Amiens : le procès pour le triple homicide de 2022 s’ouvre ce 16 juin aux assises
Jérôme Debeauvais comparaît du 16 au 18 juin 2026 pour les meurtres de sa compagne, de leur fils de 3 ans et de la sœur de celle-ci, rue Maberly.
Quatre ans après la découverte des corps au 82 rue Maberly à Amiens, la cour d'assises de la Somme juge Jérôme Debeauvais du 16 au 18 juin 2026. L'accusé, qui avait reconnu les faits en garde à vue, est poursuivi pour le meurtre de sa compagne Jennifer Dufaux (26 ans), de leur fils Eliam (3 ans) et de la sœur de cette dernière, Amélia (25 ans).
L’essentiel
- Date des faits : 15 avril 2022, 82 rue Maberly, quartier Montières à Amiens - découverte des trois corps.
- Accusé : Jérôme Debeauvais, 48 ans au moment des faits, a reconnu les meurtres en garde à vue selon France 3 Hauts-de-France.
- Audiences : procès programmé du 16 au 18 juin 2026 devant la cour d’assises de la Somme.
- Condamnation annexe : 2 ans ferme déjà prononcés pour escroquerie, faits distincts du triple homicide, selon Le Nouveau Détective.
- Mobilisation locale : marche blanche le 23 avril 2022 avec près de 300 participants à Amiens.
15 avril 2022 : la découverte rue Maberly
Ce jour-là, les secours sont appelés au 82 rue Maberly, dans le quartier Montières d’Amiens. Ils y trouvent les corps de trois membres d’une même famille : Jennifer Dufaux, 26 ans ; son fils Eliam, 3 ans ; et Amélia Dufaux, 25 ans, sœur de Jennifer. Selon le Courrier Picard et France 3 Hauts-de-France, qui ont couvert l’affaire dès les premières heures, les enquêteurs décrivent des scènes qualifiées d’« atroces ».
Les modes opératoires relevés par les enquêteurs, tels que rapportés par Marianne dans son article du 14 juin 2026, sont d’une extrême violence. L’hebdomadaire évoque un « piège sordide » pour désigner le scénario reconstitué par l’enquête : Amélia aurait été attirée dans l’appartement avant d’être tuée.
Le même jour, le 14 avril 2022 - la veille de la découverte des corps - , Jérôme Debeauvais avait percuté un camion en voiture. Selon le Courrier Picard (septembre 2025), il aurait déclaré « je voulais être tranquille », laissant supposer une tentative de suicide. Il a comparu séparément pour blessures involontaires en septembre 2025.
L’accusé reconnaît les faits dès la garde à vue
Jérôme Debeauvais est interpellé rapidement. Compagnon de Jennifer et père d’Eliam, il est le principal suspect. Selon France 3 Hauts-de-France, il reconnaît les meurtres lors de sa garde à vue. Il est mis en examen pour meurtres, dont celui d’un mineur de moins de 15 ans - qualification aggravante - et meurtre précédé d’un autre crime. Il est placé en détention provisoire.
Par la suite, une reconstitution judiciaire est organisée le 18 janvier 2024 sur les lieux, au 82 rue Maberly, comme le rapportent ici.fr et le Courrier Picard. L’instruction se poursuit plusieurs années avant le renvoi aux assises.
En parallèle, Jérôme Debeauvais est condamné à deux ans de prison ferme pour escroquerie dans une affaire distincte, selon Le Nouveau Détective et le Courrier Picard (mai 2024).
Quatre ans de deuil : marches, obsèques, hommages
L’impact sur la ville est immédiat. Le 23 avril 2022, près de 300 personnes participent à une marche blanche en mémoire des trois victimes, selon France 3 Hauts-de-France. Le 25 avril 2022, des obsèques sont célébrées à la cathédrale Notre-Dame d’Amiens. Un hommage collectif est à nouveau organisé un an après, le 15 avril 2023.
Christiane Robine, mère de Jennifer et Amélia et grand-mère d’Eliam, s’est exprimée à plusieurs reprises. Dans des interviews accordées au Courrier Picard (juillet 2022) et relayées par Le Nouveau Détective à quelques mois du procès, elle a décrit Jérôme Debeauvais comme « un monstre » et réclamé des réponses. Ce procès représente pour elle, selon ces mêmes sources, l’aboutissement d’une attente de quatre ans.
Des affaires similaires de violences mortelles jugées aux assises mobilisent régulièrement les proches des victimes autour des audiences. La présence de la famille à Amiens ces trois jours est attendue.
Contexte dans la Somme
Amiens, préfecture de la Somme avec environ 134 000 habitants, voit rarement défiler aux assises une affaire d’une telle gravité : trois meurtres dans un même appartement, dont celui d’un enfant de trois ans. La cour d’assises de la Somme, qui siège à Amiens, traite annuellement un nombre limité de dossiers criminels majeurs. Ce procès est l’un des plus attendus depuis plusieurs années dans le département.
La qualification de féminicide - retenue par plusieurs associations et médias pour désigner le meurtre de Jennifer Dufaux - s’inscrit dans un contexte national où ce type de crime fait l’objet d’une attention judiciaire et médiatique renforcée. Le site Feminicides.fr, qui recense ces affaires, a intégré ce dossier à son suivi, comme le montre son tweet de 2026 rappelant l’ouverture du procès.
Dans la Somme, d’autres affaires judiciaires locales ont ces derniers mois mobilisé forces de l’ordre et parquets - à l’image de procédures judiciaires accélérées contre des phénomènes criminels organisés dans d’autres départements du nord de la France. Mais le triple homicide de la rue Maberly reste hors catégorie par son caractère intrafamilial et la présence d’une victime mineure.
Ce que le procès doit établir
Si Jérôme Debeauvais a reconnu les faits en garde à vue, le procès aux assises n’en reste pas moins un moment central : la cour, composée de magistrats et de jurés populaires, doit entendre les témoignages, expertises et réquisitions avant de délibérer sur la culpabilité et la peine.
Les charges retenues sont lourdes : meurtre sur mineur de moins de 15 ans, meurtre précédé d’un autre crime - deux qualifications qui peuvent conduire à une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Le scénario du « piège » - Amélia Dufaux attirée dans l’appartement selon l’enquête - est l’un des points que l’audience devra explorer, notamment pour établir la préméditation.
La question des expertises psychiatriques, classique dans ce type de dossier, n’a pas été évoquée dans les sources disponibles à ce stade. Les raisons précises qui ont conduit à l’acte et le déroulé exact de la soirée du 14 au 15 avril 2022 devraient occuper une large part des débats.
Des affaires de violences graves jugées en France en 2026 rappellent que les assises restent l’espace où la société, représentée par les jurés, rend ses verdicts les plus lourds.
Trois jours d’audience à partir du 16 juin
Le procès est programmé sur trois jours, du 16 au 18 juin 2026, selon Presse Judiciaire et Marianne. Ce format court pour un triple homicide suggère un dossier d’instruction dense, avec des aveux actés et peu de contestation factuelle attendue - mais la durée définitive des débats reste à confirmer au fil des audiences.
Christiane Robine et les proches des victimes seront présents. Le verdict est attendu au plus tard le 18 juin 2026.
Sources
- Marianne : Triple homicide à Amiens : le procès d'un piège sordide
- France 3 Hauts-de-France : Triple homicide à Amiens : le père de l'enfant a reconnu les faits en garde à vue
- Presse Judiciaire : Procès de Jérôme Debeauvais pour le meurtre de sa conjointe, de son fils et de sa sœur en 2022
- Le Nouveau Détective : « C'est un monstre » : à quelques mois du procès, la mère et grand-mère des victimes brise le silence

