Angoulême : la CRC valide les finances de la ville et pointe des lacunes sur le festival BD
La Chambre régionale des comptes confirme une gestion saine depuis 2019, avec des réserves ciblées sur le contrôle des subventions au FIBD.
La Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine a publié le 28 mai 2026 son rapport sur les finances d'Angoulême. Bilan globalement positif épargne stable, investissement soutenu, fiscalité inchangée. Mais le contrôle du Festival international de la bande dessinée reste insuffisant.
L’essentiel
- Publication : rapport NAR2026-009 de la CRC Nouvelle-Aquitaine rendu communicable le 28 mai 2026, portant sur la période 2019 et suivants.
- Épargne brute : stable à 11,3 M€ en 2024, niveau identique à 2019, sans hausse des taux de fiscalité locale.
- Investissement : 110 M€ sur six ans, avec un endettement stabilisé à 58,5 M€, soit environ cinq années d’autofinancement.
- Festival BD : recommandation n°4 non mise en œuvre - aucune note synthétique transmise au conseil municipal sur l’utilisation des fonds publics.
- Débat en conseil : rapport examiné en séance le 27 mai 2026, la veille de sa publication officielle.
Un satisfecit sur la maîtrise des dépenses
La CRC Nouvelle-Aquitaine a rendu son rapport d’observations définitives sur la commune d’Angoulême le 28 mai 2026 (référence NAR2026-009). La juridiction financière couvre la période à partir de 2019. Son verdict principal : la situation financière est saine.
Selon le rapport, la commune a maintenu son épargne brute à 11,3 M€ en 2024, un niveau stable par rapport à 2019. Les dépenses de fonctionnement ont été maîtrisées. Les taux de fiscalité locale n’ont pas été relevés sur la période. La CRC souligne également que les recommandations formulées lors du précédent contrôle ont été, pour l’essentiel, mises en œuvre.
L’effort d’investissement est qualifié de soutenu : 110 M€ engagés sur six ans. L’endettement s’établit à 58,5 M€, ce qui représente environ cinq années d’autofinancement - un ratio que la chambre juge stabilisé.
Le Festival de la BD : des progrès, mais une recommandation toujours en suspens
Le rapport consacre des développements au Festival international de la bande dessinée (FIBD), événement emblématique porté par l’association 9e Art + et subventionné par la ville. La CRC relève que la commune a mis en œuvre le droit européen applicable aux subventions, mais avec retard.
Une convention pluriannuelle d’objectifs a été signée en juillet 2025, assortie d’annexes détaillées. La chambre y voit un progrès. Mais une lacune subsiste : la recommandation n°4, qui exige la fourniture d’une note synthétique au conseil municipal sur l’utilisation des fonds publics versés au festival, n’a pas été appliquée. Le contrôle des résultats de la subvention reste insuffisant, selon le rapport.
Le FIBD est l’un des événements culturels les plus financés par la commune. L’absence de restitution formelle au conseil municipal sur l’emploi des fonds publics constitue, pour la CRC, un manque de transparence envers l’assemblée délibérante.
Débat en conseil municipal : majorité satisfaite, opposition réservée
Le rapport a été présenté en conseil municipal d’Angoulême le 27 mai 2026, soit la veille de sa mise en communicabilité. Selon Charente Libre, la majorité municipale a accueilli le document comme un satisfecit sur sa gestion financière.
L’opposition a adopté une posture plus prudente. Deux points ont été mis en avant par les élus minoritaires : l’absence de rapport social unique - document de bilan RH requis pour les collectivités - et des marges de mutualisation insuffisamment exploitées avec l’agglomération. Ces éléments figurent également parmi les observations de la CRC, sans être qualifiés de manquements graves.
Contexte dans la Charente
Angoulême est la préfecture de la Charente (département 16) et la principale commune du département avec environ 42 000 habitants. Son budget municipal est l’un des plus importants de Nouvelle-Aquitaine hors métropoles régionales. La ville concentre des enjeux financiers structurels : rénovation urbaine, maintien de l’offre culturelle, et gestion d’équipements lourds liés au FIBD.
La Charente fait partie des départements où la pression fiscale locale est scrutée de près, dans un contexte national de contraintes sur les dotations d’État. Le fait qu’Angoulême n’ait pas augmenté ses taux sur la période 2019-2024 constitue un élément notable dans ce contexte. La ville est d’ailleurs récemment revenue dans l’actualité nationale pour d’autres raisons, signe de son exposition médiatique croissante.
Les rapports de la CRC sur les communes charentaises sont publiés de façon irrégulière. Le précédent contrôle d’Angoulême avait débouché sur plusieurs recommandations, dont la chambre mesure aujourd’hui le taux de mise en œuvre - jugé globalement satisfaisant, à l’exception du dossier FIBD.
Ce que prévoit le rapport pour la suite
La recommandation non appliquée sur le festival de la BD reste formellement ouverte. La commune devra transmettre une note synthétique au conseil municipal sur l’utilisation des subventions versées à 9e Art +. Aucun délai contraignant n’est mentionné dans les extraits disponibles du rapport NAR2026-009, mais la CRC pourra vérifier la mise en œuvre lors d’un prochain contrôle.
Le rapport complet est consultable sur le site des juridictions financières. La prochaine échéance identifiable est le suivi des conventions pluriannuelles signées en juillet 2025 avec l’association du festival.
Sources
- Cour des comptes / CRC Nouvelle-Aquitaine : Commune d'Angoulême (Charente) – rapport d'observations définitives NAR2026-009
- CRC Nouvelle-Aquitaine : Rapport NAR2026-009 – texte intégral
- Charente Libre : La ville d'Angoulême passe le test de la Cour des comptes, l'opposition sur ses gardes
- CRC Nouvelle-Aquitaine (compte X officiel) : Tweet CRC Nouvelle-Aquitaine – résumé du rapport Angoulême