Sponsor du XV de France, le géant Altrad visé par une enquête pour fraude fiscale massive

Le groupe montpelliérain est soupçonné d’avoir utilisé un montage offshore à Dubaï pour blanchir de l’argent et financer le sponsoring des Bleus. Le Parquet national financier a perquisitionné en juin 2026.

Sponsor du XV de France, le géant Altrad visé par une enquête pour fraude fiscale massive
Illustration Sandra Lemoine / info.fr

Révélée par Mediapart ce 24 juin 2026, l’enquête du Parquet national financier cible le groupe Altrad, sponsor maillot du XV de France depuis 2018. Une fraude fiscale estimée entre 350 et 400 millions d’euros, avec un montage offshore à Dubaï.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le groupe Altrad, basé à Montpellier, est visé par une enquête du Parquet national financier (PNF) depuis juin 2026 pour fraude fiscale et blanchiment.
  • Fait 2 : Un montage offshore à Dubaï a été découvert ; le préjudice fiscal est estimé entre 350 et 400 millions d’euros, et le fisc réclame 331 millions d’euros.
  • Fait 3 : Altrad sponsorise le XV de France depuis 2018 (contrat initial de 35 millions) et jusqu’en juin 2027. L’argent du sponsoring proviendrait en partie de ce montage, selon les enquêteurs.
  • Fait 4 : Le patron Mohed Altrad est directement mis en cause. Les locaux du groupe à Montpellier ont été perquisitionnés en juin 2026.

Ce que révèle l’enquête du PNF

Le groupe Altrad, géant du BTP et sponsor maillot du XV de France depuis 2018, est dans le collimateur de la justice. Selon Mediapart, une enquête préliminaire a été ouverte en juin 2026 par le Parquet national financier (PNF) pour des soupçons de « fraude fiscale aggravée » et de « blanchiment en bande organisée ». Les locaux de l’entreprise à Montpellier ont été perquisitionnés le mois dernier. L’information, confirmée par Les Échos et Le Monde, intervient alors qu’Altrad est le sponsor principal de la Fédération française de rugby (FFR) depuis 2018, pour un contrat initial de 35 millions d’euros, renouvelé en janvier 2024 jusqu’en juin 2027.

Un montage offshore à Dubaï au cœur des accusations

Les enquêteurs ont mis au jour un mécanisme complexe : une plateforme offshore basée à Dubaï aurait permis de dissimuler des sommes colossales. Selon Midi Libre, ce montage servait à « blanchir de l’argent issu de la fraude fiscale » et à financer notamment le sponsoring des Bleus. Le préjudice fiscal est estimé entre 350 et 400 millions d’euros, d’après Rugbyrama et La Dépêche. Le fisc réclame déjà 331 millions d’euros au groupe. Mohed Altrad, fondateur et PDG, est personnellement visé. L’homme d’affaires, déjà condamné par le passé - comme le rappelle Challenges - , est soupçonné d’avoir orchestré ce montage pour alimenter un fonds occulte.

Quel avenir pour le sponsoring du XV de France ?

Le partenariat Altrad-FFR court jusqu’à juin 2027. Interrogée par Ouest-France, la Fédération n’a pas encore réagi officiellement. Mais la situation est délicate : l’argent du sponsoring serait directement lié aux circuits frauduleux. « L’enquête pourrait contraindre la FFR à suspendre ou renégocier le contrat », analyse un expert juridique cité par L’Équipe. D’autant que le groupe sponsorise depuis 2024 toutes les équipes de France (masculines, féminines, jeunes). Une source proche du dossier confie à Le Figaro : « Si les faits sont avérés, le nom d’Altrad sur le maillot des Bleus deviendra toxique. »

Contexte dans l’Hérault : un poids économique local menacé

Altrad est l’un des fleurons économiques de l’Hérault. Basé à Montpellier, le groupe emploie des milliers de personnes dans la région, avec des sites à Vendargues, Saint-Jean-de-Védas et Lattes. Il est aussi un sponsor historique du Montpellier Hérault Rugby (MHR) - bien que ce club ne joue pas en Top 14 cette saison 2025-2026 - et de plusieurs associations locales. Selon la CCI de l’Hérault, Altrad représente près de 1 500 emplois directs dans le département. L’enquête du PNF et la possible révélation d’une fraude à plusieurs centaines de millions d’euros jettent une ombre sur un acteur économique majeur, qui s’était construit une image de mécène du sport français. Les élus locaux, contactés par info.fr, n’ont pas souhaité s’exprimer pour l’instant. Mais plusieurs observateurs redoutent un effet domino sur l’emploi et le tissu associatif local.

Une enquête qui s’annonce longue

Le PNF poursuit ses investigations. Des perquisitions supplémentaires pourraient avoir lieu dans les semaines à venir. Mohed Altrad, qui n’a pas été mis en examen à ce stade, conteste les faits selon son avocat (non cité publiquement). L’affaire intervient dans un contexte déjà tendu pour le rugby français, entre crise financière de la FFR et affaires extra-sportives. Prochaine étape : la remise au juge d’instruction, probablement d’ici la fin de l’été 2026, pour décider d’un éventuel procès.

Sandra
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Sources

Sandra Lemoine

Sandra Lemoine

Sandra est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans le tennis et les sports individuels (natation, judo, athlétisme). Elle lit chaque match au prisme des classements ATP/WTA, des chronos et des têtes de série, replace tout résultat dans le calendrier des Grands Chelems et des échéances olympiques, et bannit l'approximation statistique.

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