Allauch : une classe de CP sans enseignante à deux mois des grandes vacances
L'institutrice part à la retraite le 30 avril sans successeure désignée, parents et maire alertent l'académie d'Aix-Marseille.
À Allauch, commune des Bouches-du-Rhône proche de Marseille, une classe de CP se retrouve sans enseignante à compter du 30 avril 2026. L'institutrice part à la retraite sans remplaçante désignée. Les parents ont été prévenus par mail le 27 avril, trois jours avant le départ.
À Allauch, commune des Bouches-du-Rhône proche de Marseille, une classe de CP se retrouve sans enseignante à compter du 30 avril 2026. L’institutrice part à la retraite sans remplaçante désignée. Les parents ont été prévenus par mail le 27 avril, trois jours avant le départ.
L’essentiel
- 30 avril 2026 : départ à la retraite de l’institutrice de CP à Allauch, sans remplaçante désignée à ce jour.
- 27 avril 2026 : les parents d’élèves informés par mail de l’absence de remplacement.
- 100 remplaçants manquants : le DASEN des Bouches-du-Rhône reconnaît ce déficit pour atteindre la moyenne nationale, selon la FSU-SNUipp 13.
- 20 postes supprimés : dans le département à la rentrée 2026, sur 36 suppressions au niveau de l’académie d’Aix-Marseille.
- 1 249 établissements du premier degré recensés dans les Bouches-du-Rhône à la rentrée 2024, dont 603 publics (INSEE).
Trois jours de délai, une classe sans solution
L’annonce est arrivée par mail le lundi 27 avril. L’institutrice partait à la retraite le jeudi 30 avril. Trois jours pour absorber la nouvelle, sans qu’aucune solution concrète soit proposée aux familles. La situation a aussitôt suscité l’inquiétude des parents d’élèves, relayée par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le maire d’Allauch a également exprimé son inquiétude face à l’impact de ce non-remplacement sur l’éducation des enfants, à moins de deux mois des vacances scolaires d’été. Ses déclarations ont été rapportées par France 3 Provence.
Un symptôme de la pénurie structurelle dans le département
Le cas d’Allauch n’est pas isolé. Dans les Bouches-du-Rhône, il manque actuellement 100 enseignants remplaçants, selon la FSU-SNUipp 13. Des dizaines de classes se retrouvent ainsi sans enseignant de manière ponctuelle ou prolongée.
Le DASEN - directeur académique des services de l’Éducation nationale - reconnaît lui-même ce chiffre de 100 postes manquants pour atteindre la moyenne nationale d’efficience du remplacement, selon des sources syndicales et une pétition en ligne relayée par le SE-Unsa 13.
Conséquence directe : les demandes de temps partiel des enseignants ont triplé en refus cette année dans le département, faute de personnel disponible pour assurer les remplacements. Ce chiffre est rapporté par Maritima Info à partir de sources syndicales.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Le département est l’un des plus peuplés de France. À la rentrée 2024, il comptait 1 249 établissements scolaires du premier degré, dont 603 écoles publiques, selon l’INSEE. La pression sur les ressources enseignantes s’inscrit aussi dans un contexte régional de recul des effectifs élèves : en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les effectifs scolarisés ont reculé depuis la rentrée 2021, selon les données INSEE, sans que cela se traduise par une disponibilité accrue de remplaçants.
La tension sociale dans les services publics du département dépasse le seul secteur scolaire. Mais c’est l’Éducation nationale qui concentre une partie croissante des alertes syndicales en ce printemps 2026.
À la rentrée prochaine, la situation risque de s’aggraver. L’académie d’Aix-Marseille prévoit de supprimer 36 postes d’enseignants du premier degré, dont 20 dans les Bouches-du-Rhône seuls, selon Maritima Info et La Provence. Des décisions dénoncées par les syndicats comme contradictoires avec les besoins réels du terrain.
Une réforme du remplacement contestée pour septembre
Pour la rentrée 2026, une réforme de l’organisation des brigades de remplacement est prévue dans le département. Elle consiste à fusionner les brigades spécialisées en un corps unique. Les syndicats, dont le SE-Unsa 13, dénoncent une régression. Libération citait dès décembre 2025 leur opposition à cette « refonte » jugée contre-productive en période de pénurie.
Une pétition en ligne contre cette fusion a recueilli des signatures, signe d’une mobilisation qui dépasse les seuls représentants du personnel. Le SE-Unsa 13 se dit « en vigilance active » sur l’application de cette mesure.
Pour les familles marseillaises et péri-marseillaises déjà confrontées à des difficultés d’accès aux services publics de proximité, l’affaire d’Allauch illustre une tension qui ne se limitera pas à une seule classe de CP.
Prochaine étape
L’académie d’Aix-Marseille n’a pas communiqué publiquement sur la situation spécifique d’Allauch à la date de publication de cet article. La désignation d’un remplaçant ou d’une remplaçante pour cette classe reste à confirmer.
Sources
- France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur : Une enseignante non remplacée à deux mois des vacances, les parents inquiets
- Maritima Info : Suppressions de postes dans l'éducation : une rentrée 2026 explosive dans les Bouches-du-Rhône
- La Provence : Rentrée 2026 : des baisses du nombre de postes d'enseignants dans toute l'académie
- Libération : C'est une régression : la refonte annoncée des brigades de remplacement passe mal