Championne de France du disque et du poids, Amanda Ngandu-Ntumba recalée pour les Européens
Double titrée nationale en 2026, elle ne fera pas partie de l'équipe de France à Birmingham
Double championne de France du disque et du poids, Amanda Ngandu-Ntumba n'ira pas aux Championnats d'Europe. Elle dénonce le manque de considération de sa fédération.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fin d'un règne de 25 ans
Amanda Ngandu-Ntumba a battu les 25 ans de règne de Mélina Robert-Michon sur le titre national du disque avec un jet à 60,47 m, mettant fin à une domination presque devenue une évidence dans la discipline.
Deux minima, une exclusion
Elle a réalisé deux fois les minima B en début de saison, avant d'en manquer de quelques centimètres aux championnats de France, la compétition que la fédération retient comme rendez-vous décisif.
80 sélectionnés, elle absente
L'équipe de France pour les Championnats d'Europe compte 80 athlètes. Elle n'en fait pas partie, malgré ses deux titres nationaux de la saison.
Un cri d'alerte vers la fédération
Elle dénonce un manque de considération et évoque des athlètes tentés de chercher des opportunités ailleurs, un témoignage individuel qui pose la question de la confiance entre athlètes et fédération.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Amanda Ngandu-Ntumba championne de France du disque avec 60,47 m, mettant fin à 25 ans de règne de Mélina Robert-Michon.
- Championne de France du poids pour la deuxième fois, avec 15,44 m.
- A réalisé deux fois les minima B en début de saison, mais en a manqué de quelques centimètres aux championnats de France.
- Absente de l'équipe de France de 80 athlètes retenue pour les Championnats d'Europe.
- Dénonce un manque de considération de sa fédération dans une déclaration à franceinfo.
60,47 mètres. Le disque retombe loin derrière la ligne blanche. Amanda Ngandu-Ntumba vient de mettre fin à plus de vingt-cinq ans de règne de Mélina Robert-Michon sur le titre national du disque.
Mélina Robert-Michon n’était pas une championne de France comme les autres: elle a incarné à elle seule la discipline en France pendant vingt-cinq ans. Sa domination sur le titre national, ininterrompue depuis de nombreuses années, avait fini par ressembler à une évidence: la battre représentait presque autant un exploit symbolique qu’une performance chronométrique.
La même saison, Amanda Ngandu-Ntumba décroche aussi son titre de championne de France du poids, avec un jet à 15,44 m. Elle ne sera pourtant pas à Birmingham. Elle ne figure pas parmi les 80 athlètes retenus par la Fédération française d’athlétisme pour les Championnats d’Europe.
Deux minima, et pourtant recalée
« Cette année, j’ai réalisé deux fois les minimas en début de saison », explique-t-elle à franceinfo. Lors des championnats de France, la compétition où elle décroche ses deux titres - elle échoue à quelques centimètres des minima B.
En athlétisme, les fédérations nationales font traditionnellement des championnats nationaux le rendez-vous décisif de la sélection, même quand les minima ont déjà été validés plus tôt dans la saison. La logique invoquée est celle de la forme du moment: retenir la performance réalisée quand elle compte plutôt qu’une mesure obtenue plusieurs mois auparavant, pour s’assurer que l’athlète envoyée au championnat continental est bien celle qui est, à cet instant précis, la plus performante. Cette doctrine, qui vise à garantir l’équité sportive du jour J, laisse peu de place à la prise en compte d’une saison entière et peut se révéler punitive pour une athlète irrégulière sur une compétition unique.
Ce type de tension n’est pas propre à Amanda Ngandu-Ntumba. Des championnes et champions de France ont déjà, par le passé, dénoncé publiquement des sélections jugées trop rigides, lorsque leur fédération a privilégié la performance du jour aux dépens d’un palmarès national ou de minima validés en amont de la saison. Deux performances validées plus tôt dans l’année, une contre-performance de quelques centimètres au moment où ça compte pour la fédération: c’est cet écart qui nourrit, chez elle, un sentiment d’injustice.
« Des athlètes cherchent de la considération ailleurs »
Amanda Ngandu-Ntumba met des mots sur sa colère, rapportés par franceinfo: « À un moment, il ne faut pas s’étonner que des athlètes cherchent de la considération et des opportunités ailleurs quand ils ont le sentiment de ne pas être soutenus ni valorisés par leur propre fédération. »
Sa déclaration, qu’elle porte seule dans les sources consultées, met des mots sur une frustration qui dépasse son propre cas: celle d’athlètes de haut niveau qui estiment porter leur pays sur les podiums nationaux sans recevoir en retour la reconnaissance institutionnelle qui devrait logiquement suivre. Si ce sentiment venait à se répandre, il pourrait fragiliser la confiance d’une partie des athlètes envers leur fédération, au moment où la France cherche à préparer ses relèves avant les prochaines grandes échéances internationales. Aucun autre athlète n’est cité, dans les sources consultées, pour corroborer ce constat: ces mots restent, à ce stade, un témoignage individuel plutôt que la preuve d’un malaise généralisé au sein de l’athlétisme français.
Une équipe de 80, sans elle
La Fédération française d’athlétisme a annoncé une équipe de 80 athlètes pour les Championnats d’Europe. Amanda Ngandu-Ntumba n’y figure pas, malgré ses deux titres nationaux de la même saison. Conformément à la logique de sélection décrite plus haut, la fédération n’a pas eu besoin de justifier publiquement, dans les sources consultées, un choix qui découle mécaniquement de l’absence de minima validés au moment des championnats de France. Reste que, pour l’athlète concernée, cette mécanique se vit comme une exclusion difficile à accepter.
Le règne de Mélina Robert-Michon s’est achevé après vingt-cinq ans. Celui d’Amanda Ngandu-Ntumba aux championnats de France vient de commencer. À Birmingham, sa place reste vide.
