Alpes-de-Haute-Provence : la préfecture accélère sur la résilience face aux risques naturels
Exercices grandeur nature, feuille de route dédiée et 67,7 M€ d'investissements le département structure sa réponse aux inondations et feux de forêt.
La préfète Isabelle Tomatis pilote depuis le début de l'année 2026 une feuille de route résilience dans les Alpes-de-Haute-Provence. Deux exercices majeurs ont été conduits en mars. Le budget départemental 2026 prévoit 67,7 millions d'euros d'investissements, en hausse de 4 %.
La préfète Isabelle Tomatis pilote depuis le début de l’année 2026 une feuille de route résilience dans les Alpes-de-Haute-Provence. Deux exercices majeurs ont été conduits en mars. Le budget départemental 2026 prévoit 67,7 millions d’euros d’investissements, en hausse de 4 %.
L’essentiel
- Exercice Hydros 2026 : du 17 au 19 mars 2026, simulation d’inondations dans les gorges du Verdon impliquant le SDIS 04 et plusieurs départements voisins.
- Exercice ferroviaire : le 27 mars 2026 à Digne-les-Bains, une quarantaine de sapeurs-pompiers ont testé leur intervention dans un tunnel suite à une catastrophe simulée.
- Budget 2026 : 67,7 M€ d’investissements hors dette prévus par le Conseil départemental, en hausse de 4 % par rapport à 2025.
- Exposition au feu de forêt : environ 200 communes du département sont exposées au risque incendie ; 85 % des départs de feux d’origine connue sont d’origine humaine, selon la préfecture.
- Journée nationale : actions locales prévues le 13 octobre 2026, avec appel à projets ouvert jusqu’au 10 décembre.
Une feuille de route pilotée depuis la préfecture
Les services de l’État dans les Alpes-de-Haute-Provence ont formalisé une feuille de route résilience articulée autour de deux axes : la formation des citoyens et la coordination des acteurs locaux. La préfète Isabelle Tomatis a mis en avant « l’importance d’une réponse collective et d’un vivier de compétences mobilisables », selon La Provence et Le Dauphiné Libéré.
Cette feuille de route s’inscrit dans le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3), qui intègre le département dans ses mesures prioritaires. Le fonds Barnier, porté à 300 millions d’euros par an à l’échelle nationale dès 2025 selon le ministère de l’Écologie, constitue l’un des leviers financiers identifiés.
Deux exercices en mars pour tester les dispositifs
L’exercice national Hydros 2026, organisé du 17 au 19 mars, a simulé une montée des eaux dans les gorges du Verdon. Le scénario impliquait plusieurs départements et testait les plans de sauvegarde ainsi que les capacités d’intervention des SDIS, selon le ministère de l’Intérieur. Le SDIS 04 figurait parmi les services engagés.
Dix jours plus tard, le 27 mars, un exercice distinct a mobilisé une quarantaine de sapeurs-pompiers des Alpes-de-Haute-Provence dans un tunnel à Digne-les-Bains. Le scénario simulait une catastrophe ferroviaire. L’objectif : éprouver la coordination entre services et mesurer les délais d’intervention en milieu confiné.
Des investissements ciblés sur les équipements de sécurité
Le budget 2026 du département prévoit 67,7 millions d’euros d’investissements hors dette, en progression de 4 % par rapport à 2025, selon La Provence et le site Mesinfos.fr. Parmi les priorités affichées : la modernisation des centres d’incendie et de secours, l’installation de caméras de vidéoprotection, et la mise en œuvre des Plans de Prévention et de Mise en Sécurité (PPMS) dans les établissements scolaires.
Ces dépenses s’inscrivent dans le volet opérationnel de la feuille de route résilience. La multiplication des épisodes de vigilance météorologique en France en 2026 renforce la pression sur les budgets départementaux dédiés à la prévention.
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
Le département est l’un des plus exposés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Environ 200 communes sont soumises au risque de feu de forêt, représentant 6,9 % des communes couvertes par un Plan de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) en PACA, selon les données du ministère chargé du développement durable. La préfecture précise que 85 % des départs de feux dont la cause est connue sont d’origine humaine.
Le risque inondation est également structurel : les gorges du Verdon, la Bléone et ses affluents figurent parmi les cours d’eau à surveiller. Le choix du scénario Hydros 2026 dans ce secteur géographique n’est pas anodin. En 2025, 27 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, un chiffre que la préfecture relie en partie aux conditions climatiques aggravant les risques d’accident, selon une communication officielle sur les réseaux sociaux institutionnels - donnée à attribuer à cette source unique.
La coordination entre l’État, le Conseil départemental et les communes reste un point de tension identifié. La feuille de route résilience vise précisément à structurer cette chaîne. Les tensions sur les ressources dans les départements voisins rappellent que la solidarité territoriale en cas de crise dépend de préparations concrètes en amont.
Vers la Journée nationale du 13 octobre
La prochaine échéance publique est la Journée Nationale de la Résilience, dont le point d’orgue est fixé au 13 octobre 2026. Des actions locales sont prévues dans le département. Un appel à projets est ouvert jusqu’au 10 décembre 2026 pour permettre à des initiatives locales d’obtenir une labellisation nationale, selon la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.
La préfète n’a pas encore détaillé le programme précis des actions prévues à Digne-les-Bains pour cette journée.
Sources
- La Provence : Face aux potentielles catastrophes naturelles, les services de l'État des Alpes-de-Haute-Provence misent sur la résilience
- Ministère de l'Intérieur : L'exercice de crise : se préparer et se maintenir en condition opérationnelle
- Le Dauphiné Libéré : La préfecture de Digne engagée dans la feuille de route Résilience
- Mesinfos.fr : Budget des Alpes-de-Haute-Provence : l'investissement en hausse de 4% en 2026