Angers : L214 manifeste devant Carrefour Saint-Serge contre l’élevage intensif
Des militants ont déployé un lapin géant et exposé des photos d'animaux en souffrance samedi matin pour interpeller l'enseigne sur ses approvisionnements.
Samedi 18 juillet, des militants de l'association L214 se sont mobilisés devant l'hypermarché Carrefour Saint-Serge à Angers. Leur cible les pratiques d'élevage intensif de l'enseigne. Une action qui s'inscrit dans une campagne nationale visant à faire pression sur le distributeur.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Des militants de L214 ont manifesté le samedi 18 juillet 2026 devant le Carrefour Saint-Serge à Angers.
- L'association réclame une réduction de moitié du nombre d'animaux abattus pour Carrefour d'ici 2030 via le Plant Protein Pact.
- Une plainte a été déposée le 19 mai 2026 contre un élevage de dindes à Sèvremoine fournissant Carrefour pour sévices graves.
- Une pétition nationale portée par L214 a recueilli près de 150 000 signatures.
Samedi matin, les clients du Carrefour Saint-Serge ont été accueillis par une structure imposante : un lapin géant en carton arborant le message « Ne soldons plus leurs vies ». Autour, des militants de L214 distribuaient des tracts et exposaient des photographies d’animaux en souffrance.
Les images montraient des poulets déformés, des porcelets mutilés et des dindes entassées dans des bâtiments insalubres. Ces clichés proviennent, selon l’association, d’élevages fournissant directement Carrefour.
Une pétition à 150 000 signatures
L214 exige que l’enseigne s’engage dans le Plant Protein Pact, un plan d’action visant à diviser par deux le nombre d’animaux abattus pour ses rayons d’ici 2030. Concrètement, l’association demande l’arrêt des promotions sur les produits issus de l’élevage intensif et la mise à disposition d’alternatives végétales à prix compétitif.
Une pétition nationale relayant ces demandes a déjà recueilli près de 150 000 signatures, selon Angers Info. L’action d’Angers s’inscrit dans une série de mobilisations menées cet été par L214 dans plusieurs villes françaises.
Une plainte déposée en mai
Cette manifestation intervient deux mois après une enquête de L214 dans un élevage de dindes à Sèvremoine, également en Maine-et-Loire. L’association avait révélé que les animaux passaient 126 jours dans leurs déjections avant d’être livrés à Carrefour.
Le 19 mai dernier, L214 a déposé plainte contre l’exploitant, l’EARL du Bas Boulay, ainsi que contre Terrena et Carrefour pour sévices graves et mauvais traitements. Une plainte pour pratiques commerciales trompeuses vise également l’enseigne, comme l’a rapporté ConsoGlobe.
La réponse de Carrefour
De son côté, Carrefour affirme que le bien-être animal fait partie de ses priorités. L’enseigne se dit ouverte au dialogue pour co-construire un plan d’amélioration, selon Lyon Capitale. Le distributeur indique également que les protéines végétales représentent déjà plus du tiers de ses ventes.
Reste que les militants de L214 jugent ces engagements insuffisants face à l’ampleur de l’élevage intensif pratiqué dans les filières approvisionnant la grande distribution.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Le Maine-et-Loire compte plusieurs élevages de volailles et de porcs liés aux grands groupes coopératifs comme Terrena. Le département, marqué par une activité agricole importante, se retrouve régulièrement au cœur des campagnes de L214 dénonçant les conditions d’élevage.
L’affaire de Sèvremoine a particulièrement marqué les esprits localement. Elle rappelle que les circuits d’approvisionnement de la grande distribution passent souvent par des exploitations de proximité, parfois à quelques kilomètres des hypermarchés où les produits sont vendus.
Prochaines étapes
L214 prévoit de maintenir la pression sur Carrefour tout au long de l’été. D’autres actions sont programmées dans plusieurs villes. L’association attend également les suites judiciaires de la plainte déposée en mai contre l’élevage de Sèvremoine et ses partenaires commerciaux.