Alès : trois mois après sa réélection, Christophe Rivenq détaille ses priorités
Entretien exclusif avec le maire et président de l'Agglo, qui affiche des finances saines et engage plusieurs chantiers
Réélu le 22 mars avec 55,54 % des voix, Christophe Rivenq a accordé un entretien à Objectif Gard. Il fait le point sur ses premiers arbitrages budgétaires, la sécurité et la relance du centre-ville.
L’essentiel
- Résultat de gestion positif : 9,77 millions d’euros dégagés par le premier Compte Financier Unique (CFU) de la ville, adopté le 22 juin 2026.
- Dette maîtrisée : 835 euros par habitant, soit plus de 100 euros en dessous de la moyenne nationale des communes comparables.
- Réélection : Christophe Rivenq a été réélu maire le 22 mars 2026, puis largement confirmé à la présidence d’Alès Agglomération le 9 avril (101 voix sur 112).
- Investissements sécuritaires : 65 000 euros alloués à la vidéosurveillance dans les quartiers prioritaires, et 30 000 euros pour la sécurité de l’aérodrome d’Alès-Cévennes.
- Redynamisation urbaine : 40 millions d’euros sur dix ans via la SAEM’Alès pour lutter contre la vacance commerciale en centre-ville.
Un premier bilan financier solide
Trois mois après sa réélection, Christophe Rivenq a livré son analyse chiffrée. Le conseil municipal a adopté le 22 juin le premier Compte Financier Unique (CFU) de la ville, une procédure comptable unique désormais obligatoire. Le résultat de gestion s’élève à 9,77 millions d’euros, un indicateur positif selon la mairie. « Ces comptes démontrent notre gestion rigoureuse », a commenté l’édile lors de l’entretien accordé à nos confrères d’Objectif Gard.
La dette par habitant, chiffrée à 835 euros, se situe « plus de 100 euros en dessous de la moyenne nationale des villes de même strate », précise le maire. Un atout dans un contexte national où plusieurs communes subissent des dégradations financières. À Bordeaux, le maire a récemment alerté sur une dette de 413 millions et un risque de tutelle.
Les priorités : vidéosurveillance, aérodrome et ligne ferroviaire
Parmi les premiers arbitrages budgétaires, la sécurité a été dotée de 65 000 euros pour installer de nouveaux systèmes de vidéosurveillance dans les quartiers prioritaires. Par ailleurs, 30 000 euros sont consacrés à la sécurisation de l’aérodrome d’Alès-Cévennes.
Sur le volet des transports, la municipalité a déposé une demande d’autorisation environnementale pour le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges. Un dossier suivi de près par l’agglomération, dont Christophe Rivenq préside l’exécutif depuis le 9 avril avec 101 voix sur 112.
Redynamiser le centre-ville : 40 millions sur dix ans
La lutte contre la vacance commerciale en centre-ville constitue l’un des grands chantiers du mandat. Via la SAEM’Alès, une foncière immobilière locale, jusqu’à 40 millions d’euros seront mobilisés sur dix ans. Objectif : racheter des locaux vides, les rénover et les remettre sur le marché à des loyers accessibles. Le maire confirme son souhait de maintenir le budget de la culture.
Parallèlement, des mesures de proximité sont engagées : les repas de la restauration scolaire alésienne augmenteront légèrement, tandis que de nouvelles aires de jeux seront créées dans les écoles. « C’est une manière de répondre aux attentes des familles sans dégrader les comptes », a expliqué Christophe Rivenq.
Contexte dans le Gard
Alès, troisième ville du Gard avec environ 40 000 habitants, se distingue par sa stabilité politique. Christophe Rivenq, qui a refusé toute alliance avec le Rassemblement national au second tour des municipales, a été réélu avec 55,54 % des suffrages exprimés. Il préside également Alès Agglomération, qui fédère 73 communes et plus de 130 000 habitants. Le département connaît par ailleurs une actualité chargée : dans la Drôme voisine, une cellule de crise a été activée après deux noyades mortelles, tandis que le Gard reste en vigilance face aux risques de canicule.
Un cap affirmé sans attendre
Interrogé sur sa stratégie pour les mois à venir, Christophe Rivenq a réaffirmé son indépendance vis-à-vis des partis nationaux. Il se positionne comme un « maire de terrain » qui entend poursuivre la désendettement et l’investissement. Un profil qui rappelle celui d’autres édiles réélus récemment, comme David Géhant à Forcalquier.
Prochaine étape : la présentation du budget primitif 2027, prévue à l’automne, qui détaillera les enveloppes allouées à chaque priorité. La demande d’autorisation pour la ligne Alès-Bessèges sera également examinée par les services de l’État dans les mois à venir.