Andy Burnham supprime la TVA sur l’électricité dès sa première réunion de cabinet
Le nouveau Premier ministre britannique place la lutte contre le coût de la vie au cœur de son action, avec une baisse attendue de 45 livres par foyer
Nommé Premier ministre le 20 juillet après la démission de Keir Starmer, Andy Burnham a tenu son premier conseil des ministres ce lundi 21 juillet. L'ancien maire de Manchester a immédiatement annoncé la suppression de la TVA sur les factures d'électricité des ménages, effective au 1er octobre.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Andy Burnham, nommé Premier ministre le 20 juillet 2026, a tenu sa première réunion de cabinet le 21 juillet.
- La TVA sur les factures d'électricité des ménages sera supprimée à partir du 1er octobre 2026.
- Le financement de cette mesure provient de l'abandon d'un projet de carte d'identité numérique estimé à 1,8 milliard de livres sterling.
- John Healey a été nommé Chancelier de l'Échiquier dans un gouvernement remanié de 23 membres, avec 12 femmes et 11 hommes.
- La suppression de la TVA devrait réduire le plafond tarifaire annuel de l'Ofgem d'environ 45 livres sterling par foyer.
Andy Burnham n’a pas attendu pour imposer sa marque. Le lendemain de sa nomination officielle à Downing Street, le nouveau Premier ministre britannique a réuni son cabinet ce lundi matin et dévoilé sa première mesure économique d’ampleur : la suppression de la TVA sur l’électricité pour les particuliers, applicable dès le 1er octobre 2026.
Cette décision, annoncée lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion, vise à soulager les ménages britanniques confrontés à des factures d’énergie qui ont explosé ces dernières années. Selon le gouvernement, la mesure devrait réduire le plafond tarifaire annuel de l’Ofgem - le régulateur de l’énergie - d’environ 45 livres sterling par foyer, rapporte Business AM.
Un financement par abandon d’un projet numérique
Pour financer cette baisse, Andy Burnham a fait un choix budgétaire tranché : annuler le projet de carte d’identité numérique lancé sous le précédent gouvernement. Ce programme, estimé à 850 millions de livres sterling selon Business AM, était présenté comme une modernisation administrative mais suscitait des inquiétudes sur la protection des données personnelles.
Le nouveau Chancelier de l’Échiquier, John Healey, nommé dans la foulée du remaniement qui a suivi l’arrivée de Burnham, a défendu cette réallocation budgétaire comme un arbitrage en faveur du pouvoir d’achat immédiat plutôt que d’un projet jugé non prioritaire.
Un gouvernement remanié et paritaire
Le cabinet formé par Andy Burnham compte 23 membres permanents, avec une légère majorité de femmes - 12 contre 11 hommes - selon TV5MONDE Info. Ce gouvernement, largement remanié par rapport à celui de Keir Starmer, affiche une volonté de rupture avec la ligne précédente du Parti travailliste.
Outre John Healey aux Finances, plusieurs figures nouvelles ont fait leur entrée au sein de l’exécutif, marquant un virage vers une approche plus interventionniste sur les questions économiques et sociales. Burnham, qui s’était fait connaître comme ancien maire de Manchester pour ses politiques de transport public et de logement abordable, transpose désormais cette vision à l’échelle nationale.
Contexte au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni traverse une période de tensions économiques marquée par une inflation persistante et des factures d’énergie qui restent élevées malgré une baisse par rapport aux pics de 2024-2025. Selon The Guardian, Andy Burnham a défini son administration comme un gouvernement axé sur le pouvoir d’achat, reconnaissant que la question du coût de la vie était devenue la priorité numéro un des Britanniques.
Le pays a connu plusieurs vagues de grèves et de manifestations ces derniers mois, alimentées par le sentiment que les salaires ne suivaient pas la hausse des prix. La démission surprise de Keir Starmer, dont les raisons n’ont pas été officiellement détaillées par Public Sénat, a ouvert la voie à ce changement de leadership au sein du Parti travailliste.
Un plan de transformation sur dix ans
Au-delà de cette mesure d’urgence, Andy Burnham a promis un plan de transformation du pays sur dix ans, tout en s’engageant au respect des règles budgétaires, rapporte Reuters. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de concilier ambition sociale et rigueur financière, dans un contexte où la dette publique britannique reste élevée.
Cette promesse d’équilibre a déjà suscité des interrogations chez les analystes économiques, qui se demandent comment le gouvernement pourra financer d’autres réformes structurelles tout en maintenant la discipline budgétaire. La suppression de la TVA sur l’électricité, si elle apporte un soulagement immédiat, ne représente qu’un premier pas dans un programme qui devra être détaillé dans les semaines à venir.
Réactions mitigées sur la soutenabilité budgétaire
Si la mesure a été saluée par les associations de consommateurs et une partie de l’opinion publique, des voix s’élèvent déjà pour questionner sa soutenabilité à long terme. Certains économistes, cités par les médias britanniques, estiment que l’abandon du projet de carte d’identité numérique ne suffira pas à compenser le manque à gagner fiscal sur plusieurs années.
D’autres soulignent que la suppression de la TVA sur l’électricité, bien que symbolique, ne résoudra pas les problèmes structurels du marché de l’énergie au Royaume-Uni, notamment la dépendance aux importations et le besoin d’investissements massifs dans les infrastructures renouvelables.
Le gouvernement Burnham devra donc rapidement préciser les contours de son projet économique global pour convaincre les marchés et les citoyens de sa capacité à tenir ses engagements. La prochaine étape sera le discours budgétaire de John Healey, attendu à l’automne, qui dessinera les grandes orientations fiscales et sociales du mandat.