aujourd’hui, contre 70 en 2020. La direction s’appuie sur cette tendance pour justifier la fermeture.
« Incompréhensible » : la réaction conjointe des élus
Christophe de Balorre, président du Conseil départemental de l’Orne, et Sophie Douvry, maire d’Alençon et présidente de la Communauté urbaine d’Alençon (CUA), ont publié un communiqué commun le 28 mai 2026. Ils disent avoir appris la nouvelle « avec stupeur » et jugent la fermeture « incompréhensible ».
Les deux élus mettent en avant l’importance de maintenir une offre de formation de proximité dans des métiers en tension - chaudronnerie et électrotechnique notamment. Ils annoncent leur intention de se mobiliser avec les partenaires, sans préciser lesquels ni selon quel calendrier à ce stade.
Sur orne.fr, le Conseil départemental souligne la vitalité du campus de Damigny par ailleurs : le site voit éclore des projets, comme l’installation d’Innov’Santé, active depuis plus d’un an. Les élus estiment que le contexte global du campus ne justifie pas une telle décision.
La question de la mobilisation des acteurs publics ornais sur les dossiers locaux structurants est récurrente dans le département. La fermeture du CFA s’inscrit dans ce débat plus large sur le maintien des services et formations en territoire.
Contexte dans l’Orne
Alençon compte environ 25 500 habitants selon les données INSEE 2022-2023. L’industrie représente environ 8 % des actifs de la ville, un secteur pour lequel les formations en alternance jouent un rôle d’appoint dans le recrutement local. La perte d’un CFA formant aux métiers industriels alimente les inquiétudes sur l’attractivité du territoire en matière de formation professionnelle.
La centralisation des décisions à Caen, siège de l’UIMM Normandie sud, est perçue localement comme un facteur de fragilisation des antennes départementales. Ce n’est pas la première fois que des arbitrages régionaux pèsent sur l’offre de formation ornaise, même si aucun précédent strictement identique n’a été documenté dans les sources disponibles.
À Alençon, la vie associative et citoyenne reste active, mais la question de l’offre éducative et professionnelle pour les jeunes du bassin reste sensible dans un département marqué par une démographie sous tension.
Les 50 élèves sans solution à ce jour
À la rentrée 2026, les 38 alternants et les 10 élèves en filière classique devront trouver une autre structure d’accueil. Aucune solution de redirection n’a été annoncée publiquement par l’UIMM à ce jour. Les sites de Caen et Cherbourg pourraient théoriquement absorber une partie des effectifs, mais aucune confirmation n’a été apportée dans les sources consultées.
Les élus ont promis une mobilisation. Sa forme concrète et les interlocuteurs impliqués restent à préciser.
Sources
- Actu.fr : Une école du campus d'Alençon devrait fermer ses portes
- Actu.fr : Fermeture d'une école du campus d'Alençon : un choix « incompréhensible »
- Ouest-France : En pleine période d'examen, une école du campus d'Alençon et ses 50 élèves apprennent sa fermeture à la rentrée
- orne.fr (Conseil départemental de l'Orne) : Le président du Conseil départemental et la maire d'Alençon se mobilisent