Algérie : Khalida Boufdeche, première femme à la tête du Parlement

La médecin allergologue de 44 ans a été élue le 28 juillet présidente de l'Assemblée populaire nationale, devenant la troisième personnalité de l'État algérien.

Algérie : Khalida Boufdeche, première femme à la tête du Parlement
Illustration Karim Haddad / info.fr
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Le Dr Khalida Boufdeche a marqué l'histoire politique algérienne le 28 juillet 2026. À 44 ans, cette médecin spécialiste en allergologie est devenue la première femme à présider l'Assemblée populaire nationale depuis l'indépendance, avec 302 voix sur 366 suffrages exprimés.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Khalida Boufdeche a été élue le 28 juillet 2026 avec 302 voix sur 366, devenant la première femme présidente de l'APN algérienne.
  • Née le 27 mai 1982, elle est médecin spécialiste en allergologie et cheffe de service à la Direction de la santé d'Alger depuis 2023.
  • Elle devient la troisième personnalité de l'État algérien selon le protocole institutionnel.
  • Seules 23 femmes siègent parmi les 407 députés élus le 2 juillet 2026, soit environ 5,6 % de l'Assemblée.
  • Son mandat couvre la 10ème législature algérienne (2026-2031), sous l'étiquette du FLN.
5 faits vérifiés 2 sources mis à jour le 29 juillet à 08:07

Le 28 juillet 2026, l’Algérie franchit un cap symbolique : pour la première fois depuis l’indépendance en 1962, une femme accède à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement. Le Dr Khalida Boufedech, 44 ans, médecin allergologue, a été élue largement avec 302 voix sur 366 suffrages exprimés, selon l’agence Algérie Presse Service.

Cette élection la propulse au rang de troisième personnalité de l’État algérien selon le protocole institutionnel, derrière le président de la République et le président du Conseil de la nation (Sénat). Elle entame un mandat de cinq ans correspondant à la 10ème législature (2026-2031).

Médecin et membre du FLN

Née le 27 mai 1982, Khalida Boufedech est spécialiste en allergologie et immunologie clinique. Diplômée de l’Université d’Alger en 2008, elle a complété sa spécialisation en 2019, rapporte El Moudjahid. Elle a exercé au CHU de Beni Messous avant d’être nommée cheffe de service à la Direction de la santé de la wilaya d’Alger en 2023.

Parallèlement à sa carrière médicale, elle a embrassé un parcours politique au sein du Front de libération nationale (FLN), parti historique de la guerre d’indépendance et force majoritaire à l’Assemblée actuelle. Élue députée lors des législatives du 2 juillet 2026, elle a également siégé au comité central du FLN.

Une représentation féminine très minoritaire

Le symbole de cette élection prend tout son relief au regard des chiffres de la représentation parlementaire. Parmi les 407 députés élus le 2 juillet 2026, seulement 23 femmes. Cette sous-représentation contraste avec l’avancée institutionnelle que constitue l’élection de Khalida Boufedech.

Son accession à ce poste s’inscrit toutefois dans une dynamique récente de féminisation de certaines hautes fonctions. La présidence de la Cour constitutionnelle est également occupée par une femme, signalant une volonté politique d’ouvrir les sommets de l’État à des profils féminins, même si le chemin vers la parité reste long.

Contexte algérien vu de France

L’Algérie, pays de 48 millions d’habitants et premier État du continent africain par la superficie, entretient des liens étroits avec la France, ancienne puissance coloniale. Les questions de représentation politique y sont scrutées de près, notamment dans le contexte des relations bilatérales tendues sur les questions mémorielles et migratoires.

Avec plus de 4,7 millions de ressortissants algériens ou d’origine algérienne résidant en France, les évolutions politiques à Alger résonnent au sein de la diaspora. L’élection d’une femme à la tête du Parlement peut être lue comme un signal de modernisation institutionnelle dans un pays où le débat sur la place des femmes dans la sphère publique reste vif.

Une première depuis l’indépendance

Depuis 1962, aucune femme n’avait accédé à la présidence de l’APN. Cette première historique intervient alors que le président Abdelmadjid Tebboune, réélu en 2024, a affiché son intention de promouvoir les compétences féminines dans les instances de décision. Khalida Boufedech succède à une série de présidents issus exclusivement des rangs masculins du FLN et d’autres formations politiques.

Selon TV5MONDE, cette nomination est perçue comme un geste politique fort à l’approche de la nouvelle législature, où les enjeux économiques et sociaux - chômage des jeunes, diversification de l’économie - dominent l’agenda parlementaire.

Le mandat de Khalida Boufedech s’ouvrira officiellement lors de la session inaugurale de la 10ème législature, prévue dans les prochaines semaines. Les observateurs suivront de près sa capacité à faire avancer les dossiers législatifs dans un contexte de forte pression sociale et de revendications portées par une société civile de plus en plus active.

Karim
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Sources

Karim Haddad

Karim Haddad

Karim Haddad est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Alger. basé sur place, Il couvre l'actualité de l'Algerie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et…

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