L’ancien chef d’ETA Josu Ternera relaxé par la justice française, extradition possible vers l’Espagne
La cour d'appel de Paris a acquitté l'ex-dirigeant historique de l'ETA pour association de malfaiteurs terroriste entre 2002 et 2005, levant le dernier obstacle à son transfert vers Madrid.
La cour d'appel de Paris a prononcé le 2 juillet 2026 la relaxe de Josu Ternera, ancien dirigeant historique de l'organisation séparatiste basque ETA. Ce verdict met fin aux poursuites pénales en France et ouvre la voie à son extradition vers l'Espagne, où il est réclamé pour l'attentat de Saragosse de 1987.
L’essentiel
- 2 juillet 2026 : la cour d’appel de Paris relaxe Josu Ternera (José Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea) pour association de malfaiteurs terroriste entre 2002 et 2005.
- Dernière procédure française : cette décision clôt toutes les poursuites pénales en France contre l’ex-dirigeant de l’ETA.
- Extradition autorisée : la justice française avait déjà validé le mandat d’arrêt européen le 3 juin 2026. L’acquittement lève le dernier frein à son transfert en Espagne.
- Attentat de Saragosse (1987) : l’Espagne réclame Ternera pour son rôle présumé dans l’attaque contre la caserne de la Garde civile, qui a fait 11 morts.
Un acquittement qui clôt les poursuites en France
La cour d’appel de Paris a rendu son verdict le 2 juillet 2026. Josu Ternera, 75 ans, est relaxé des faits d’association de malfaiteurs terroriste qui lui étaient reprochés entre décembre 2002 et mai 2005. Le parquet français avait requis une peine de cinq ans de prison avec sursis et une interdiction définitive du territoire lors du procès en avril 2026, selon le quotidien espagnol Ara.
Cette décision met un terme à la dernière procédure judiciaire ouverte contre l’ancien dirigeant historique de l’ETA sur le sol français. Les preuves présentées comprenaient des empreintes et traces d’ADN découvertes dans des caches de l’organisation à Lourdes et Villeneuve-sur-Lot, rapportent nos confrères d’Ara.
Le dernier obstacle à l’extradition levé
La relaxe prononcée par la cour d’appel parisienne a un effet immédiat sur le dossier espagnol. Le 3 juin 2026, la même juridiction avait déjà formellement autorisé l’extradition de Josu Ternera vers l’Espagne, dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen délivré par Madrid. L’acquittement pour les faits français lève le seul obstacle juridique qui pouvait encore retarder son transfert.
Désormais, les autorités françaises peuvent procéder à la remise de l’ancien chef de l’ETA aux policiers espagnols. Selon le journal El País, l’extradition pourrait intervenir dans les prochaines semaines. L’Espagne réclame Josu Ternera pour son implication présumée dans l’attentat de 1987 contre la caserne de la Garde civile à Saragosse, qui a causé la mort de onze personnes.
Contexte dans le département de Paris
La cour d’appel de Paris, située dans le 1er arrondissement, est régulièrement saisie de dossiers de coopération judiciaire internationale liés au terrorisme. Cette affaire illustre le rôle de la capitale dans l’application des mandats d’arrêt européens. En 2025, la juridiction parisienne avait déjà traité plusieurs demandes d’extradition concernant d’anciens membres présumés de l’ETA, dans le cadre de la collaboration antiterroriste franco-espagnole.
Le département de Paris concentre l’essentiel des pôles spécialisés en matière de terrorisme. Cette décision intervient alors que les autorités françaises renforcent leurs dispositifs de sécurité pour l’été, comme en témoigne la réunion organisée par la sous-préfète de Riom sur la sécurité des fêtes estivales. Par ailleurs, le député de l’Allier Yannick Monnet a intégré la commission spéciale sur la protection des enfants, un autre volet des enjeux judiciaires et de sécurité publique.
Josu Ternera, un parcours marqué par la clandestinité
José Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, dit Josu Ternera, est une figure historique de l’ETA. Il a fui l’Espagne en 2002 alors qu’il était encore député au Parlement basque, pour entrer dans la clandestinité. Après 17 ans de cavale, il a été arrêté en mai 2019 dans les Alpes françaises, à Sallanches (Haute-Savoie).
Âgé aujourd’hui de 75 ans, il est considéré comme l’un des derniers grands chefs encore en vie de l’organisation séparatiste basque. L’attentat de Saragosse en 1987, pour lequel l’Espagne le réclame, est l’un des plus meurtriers commis par l’ETA : onze personnes, dont des enfants, avaient péri dans l’explosion d’une voiture piégée devant la caserne de la Garde civile.
Historique et précédents
Ce n’est pas la première fois que la justice française se prononce sur le sort d’un dirigeant d’ETA. En 2018, la cour d’appel de Paris avait déjà examiné des demandes d’extradition concernant d’autres membres présumés de l’organisation, dans un contexte de dissolution de l’ETA annoncée en mai 2018. Le cas de Josu Ternera est particulier car il cumule une longue cavale et une implication présumée dans un attentat majeur.
La relaxe prononcée le 2 juillet 2026 ne préjuge pas de sa culpabilité dans l’attentat de Saragosse, qui sera jugée par les tribunaux espagnols. En France, les charges d’association de malfaiteurs n’ont pas été retenues, faute de preuves suffisantes selon la cour.
Prochaine étape : l’extradition vers l’Espagne
La procédure d’extradition est désormais la seule étape restante. Les autorités françaises et espagnoles doivent organiser le transfert de Josu Ternera vers Madrid. Selon les informations d’El País, ce transfert pourrait avoir lieu dans les jours ou semaines à venir. Une fois en Espagne, il sera présenté à un juge d’instruction qui décidera de son éventuelle mise en détention provisoire en attendant son procès pour l’attentat de 1987.
L’âge et l’état de santé de l’ancien dirigeant pourraient être pris en compte dans les modalités de sa détention.