Amine Elbahi porte plainte après des messages racistes liés à l’affaire Erik Tegnér
Le chroniqueur a saisi le procureur de la République. Il dénonce une vague d'injures racistes consécutive à ses échanges avec le directeur du média Frontières.
Le juriste et chroniqueur Amine Elbahi a annoncé, dimanche 21 juin, avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République de Paris. Il a reçu ces dernières semaines de très nombreux messages injurieux et racistes après avoir contredit Erik Tegnér, patron du média d'extrême droite Frontières, à la télévision et sur les réseaux sociaux.
L’essentiel
- Dépôt de plainte : Youssef Badr a saisi le procureur de la République le 20 juin 2026 pour des messages racistes reçus ces dernières semaines.
- Conflit initial : Le 10 juin, Elbahi avait saisi l’Arcom contre CNews après une confrontation avec Erik Tegnér, lui reprochant des propos non pluralistes et une adhésion politique non déclarée.
- Condamnation récente : Erik Tegnér a été condamné le 18 juin à six mois de prison avec sursis pour doxing d’avocats.
Le dimanche 21 juin 2026, le chroniqueur et juriste Amine Elbahi a annoncé sur son compte X avoir déposé une plainte directement auprès du procureur de la République de Paris. Dans son message, il explique avoir été la cible de « très nombreux messages à caractère injurieux et raciste » ces dernières semaines, en lien avec les contradictions qu’il a apportées face à Erik Tegnér, directeur du média d’extrême droite Frontières.
Elbahi précise que ces attaques ont « profondément affecté » ses proches et amis. Il déplore dans son message que le débat public dérive « vers des considérations d’identité ou d’origines des Français ».
Une confrontation médiatique aux conséquences judiciaires
L’affaire remonte au début du mois de juin 2026. Amine Elbahi, ancien chroniqueur de l’émission « 100% Frontières » sur CNews, avait saisi l’Arcom (autorité de régulation des médias) le 10 juin. Il dénonçait alors le manque de pluralisme dans cette émission et reprochait à Erik Tegnér d’avoir dissimulé son adhésion au parti Identité-Libertés de Marion Maréchal.
Selon les informations publiées par Libération, cette saisine a provoqué une vive réaction de la part de Tegnér, qui a annoncé son intention de déposer une plainte pour diffamation contre Elbahi. Le climat s’est encore tendu avec la condamnation d’Erik Tegnér, le 18 juin, par le tribunal de Bobigny.
La condamnation de Tegnér pour doxing
Le 18 juin 2026, Erik Tegnér a été condamné à six mois de prison avec sursis pour la divulgation malveillante de données personnelles d’avocats, un acte de « doxing ». Cette affaire n’est pas directement liée à celle d’Elbahi mais a contribué à un climat de tensions accrues sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, le juge Youssef Badr, qui avait jugé le dossier, a déposé plainte le 20 juin après avoir reçu à son tour des menaces racistes sur X.
Contexte dans le département de Paris
Paris, l’un des départements les plus peuplés de France avec plus de 1,6 million d’habitants, concentre une grande partie des instances judiciaires et médiatiques nationales. Le parquet de Paris est régulièrement saisi d’affaires de cyberharcèlement et de provocations racistes. Selon les données du ministère de l’Intérieur, les signalements pour injures et menaces en ligne ont augmenté de 15 % en région parisienne au premier semestre 2026. Cette affaire illustre la porosité entre les débats télévisés, les réseaux sociaux et la justice.
Des précédents qui alourdissent le contexte
La plainte d’Amine Elbahi s’inscrit dans une série d’incidents liés à Erik Tegnér et à son média. En avril dernier, le journal Mediapart avait révélé les liens entre Frontières et le parti de Marion Maréchal. Par ailleurs, plusieurs personnalités - journalistes, élus, avocats - ont été victimes de cyberharcèlement après avoir critiqué Tegnér ou son entourage. La condamnation du 18 juin pour doxing a renforcé la détermination des plaignants.
Prochaine étape
Le parquet de Paris doit désormais évaluer la suite à donner à la plainte d’Amine Elbahi. Celui-ci a précisé avoir déposé une « plainte directement auprès du procureur », ce qui accélère la procédure. Si les faits sont qualifiés d’injures raciales, ils pourraient être poursuivis conformément à l’article 33 de la loi sur la presse de 1881. Aucune date d’audience n’a encore été fixée.
Par ailleurs, la saisine de l’Arcom par Elbahi est toujours en cours d’examen. L’autorité de régulation pourrait convoquer les parties dans les semaines à venir.