Ann Widdecombe tuée dans une attaque ciblée : l’antiterrorisme enquête
L'ancienne ministre conservatrice de 78 ans a été retrouvée morte à son domicile du Devon le 9 juillet. Un Britannique de 28 ans est détenu pour terrorisme.
Ann Widdecombe, figure politique britannique et ancienne ministre conservatrice, a été tuée dans ce que la police qualifie d'attaque ciblée. Son corps a été découvert le 9 juillet à Haytor, dans le Devon. L'enquête, confiée à l'antiterrorisme, explore plusieurs pistes idéologiques.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Ann Widdecombe, 78 ans, ancienne ministre conservatrice, a été retrouvée morte avec de graves blessures à son domicile de Haytor (Devon) le 9 juillet 2026.
- La police antiterroriste a pris la direction de l'enquête le 13 juillet après avoir établi qu'il s'agissait d'une attaque ciblée survenue le 8 juillet.
- Un Britannique de 28 ans originaire de Rotherham, arrêté le 11 juillet pour meurtre, a été ré-arrêté sur des soupçons de terrorisme.
- Les enquêteurs explorent plusieurs pistes, dont des motivations liées à des idéologies d'extrême gauche, anarchistes ou extrémistes.
- La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a souligné que ce meurtre soulevait des questions sur la sécurité des personnalités publiques.
Ann Widdecombe, 78 ans, ancienne ministre et députée conservatrice britannique, a été retrouvée morte à son domicile de Haytor, dans le Devon, le 9 juillet 2026. Selon la police du Devon et des Cornouailles, elle présentait de « graves blessures ». L’attaque aurait eu lieu le 8 juillet, environ 24 heures avant la découverte du corps.
Le 13 juillet, la police antiterroriste a pris la direction de l’enquête après que de nouvelles informations ont révélé qu’il s’agissait d’une attaque ciblée. « Il est clair qu’il s’agissait d’une attaque ciblée », a déclaré Laurence Taylor, responsable de la police antiterroriste nationale, selon plusieurs médias britanniques.
Un suspect de 28 ans détenu pour terrorisme
Un homme britannique de 28 ans, originaire de Rotherham dans le Yorkshire du Sud, a été arrêté le 11 juillet. Initialement placé en garde à vue pour meurtre, il a été ré-arrêté sur des soupçons de terrorisme. Sa détention a été prolongée et peut durer jusqu’à sept jours en vertu de la législation antiterroriste britannique, selon Libération et The Guardian.
Un premier suspect de 26 ans avait été arrêté le 10 juillet mais a été relâché après avoir été mis hors de cause, rapportent Le Parisien et INFO.FR.
Plusieurs pistes idéologiques explorées
Les enquêteurs explorent plusieurs lignes d’investigation pour déterminer le mobile de l’attaque. Selon TV5MONDE Info et CNews, les pistes incluent une motivation potentielle liée à des idéologies d’extrême gauche, anarchistes ou des questions spécifiques. The Guardian mentionne que la police examine des motivations liées à des idéologies extrémistes sans préciser lesquelles à ce stade.
La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a souligné que ce meurtre « soulevait des questions quant à la sécurité des personnalités publiques ». Elle a également précisé que le suspect n’était pas connu du programme antiterroriste Prevent, chargé de prévenir la radicalisation au Royaume-Uni.
Une figure politique clivante
Ann Widdecombe fut députée conservatrice de 1987 à 2010, représentant la circonscription de Maidstone puis Maidstone and The Weald dans le Kent. Elle occupa le poste de secrétaire d’État aux prisons entre 1995 et 1997 sous le gouvernement de John Major.
Après avoir quitté la Chambre des communes, elle poursuivit sa carrière politique comme députée européenne pour le Brexit Party de Nigel Farage, puis devint porte-parole du parti Reform UK. Connue pour ses positions conservatrices sur des sujets sociétaux, elle était une figure clivante de la vie politique britannique.
Le Premier ministre Keir Starmer a réagi en affirmant que « nous devons faire davantage pour défendre notre démocratie », selon GHR News UK.
Contexte au Royaume-Uni
Ce meurtre intervient dans un contexte où la sécurité des élus britanniques suscite une préoccupation croissante. Le Royaume-Uni a connu plusieurs attaques visant des parlementaires ces dernières années, dont l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox en 2016 par un militant d’extrême droite, et celui du député conservateur David Amess en 2021, tué lors d’une permanence par un homme radicalisé.
La prise en charge de l’enquête par la police antiterroriste reflète la gravité de l’affaire et les préoccupations des autorités quant à une possible dimension idéologique. La police demande au public de ne pas spéculer sur les motivations tant que l’enquête est en cours.
Une enquête toujours en cours
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour établir les circonstances exactes de l’attaque et déterminer le mobile du suspect. La police du Devon et des Cornouailles, en collaboration avec la police antiterroriste, examine des preuves matérielles et des témoignages recueillis à Haytor et à Rotherham.
Aucune précision n’a été communiquée sur la nature exacte des blessures subies par Ann Widdecombe, ni sur les éléments qui ont conduit à qualifier l’attaque de ciblée. Les autorités appellent toute personne disposant d’informations à se manifester.
L’issue de l’enquête pourrait avoir des répercussions sur les mesures de protection des personnalités publiques au Royaume-Uni.
Sources
- TV5MONDE Info : Royaume-Uni : mort d'ancienne ministre Ann Widdecombe, la police antiterroriste saisie
- The Guardian : Ann Widdecombe death: counter-terrorism police investigate
- Libération : Royaume-Uni : l'ancienne ministre Ann Widdecombe tuée à son domicile
- Al Jazeera : UK counter-terrorism police investigate murder of Ann Widdecombe
