Amine Kessaci, 22 ans, élu président de Marseille Habitat : priorité au relogement des victimes du narcotrafic
Proposé par le maire Benoît Payan, le jeune adjoint veut créer un contingent de logements dédié aux familles menacées par le narcobanditisme
Amine Kessaci, 22 ans, a été élu président de Marseille Habitat le 19 mai 2026 à l'unanimité. Originaire des quartiers nord, il fait du relogement des familles victimes du narcotrafic sa première priorité à la tête du bailleur social de la Ville de Marseille.
Amine Kessaci, 22 ans, a été élu président de Marseille Habitat le 19 mai 2026 à l’unanimité par le conseil d’administration, seul candidat en lice, sur proposition du maire Benoît Payan. Il succède à Audrey Gatian, présidente du bailleur depuis septembre 2020. Sa priorité affichée : créer un dispositif de relogement dédié aux familles victimes du narcotrafic.
L’essentiel
- Élection : Amine Kessaci élu à l’unanimité le 19 mai 2026, seul candidat proposé par le maire Benoît Payan
- Bailleur : Marseille Habitat gère environ 3 200 logements sociaux, détenus à 52,94 % par la Ville de Marseille
- Priorité : Constitution d’un « contingent » de logements dédié aux familles victimes du narcotrafic, en partenariat avec tous les bailleurs sociaux de la ville
- Chiffre : En avril 2026, Kessaci estimait « une petite quarantaine de familles concernées à Marseille »
- Contact gouvernemental : Le projet a été abordé lors d’une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu
Un profil hors norme à la tête du bailleur
Né le 10 octobre 2003 à Marseille, Amine Kessaci est adjoint au maire en charge de la jeunesse, de la citoyenneté et de l’engagement. Il est issu du quartier de Frais-Vallon, dans le 13e arrondissement. Benoît Payan l’a salué comme « probablement l’un des premiers présidents d’un bailleur social qui est né et qui a grandi dans un logement social », selon Marsactu.
Militant anti-narcotrafic connu dans les quartiers nord, Kessaci vit et travaille sous protection policière. Son frère aîné Brahim a été assassiné en 2020, son frère cadet Mehdi en novembre 2025, selon 20 Minutes et France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Un « contingent » pour les familles menacées
Sa priorité est claire. Dès son élection, Kessaci a déclaré vouloir agir pour « le relogement des familles de victimes du narcotrafic, de ces mères qui attendent […] qui espèrent qu’un jour, quelqu’un viendra les mettre à l’abri, les protéger », selon 20 Minutes.
Le projet, qu’il avait déjà esquissé en avril 2026, prévoit la création d’une « charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic » et la constitution d’un contingent de logements réservés. Il voulait également répertorier les logements vacants de Marseille Habitat pour alimenter ce dispositif. À l’époque, il estimait « une petite quarantaine de familles concernées à Marseille », toujours selon Marsactu.
Marseille Habitat gère environ 3 200 logements - « le plus petit parc » de la ville selon ses propres termes - et ne peut agir seul, reconnaît-il. Le dispositif devra associer l’ensemble des bailleurs sociaux marseillais. Pour identifier les familles en danger, Kessaci entend impliquer le préfet et les services de police, rapporte Le Parisien.
L’État dans la boucle
Le projet dépasse le seul cadre municipal. Kessaci a récemment rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu et abordé avec lui ce dispositif de relogement, selon 20 Minutes et France 3. « J’irai chercher les moyens », a-t-il résumé dans La Provence.
La logique est celle d’une table ronde : mairie, bailleurs, préfecture, police et État central. Une approche que souligne aussi la couverture du renforcement des contrôles anti-narcotrafic dans d’autres villes, où la coordination entre acteurs publics est présentée comme clé.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Marseille concentre une part significative de la violence liée au narcotrafic en France. Les quartiers nord - où Kessaci a grandi - sont régulièrement touchés par des règlements de comptes. La question du relogement des familles témoins ou cibles dépasse depuis longtemps les seules forces de l’ordre : elle implique le logement social comme outil de protection.
Marseille Habitat est une société d’économie mixte (SEM). Son capital est détenu à 52,94 % par la Ville de Marseille, à 33,37 % par la Caisse des Dépôts, à 11,15 % par Action Logement Immobilier et à 2,51 % par la CEPAC, selon Le Parisien. Avec 3 200 logements, c’est le plus petit des bailleurs sociaux de la ville - loin derrière Habitat Marseille Provence ou la LOGIREM - mais il est le seul directement sous tutelle municipale.
La problématique du relogement d’urgence pour les familles exposées au narcotrafic avait déjà été soulevée lors des débats autour de la loi sur le narcotrafic au niveau national. À ce stade, aucun dispositif formalisé à l’échelle nationale n’existe pour ce type de relogement spécifique.
Sur le plan local, les opérations coordonnées entre préfectures et forces de l’ordre dans d’autres grandes métropoles illustrent la tendance à mobiliser plusieurs administrations face au narcobanditisme.
Prochaines étapes
Amine Kessaci doit désormais traduire son projet en actes concrets : formaliser la charte, recenser les logements disponibles et réunir les bailleurs partenaires. Aucun calendrier précis ni budget n’ont été communiqués à ce stade. Les modalités d’identification des familles éligibles - via préfecture et police - restent à définir.
Sources
- Marsactu : Amine Kessaci élu président de Marseille Habitat
- 20 Minutes : Amine Kessaci, élu à la tête de Marseille Habitat, veut agir pour reloger les familles victimes du narcotrafic
- Le Parisien : Élu à la tête de Marseille Habitat, Amine Kessaci veut agir pour le relogement des familles victimes du narcobanditisme
- France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur : "Aller chercher l'Etat" : élu président de Marseille Habitat, Amine Kessaci veut favoriser le relogement des familles de victimes du narcotrafic