À Angers, Sophie Loubet retrouve une vie normale grâce à une prothèse bionique innovante

Amputée d’une jambe à 33 ans après un cancer, cette Angevine de 39 ans a retrouvé son autonomie grâce à la prothèse Synsys, développée par le centre Proteor d’Angers.

À Angers, Sophie Loubet retrouve une vie normale grâce à une prothèse bionique innovante
Illustration Caroline Fournier / info.fr

Sophie Loubet, 39 ans, a été amputée d’une jambe en 2020 après un ostéosarcome. Six ans plus tard, elle marche à nouveau naturellement, sans boiter, grâce à une prothèse bionique conçue sur mesure à Angers. Une innovation qui change des vies.

Sophie Loubet a 39 ans. En 2020, à 33 ans, elle a été amputée d’une jambe pour survivre à un cancer des os, un ostéosarcome. Aujourd’hui, elle marche à nouveau, sans boiter, change de chaussures comme elle veut, et peut même porter des talons. Le secret ? Une prothèse bionique, la Synsys, développée par le centre Proteor d’Angers.

Une prothèse sur mesure, conçue à Angers

La prothèse Synsys n’est pas une prothèse classique. Développée après plus de dix ans de recherche par Proteor, une entreprise fondée en 1913 à Dijon, elle intègre des microprocesseurs et des mécanismes hydrauliques pour reproduire une démarche naturelle. « C’est la seule prothèse au monde qui coordonne simultanément le genou, la cheville et le pied », explique Gregory Payneau, directeur du centre Proteor d’Angers, dans Ouest-France. Le centre angevin, rénové en 2024, emploie dix orthoprothésistes qui réalisent des appareillages sur mesure.

Sophie Loubet a été l’une des premières à en bénéficier. « Avant, je devais toujours regarder où je mettais les pieds. Maintenant, je peux marcher pieds nus, monter des escaliers sans y penser, et même danser », raconte-t-elle. La prothèse, qui pèse seulement 3,2 kg, est composée de fibres de verre et de carbone pour plus de légèreté. Elle a été lancée commercialement en 2022, après avoir été financée par l’Agence Innovation Défense.

Un remboursement élargi et une reconnaissance internationale

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Depuis 2024, la prothèse Synsys est remboursable en France, après une évaluation favorable de la Haute Autorité de Santé (HAS). En février 2026, un arrêté ministériel a même élargi les conditions d’accès, permettant à davantage de patients d’en bénéficier. Proteor a également lancé la version full-leg system aux États-Unis en 2024, où elle est désormais vérifiée PDAC pour les amputés de niveau d’activité K3 modéré.

Sophie Loubet est devenue l’égérie de Proteor pour cette innovation. Elle témoigne régulièrement lors d’événements, comme les Rencontres Innovations organisées par l’entreprise, ou sur les réseaux sociaux. « Je veux montrer que la vie continue, même après une amputation », confie-t-elle. Son histoire inspire d’autres patients, comme Jérémy Mourrejeau, un Ariégeois amputé du tibia qui a terminé le Marathon des Sables en 2026.

Un centre angevin en première ligne

Le centre Proteor d’Angers joue un rôle clé dans cette innovation. Inauguré après rénovation en 2024, il fait partie des sites français où les patients peuvent être appareillés avec la prothèse Synsys. « Chaque prothèse est unique, adaptée à la morphologie et au mode de vie du patient », précise Gregory Payneau. Une expertise locale qui renforce l’attractivité d’Angers dans le domaine de la santé et des technologies médicales.

Pour Sophie Loubet, cette prothèse a tout changé. « Avant, je devais tout anticiper. Maintenant, je vis au jour le jour, comme tout le monde. » Une renaissance rendue possible grâce à une innovation angevine, et à une équipe qui travaille chaque jour pour améliorer le quotidien des patients.

Sources

Caroline Fournier

Caroline Fournier

Correspondante à Angers, elle suit la métropole, les tensions sur l'urbanisme, l'horticulture et les débats sur la ligne TGV. Issue de l'ESJ Lille, elle a commencé en presse écrite. Méthode : interroger les élus, les promoteurs, les horticulteurs, vérifier les permis de construire avant de publier.

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