L’Algérie classée en revenu intermédiaire supérieur par la Banque mondiale
La Banque mondiale confirme l'Algérie parmi huit pays africains à revenu intermédiaire supérieur, un statut lié à une reforme statistique
La Banque mondiale maintient l'Algérie dans la catégorie des économies à revenu intermédiaire supérieur, avec un revenu par habitant de 5 850 dollars en 2025. Ce classement s'appuie sur une révision des comptes nationaux menée par l'institut statistique algérien.
L’essentiel
- Fait 1 : l’Algérie figure parmi les économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure dans la dernière classification de la Banque mondiale
- Fait 2 : le revenu national brut par habitant algérien atteint 5 850 dollars en 2025 selon la méthode Atlas
- Fait 3 : huit pays africains partagent cette catégorie, dont l’Afrique du Sud, le Botswana, la Libye et Maurice
- Fait 4 : une révision des comptes nationaux a réévalué le PIB algérien de 13,3 % en moyenne sur 2018-2022
- Fait 5 : le chômage des jeunes de 15 à 24 ans atteignait 29,3 % en 2024
La nouvelle a circulé le 9 juillet 2026 sur plusieurs comptes d’information algériens : la Banque mondiale confirme le maintien de l’Algérie dans sa catégorie des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (upper-middle-income economies). Ce classement, actualisé chaque année par l’institution de Washington, repose sur le revenu national brut par habitant calculé selon la méthode Atlas.
Ce que dit la classification
Selon la Banque mondiale, huit pays africains appartiennent à cette catégorie intermédiaire supérieure : l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Botswana, le Cap-Vert, la Guinée équatoriale, la Libye, Maurice et les Seychelles. Pour l’Algérie, le revenu national brut par habitant s’établit à 5 850 dollars en 2025. Ce chiffre place le pays au-dessus du seuil fixé par l’institution pour cette tranche, sans pour autant l’approcher du groupe des économies à revenu élevé.
Une reforme statistique derriere le chiffre
Ce positionnement découle en grande partie d’un travail méthodologique mené par l’Office National des Statistiques (ONS) algérien. L’institut a révisé ses comptes nationaux pour se rapprocher des standards internationaux, en intégrant notamment une part de l’économie informelle et les dépenses de recherche-développement. Résultat, selon la Banque mondiale : le niveau du PIB historique algérien a été réévalué de 13,3 % en moyenne sur la période 2018-2022. Ce n’est donc pas une hausse soudaine de richesse qui explique le classement, mais un changement dans la façon de mesurer l’économie.
Croissance et dependance aux hydrocarbures
Sur le terrain économique, la Banque mondiale relève une croissance de 4,1 % en 2023 puis de 3,7 % en 2024. Mais la structure de l’économie reste inchangée : les hydrocarbures représentent en moyenne 13 % du PIB, 83 % des exportations et 46 % des recettes budgétaires sur la période 2020-2024. Cette dépendance expose le pays aux variations des cours pétroliers et gaziers, un point que l’institution souligne régulièrement dans ses rapports sur l’Algérie.
Contexte dans le paysage nord-africain
Pour un lecteur français, ce classement se lit à l’aune des liens économiques et migratoires étroits entre la France et l’Algérie, premier partenaire commercial historique au Maghreb. Le taux de chômage global s’élevait à 12,7 % en 2024, mais grimpait à 29,3 % chez les 15-24 ans, un chiffre qui pèse sur les dynamiques migratoires et sur les attentes sociales dans le pays. La Banque mondiale situe ainsi l’Algérie dans un groupe intermédiaire, entre les économies émergentes les plus dynamiques et les pays à faible revenu, sans que ce statut ne résolve les fragilités structurelles identifiées par l’institution elle-même.
La prochaine mise à jour de cette classification interviendra, comme chaque année, lors de la publication suivante de la Banque mondiale sur les revenus nationaux.