Alfortville : l’Apajh visée après avoir recommandé un organisme non agréé qui disparaît avec 12 000 € d’acomptes
Une dizaine de familles de la MAS Robert Séguy ont versé des acomptes pour des séjours d'été qui n'auront pas lieu, l'association Inter-Action restant introuvable depuis avril.
La MAS Robert Séguy d'Alfortville, rattachée à l'Apajh Val-de-Marne, a orienté des familles de personnes polyhandicapées vers une association de vacances adaptées non agréée. Environ 12 000 euros d'acomptes ont été versés début 2026. L'organisme ne répond plus depuis avril.
La MAS Robert Séguy d’Alfortville, rattachée à l’Apajh Val-de-Marne, a orienté des familles de personnes polyhandicapées vers une association de vacances adaptées non agréée. Environ 12 000 euros d’acomptes ont été versés début 2026. L’organisme ne répond plus depuis avril.
L’essentiel
- 12 000 euros : montant total des acomptes versés par une dizaine de familles à l’association Inter-Action début 2026, pour des séjours d’été qui n’auront pas lieu.
- Agrément absent : Inter-Action ne disposait pas de l’agrément VAO (Vacances Adaptées Organisées) requis pour accueillir des adultes polyhandicapés.
- 9 et 16 avril 2026 : dates auxquelles la MAS Robert Séguy a alerté les familles par e-mail, déclarant les contrats nuls et conseillant de ne plus payer.
- Plainte déposée : l’Apajh Val-de-Marne a porté plainte contre Inter-Action et adressé un signalement au procureur de la République, qualifiant l’affaire d’apparente escroquerie.
- Aucun remboursement : selon citoyens.com, les familles n’ont reçu aucun remboursement concret à ce jour.
Un partenariat noué en 2024, sans vérification de l’agrément
Depuis 2024, la MAS Robert Séguy d’Alfortville recommandait aux familles de ses résidents l’association Inter-Action, basée en Normandie, pour organiser des séjours de vacances adaptées. Cet établissement accueille environ 40 adultes en situation de polyhandicap. Il dépend de l’Apajh Val-de-Marne, qui gère au total 14 établissements et services dans le département, accompagnant plus de 700 personnes handicapées.
Problème central : Inter-Action ne disposait pas de l’agrément VAO, le sésame délivré par les préfectures aux organismes autorisés à encadrer des séjours avec des adultes en situation de handicap. Cet agrément conditionne notamment la formation des encadrants et les ratios d’accompagnement. Son absence rend les contrats conclus avec des familles juridiquement nuls, selon les informations rapportées par actu.fr et citoyens.com.
La question que posent aujourd’hui les aidants est directe :
Début 2026 : les acomptes versés, les séjours réservés
Début 2026, une dizaine de familles ont réservé des séjours d’été pour leurs proches via Inter-Action. Au total, environ 12 000 euros d’acomptes ont été encaissés par l’association, selon les données concordantes d’actu.fr et citoyens.com. Les séjours étaient prévus pour l’été 2026.
En avril 2026, Inter-Action a cessé tout contact. Plus de réponse aux appels téléphoniques, aux e-mails ni aux SMS, selon les deux médias locaux. Les familles se sont retournées vers la MAS.
Les 9 et 16 avril : la MAS reconnaît le problème et alerte
Le 9 avril 2026, puis le 16 avril, la MAS Robert Séguy a envoyé des e-mails aux familles concernées. Elle y reconnaissait le défaut d’agrément d’Inter-Action, déclarait les contrats nuls et conseillait aux familles de ne verser aucun acompte supplémentaire. Elle les invitait également à réclamer le remboursement des sommes déjà versées, selon actu.fr.
Ces courriers constituent une reconnaissance formelle de l’erreur de recommandation. La MAS n’a pas précisé publiquement à ce stade comment elle avait sélectionné Inter-Action ni si une vérification de l’agrément avait été effectuée avant 2024.
Plainte déposée, mais pas de remboursements
L’Apajh Val-de-Marne a déposé une plainte pénale contre Inter-Action et adressé un signalement au procureur de la République. Elle qualifie l’affaire d’« apparente escroquerie », selon actu.fr. Une procédure judiciaire est donc en cours, sans qu’une date d’audience soit connue à ce stade.
Côté familles, la situation reste bloquée. Selon citoyens.com, aucun remboursement concret n’a été perçu malgré les promesses d’accompagnement de l’Apajh dans les démarches. Les proches de personnes polyhandicapées doivent désormais trouver en urgence d’autres solutions pour l’été, dans un secteur déjà sous tension.
Contexte dans le Val-de-Marne
Alfortville compte environ 45 700 habitants, dans un département du Val-de-Marne qui dépasse 1,4 million de résidents (INSEE). La prévalence nationale du handicap est estimée à 12 % de la population, soit plusieurs dizaines de milliers de personnes concernées dans le seul département.
L’Apajh 94 est l’un des principaux opérateurs associatifs du secteur médico-social en Val-de-Marne. Le département concentre plusieurs structures associatives à forte visibilité locale, dont la gestion est suivie de près par les familles et les tuteurs. Cette affaire touche directement la confiance placée dans les établissements qui orientent les familles vers des prestataires extérieurs.
À l’échelle nationale, le secteur des Vacances Adaptées Organisées traverse une période difficile. Selon l’ASH et le site Yanous.com, une cinquantaine d’organismes ont cessé leur activité en trois ans. Le drame de Wintzenheim, en 2023, où 11 personnes handicapées ont perdu la vie dans un incendie lors d’un séjour adapté, avait déjà mis en lumière les carences de contrôle du secteur. Dans le Val-de-Marne, d’autres affaires ont récemment mobilisé les acteurs associatifs et judiciaires.
Une question de procédure pour l’Apajh
L’affaire soulève une question de fond sur les procédures internes de l’Apajh Val-de-Marne : comment un organisme sans agrément VAO a-t-il pu être recommandé pendant près de deux ans aux familles d’un établissement médico-social ? La structure n’a pas communiqué publiquement sur ce point à la date de publication de cet article.
La vérification de l’agrément VAO est pourtant accessible en ligne via les préfectures. Cet agrément est obligatoire depuis 2005 pour tout organisme accueillant des personnes handicapées dans le cadre de séjours de vacances. Son absence expose l’organisateur à des sanctions pénales, et celui qui oriente vers lui peut voir sa responsabilité engagée.
Pour les familles concernées, l’été 2026 approche sans solution alternative confirmée et sans remboursement reçu. Alfortville concentre plusieurs communautés dont les associations jouent un rôle de proximité fort - la rupture de confiance avec une structure comme l’Apajh pèse d’autant plus lourd.
La suite dépend désormais de l’instruction judiciaire en cours. L’Apajh Val-de-Marne n’a pas précisé si elle envisageait d’indemniser directement les familles dans l’attente d’une décision du parquet.
Sources
- actu.fr : Séjours pour adultes handicapés : l'organisme non agréé ne donne plus signe de vie, une dizaine de familles flouées
- citoyens.com : Recommandé par la MAS d'Alfortville (Apajh), bien que non agréé pour le handicap, l'organisme de vacances disparaît avec les acomptes
- ASH : Handicap : le casse-tête des vacances adaptées
- INSEE : Statistiques INSEE – Alfortville (94002)