Alpine F1 : Renault fait de la stabilité sa priorité pour 2026
François Provost, patron de Renault, mise sur la stabilité d'Alpine F1 plutôt que sur des objectifs à long terme pour la saison 2026.
Le nouveau directeur général de Renault, François Provost, a fait de la stabilisation d'Alpine F1 sa priorité absolue. Entre cinquième place au championnat, dossier Otro Capital gelé et virage moteur Mercedes, l'écurie franco-britannique consolide ses bases avant de viser plus haut.
L’essentiel
- Fait 1 : François Provost, directeur général de Renault depuis le 31 juillet 2025, a fait de la stabilisation d’Alpine F1 sa priorité absolue pour 2026, selon Reuters.
- Fait 2 : Alpine occupe la 5e place du championnat des constructeurs 2026, un point devant Racing Bulls, selon Reuters.
- Fait 3 : Renault a suspendu jusqu’en septembre 2026 la vente des 24 % de parts détenues par Otro Capital, selon The Race.
- Fait 4 : L’écurie a abandonné son programme moteurs usine de Viry-Châtillon au profit de blocs clients Mercedes.
- Fait 5 : Un contrat de sponsoring titre avec Gucci, estimé à plus de 150 millions de dollars, débutera en 2027.
Une priorité affichée par le nouveau patron de Renault
Depuis qu’il a pris la direction générale du groupe Renault le 31 juillet 2025, en remplacement de Luca de Meo, François Provost a repositionné les curseurs sur Alpine F1. Selon Reuters, le dirigeant a expliqué que sa priorité n’était pas de fixer des objectifs sportifs de long terme, mais de bâtir des bases solides pour l’écurie. Une ligne prudente, à rebours des discours ambitieux qui accompagnaient jusque-là les annonces autour d’Alpine.
Le message a été relayé sur les réseaux le jour même de sa formulation.
Cinquième place au championnat, podium contesté à Monaco
Sur le plan sportif, la gestion quotidienne reste confiée au conseiller Flavio Briatore et au directeur général Steve Nielsen. Sous leur direction, l’écurie a redressé la barre : Alpine pointe actuellement à la 5e place du championnat des constructeurs 2026, avec un point d’avance sur Racing Bulls, selon les chiffres rapportés par Reuters. Le point fort de la saison reste le podium décroché par Pierre Gasly au Grand Prix de Monaco, un résultat qui demeure toutefois sous le coup d’un appel.
Otro Capital, un actionnaire jugé sans valeur ajoutée
Le dossier Otro Capital illustre cette volonté de stabilisation. D’après The Race, Renault a bloqué les discussions sur la vente des 24 % de parts détenues par ce fonds d’investissement dans Alpine F1, en attendant la fermeture de sa fenêtre de veto en septembre 2026. Le patron de Renault a publiquement critiqué ce partenariat, estimé être un échec n’ayant apporté aucune valeur ajoutée à l’écurie.
Fin des moteurs Renault, virage vers Mercedes
Autre pilier de cette réorganisation : l’abandon du programme de moteurs d’usine Renault, historiquement développé à Viry-Châtillon. L’écurie roule désormais avec des blocs clients Mercedes, selon BlackBook Motorsport. François Provost a par ailleurs exclu toute relance du développement moteur par Renault, malgré le projet de réglementation V8 porté par la FIA pour 2031, selon Reuters.
Contexte en Essonne : quel avenir pour le site de Viry-Châtillon ?
Alpine F1 Team, engagée en Formule 1 depuis 2021 sous la dénomination BWT Alpine F1 Team, s’appuie sur deux implantations : le siège technique d’Enstone, dans l’Oxfordshire, et le site de Viry-Châtillon, en Essonne, installé dans les locaux historiques de l’usine Amédée Gordini. Ce site a longtemps constitué le cœur du programme moteurs Renault Sport F1. L’abandon de la fabrication de blocs maison pour des moteurs clients Mercedes interroge nécessairement sur la vocation future de cette implantation essonnienne, sans que Renault n’ait pour l’instant communiqué de détails sur ce point.
La suite de la saison dira si cette stratégie de stabilisation portée par François Provost permet à Alpine de conforter sa 5e place, avant l’entrée en vigueur du partenariat titre avec Gucci prévue pour la saison 2027.