Algues vertes : 85 % des exploitants des baies costarmoricaines engagés
Le préfet des Côtes-d'Armor a présenté un bilan du plan de lutte contre les algues vertes après une visite de terrain à Andel.
Selon la préfecture des Côtes-d'Armor, 85 % des exploitants agricoles des trois baies concernées par les algues vertes sont désormais engagés dans le plan de lutte. Un bilan présenté après une visite à Andel, alors que l'État durcit le ton envers les derniers récalcitrants.
L’essentiel
- 85 % des exploitants agricoles des trois baies algues vertes costarmoricaines sont engagés dans la lutte contre la prolifération, selon la préfecture des Côtes-d’Armor.
- 177 exploitations tardaient encore à s’engager en juin 2026, contre environ 300 en octobre 2025, selon Ouest-France.
- Fin 2026 : échéance fixée par l’État pour rendre l’engagement de tous les exploitants obligatoire, sous peine de sanctions financières.
- Juin 2026 : l’État a été condamné pour préjudice écologique en baie de Saint-Brieuc, avec obligation de réduire le phénomène sous six mois.
Un bilan présenté après une visite à Andel
Le préfet des Côtes-d’Armor a fait un point d’étape sur le plan de lutte contre les algues vertes à l’occasion d’une visite de terrain à Andel. Selon la préfecture, 85 % des exploitants agricoles des trois baies concernées par le phénomène se sont désormais engagés dans la démarche.
L’information a été diffusée sur le compte X de la préfecture (@Prefet22), qui évoque des exploitants « résolument engagés » dans la réduction des fuites de nitrates, principale cause identifiée de la prolifération des algues vertes sur le littoral costarmoricain.
Couverture des sols, haies bocagères, moins de nitrates
Le plan repose sur plusieurs leviers agronomiques : couverture des sols en hiver pour limiter le lessivage des nitrates, plantation de haies bocagères pour freiner le ruissellement vers les cours d’eau, et réduction des apports azotés sur les parcelles situées à proximité du littoral. Ces mesures figurent dans les documents de la préfecture des Côtes-d’Armor, également détaillées par Ouest-France.
Le dispositif s’inscrit dans le troisième Plan Local d’Actions contre les Algues Vertes, le PLAV 3, piloté à l’échelle régionale par la préfecture de Bretagne depuis mai 2025. Il vise à réduire durablement les fuites d’azote sur les bassins versants côtiers les plus exposés.
Encore 177 exploitations à convaincre
Le taux de 85 % laisse un solde d’exploitations non engagées. En octobre 2025, environ 300 exploitations agricoles des Côtes-d’Armor n’avaient pas encore mis en place les mesures requises, selon Ouest-France. Ce chiffre est retombé à 177 en juin 2026, toujours selon le quotidien régional, signe d’une progression mais aussi d’un noyau de résistance persistant.
Face à ces retards, l’État a fixé une échéance : fin 2026, l’engagement de tous les exploitants concernés doit devenir obligatoire, avec des sanctions financières prévues pour les récalcitrants, selon Le Télégramme et Les Échos.
La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Côtes-d’Armor ont dénoncé, en octobre 2025, une forme de stigmatisation des agriculteurs dans ce dossier, rapporte Actu.fr. Un point de friction qui persiste alors que la pression administrative se renforce.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Les Côtes-d’Armor comptent trois baies classées comme zones sensibles aux algues vertes, un phénomène récurrent sur le littoral breton depuis plusieurs décennies. L’agriculture reste un secteur économique structurant du département, ce qui explique le poids des négociations autour des pratiques culturales sur ces bassins versants côtiers.
Des résultats concrets ont déjà été observés dans certains secteurs. En baie de la Fresnaye, les efforts engagés ont montré des résultats encourageants durant l’été 2025, selon Les Échos. Une visite de terrain avait également eu lieu à Pléboulle en juillet 2025 pour présenter les actions menées, selon Le Télégramme, avant celle réalisée cette année à Andel.
Une pression judiciaire qui s’ajoute
Le dossier des algues vertes ne se limite pas à la mobilisation agricole. En juin 2026, l’État a été condamné pour son inaction et pour préjudice écologique en baie de Saint-Brieuc, avec obligation de réduire significativement le phénomène dans un délai de six mois, selon Ouest-France, Franceinfo et Le Télégramme. Cette décision judiciaire renforce la pression sur les services de l’État pour accélérer la mise en œuvre du plan sur le terrain.
Cet été est aussi marqué, ailleurs en France, par plusieurs épisodes de vigilance environnementale : un incendie a détruit 400 hectares dans l’Hérault, tandis qu’à Auxerre, le bilan de la canicule a été dressé au centre d’alerte du SDIS. Dans le Morbihan voisin, les feux d’artifice ont été interdits jusqu’au 15 juillet en raison de la sécheresse.
Prochaine étape
L’échéance fixée par l’État arrive fin 2026, avec l’obligation d’un engagement généralisé de tous les exploitants agricoles des trois baies. La mise en œuvre de la décision judiciaire de juin 2026, qui impose une réduction du phénomène sous six mois, sera également suivie de près en baie de Saint-Brieuc.
Le nombre d’exploitations encore non engagées, 177 en juin dernier, donnera la mesure des efforts restant à accomplir d’ici la fin de l’année.